**H2O : point marché Octobre 2014 **
Les marchĂ©s se montrent trĂšs volatils ces derniers jours, accĂ©lĂ©rant Ă partir de niveau pourtant dĂ©jĂ extrĂȘmes : on atteint 2% sur le taux 10 ans amĂ©ricains, 0,7% en Allemagne, et les marchĂ©s dâactions ont chutĂ© de 10 Ă 15% en quelques jours. Le mouvement dâhier, le S&P 500 qui perd prĂšs de 3% avec un taux 10 ans qui chute de prĂšs de 50 points de base nâa Ă©tĂ© observĂ© quâune seule fois, en novembre 2008.
Il est difficile dâexpliquer le phĂ©nomĂšne par des raisons Ă©conomiques. Certes, lâEurope, la Chine et quelques autres pays Ă©mergents ont tour Ă tour déçu les attentes. Mais les Etats-Unis continuent dâaccĂ©lĂ©rer, suivis de prĂšs par le Royaume Uni. La dĂ©flation est Ă©voquĂ©e, mais lâargument est discutable puisque la baisse des matiĂšres premiĂšres dope le pouvoir dâachat des mĂ©nages des pays importateurs. Difficile donc dâexpliquer un mouvement dâune telle ampleur par un brutal retournement des fondamentaux.
Lâexplication est en rĂ©alitĂ© technique. Le mouvement a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ© par les fonds spĂ©culatifs qui, aprĂšs une premiĂšre partie dâannĂ©e difficile, ont souhaitĂ© verrouiller les maigres gains engrangĂ©s en septembre. Agissant de concert, ils ont poussĂ© les desks dâoptions Ă ajuster leur exposition, eux qui doivent accompagner les mouvements pour maintenir leur neutralitĂ© face au marchĂ©. Ce sont eux qui ont provoquĂ© lâaccĂ©lĂ©ration de la semaine derniĂšre. Enfin, ces derniers jours il est vraisemblable que nombre dâinvestisseurs actifs amĂ©ricains aient dĂ» rĂ©duire violemment leurs positions. Le phĂ©nomĂšne est similaire au printemps 2013: la mesure de risque utilisĂ©e, basĂ©e sur un historique court le plus souvent, pousse Ă lâachat aprĂšs les pĂ©riodes de calme mais aussi Ă vendre rapidement Ă la moindre alerte. Or, ceux-ci Ă©taient trĂšs investis car les actions amĂ©ricaines avaient vĂ©cu une pĂ©riode de volatilitĂ© exceptionnellement basse. LâextrĂ©mitĂ© du mouvement dâhier semble indiquer que lâessentiel de lâajustement est fait pour ces investisseurs mais il reste une derniĂšre source dâinquiĂ©tude : les obligations des pays pĂ©riphĂ©riques europĂ©ens. Pour la plupart trĂšs stables jusquâici, ils ont pris du poids dans le bilan des certaines banques qui pourraient vendre afin de rĂ©duire leur risque. Ce nâest que lorsque ce mouvement aura Ă©tĂ© opĂ©rĂ©, ou pas, que le mouvement de nettoyage auquel nous assistons trouvera son terme.
MĂȘme si la volatilitĂ© restera prĂ©sente, les fondamentaux retrouverons leur place, et Ă partir dâune base assainie. AprĂšs avoir souffert des effets nĂ©fastes de la baisse des matiĂšres premiĂšres, nous en verrons les aspects dopant pour la consommation dans les pays dĂ©veloppĂ©s. Aux Etats-Unis en particulier, le prix Ă la pompe a chutĂ© de 25% sur 3 mois, soit 100 milliards de dollars de pouvoir dâachat rendus Ă une Ă©conomie dĂ©jĂ solide. La pĂ©riode des achats de NoĂ«l sâannonce florissante. LâEurope et le Japon subissent le mĂȘme choc positif, mĂȘme si leur inertie ne permettra dâen voir les effets que plus tard. Au regard de lâextrĂȘme pessimisme actuel, les actifs risquĂ©s devrait bien rĂ©agir Ă ces bonnes nouvelles, et les taux dâintĂ©rĂȘt intĂ©grer Ă nouveau le cycle de hausse des taux qui nâest pas remis en cause.
Les marches resteront trĂšs volatiles dâici lâAsset Quality Review (AQR) qui sera annoncĂ©e le 26 octobre Ă moins dâune intervention de la BCE dâici lĂ âŠ
Tout indique que le mouvement est avant tout technique et a provoquĂ© un vaste nettoyage des positions actives, du hedge-fund au gĂ©rant, en passant par les banques. Mais les bonnes nouvelles Ă©conomiques Ă venir et des niveaux de valorisation redevenus attractifs nous incitent Ă le considĂ©rer comme une opportunitĂ©. Dâinvestir progressivement dans les grandes banques europĂ©ennes, trĂšs dĂ©cotĂ©es, Ă lâapproche des rĂ©sultats de lâAQR. De renforcer les actions japonaises, rĂ©guliĂšrement achetĂ©es par les fonds de pensions locaux qui voient dans le mouvement rĂ©cent la possibilitĂ© dâentrer Ă des prix avantageux. De renforcer les protections face Ă la hausse des taux enfin, car, malgrĂ© la volatilitĂ© rĂ©cente, il reste trĂšs probable que la Fed doive passer Ă lâaction courant 2015.
Rédigé le 16 octobre 2014