H2O Asset Management

Un fonds dans le viseur : H2O Multistrategies
16/04/2018 PARLONS FINANCE
Nom du fonds - ISIN : H20 MULTISTRATEGIES R C EUR - FR0010923383

Société de gestion : H2O AM

Catégorie Quantalys : Allocation Flexible Monde

Gérants du fonds : Vincent Chailley, Loïc Cadiou

L’avis Nortia (analyse de CĂ©line Leurent)

PortĂ© par les positions obligataires et la stratĂ©gie devise, H20 Multistrategies rĂ©alise une performance 2018 de 9,16%. Le fonds tire, en effet, profit de son exposition Ă  la dette souveraine pĂ©riphĂ©rique, (italienne principalement : + 125,1%) et de sa position vendeuse sur les obligations amĂ©ricaines(-76,25%). Cette derniĂšre accompagnera la fin de la politique monĂ©taire accommodante de la FED. CĂŽtĂ© change, le portefeuille reste acheteur de dollars (+ 228%), vendeur d’euros (-130%), de devises des pays producteurs de matiĂšres premiĂšres (-60%) et de francs suisses (-70%). L’équipe de gestion considĂšre, que le franc suisse est surĂ©valuĂ© et que cela entame la compĂ©titivitĂ© des entreprises suisses, naturellement exportatrices. CĂŽtĂ© actions, le fonds bĂ©nĂ©ficie de la reprise du cycle europĂ©en et japonais. En effet, si les conditions macro-Ă©conomiques s’amĂ©liorent en zone euro, le taux de chĂŽmage et le niveau de l’inflation n’ont pas encore atteint leurs objectifs. D’un point de vue micro-Ă©conomique, les fondamentaux progressent, mais les sociĂ©tĂ©s n’ont pas encore retrouvĂ© leurs niveaux de marge d’avant crise. Au Japon, les Abenomics (politique budgĂ©taire expansive, politique monĂ©taire accommodante et politique de l’offre) commencent Ă  porter leurs fruits. A contrario, l’économie amĂ©ricaine Ă©tant Ă  maturitĂ©, le portefeuille est couvert contre une fin de cycle. L’exposition actions (35,8%) est ainsi rĂ©partie entre la zone euro (90%), le Japon (25%) et les États-Unis via une position vendeuse sur le S&P 500 (-70%). Avec une performance annualisĂ©e de 20,18% sur quatre ans (contre 3% pour sa catĂ©gorie), H20 Multistrategies dĂ©passe de loin son objectif de performance positive. DerriĂšre ce rĂ©sultat, nous retrouvons la qualitĂ© du scĂ©nario macro-Ă©conomique et l’efficacitĂ© des positions relatives qui en dĂ©coulent. On ne pourrait conclure cet avis sans saluer ses performances et rappeler qu’elles sont Ă©galement le fruit d’une gestion dynamique (produits dĂ©rivĂ©s Ă  fin mars : 779%), qui entraĂźne une volatilitĂ© importante. Ce fonds flexible international est Ă  recommander aux investisseurs risquophiles
 13/04/2018

+18,19% YTD ; H2O Multibonds est toujours dans le viseur de


Publié le 26 Avril 2018

Quelles que soient les conditions de marchĂ©, H2O Multibonds cherche Ă  rĂ©aliser une performance positive sur un horizon de placement de 3 ans. La stratĂ©gie d’investissement repose sur les anticipations macro-Ă©conomiques de lâ€˜Ă©quipe de gestion. Ces derniĂšres aboutissent Ă  des positions acheteuses et vendeuses sur l’ensemble des marchĂ©s internationaux, obligations et devises, de sorte que les performances gĂ©nĂ©rĂ©es proviennent de l’évolution relative d’un marchĂ© par rapport Ă  un autre.

Le fonds peut investir sur les marchĂ©s obligataires souverains, le crĂ©dit investment grade et high yield, ainsi que sur les devises. Chaque position est tenue de respecter un budget global du portefeuille, visant Ă  limiter les pertes sur 20 jours Ă  20% dans 99% des cas. Enfin, le fonds a un objectif de volatilitĂ© annuelle compris entre 8% et 15%. À titre indicatif, les performances du fonds pourront ĂȘtre comparĂ©es Ă  celle de son indice de rĂ©fĂ©rence, le JP Morgan Government Bond Index Broad.

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, H2O Multibonds rĂ©alise une performance de 13,28% au 18 avril contre -1,03% pour sa catĂ©gorie. Ce rĂ©sultat est le fruit d’un scĂ©nario macro-Ă©conomique qui a peu Ă©voluĂ© ces derniĂšres annĂ©es.

Dans le détail, le fonds est exposé à la dette périphérique depuis 2010, notamment la dette italienne (121%). Cette derniÚre présente un spread de crédit plus important, en particulier depuis les inquiétudes sur les élections du parlement italien. Les dettes grecques et portugaises ont, quant à elles, fait preuve de robustesse, illustrant la diversification qui existe désormais au sein du bloc « Europe périphérique ». Ces positions sont toutefois conservées (respectivement 14% et 30% du portefeuille) et couvertes par la vente de taux américain depuis 2013 (-114%).

À titre d’exemple, l’amĂ©lioration de l’économie portugaise a entraĂźnĂ© l’augmentation de la notation et, par consĂ©quent, une baisse des taux d’intĂ©rĂȘt de 4,5% l’an passĂ©, contre 2% aujourd’hui. Cette compression des spreads avait permis de rĂ©aliser plus de 20% de performance en 2017. Le rendement actuariel des obligations portugaises est dĂ©sormais plus faible.

CĂŽtĂ© devises, H2O Multibonds s’appuie toujours sur un scenario de remontĂ©e du dollar (- 15% en 1,5 ans) en raison de la fin du programme monĂ©taire accommodant de la FED. Le portefeuille est ainsi acheteur de dollar, et tient des positions vendeuses en franc suisse (-154%), en devises des pays producteurs de matiĂšres premiĂšres (-40%) et en devises Ă©mergentes (-30%).

Avec une performance annualisée trois ans de 15,6% (vs -0,85% pour sa catégorie) et une volatilité importante (24,91% à trois ans), ce fonds TOP 25 de nos encours fait partie des solutions efficaces pour exposer vos allocations dynamiques aux marchés obligataires et conserver des perspectives de rendements malgré la période entamée de remontée des taux.

Rédigé le 18 Avril 2018 par Céline Leurent, Responsable Analyste FinanciÚre chez NORTIA.

Le club des nostalgiques de la grandeur passée.
24/03/2017 PARLONS FINANCE

Le vote en faveur du « Brexit » et l’élection de Donald Trump en 2016 ont Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s comme des rĂ©sultats empreints de dynamiques politiques et sociales similaires. Au Royaume-Uni, les habitants aspiraient Ă  regagner une souverainetĂ© pleine et entiĂšre, et un plus grand contrĂŽle de l’immigration. Le Royaume-Uni a fait le choix de l’indĂ©pendance, au risque de perdre toute influence sur la scĂšne gĂ©opolitique, dans un monde dominĂ© par des grands blocs rĂ©gionaux. Aux Etats-Unis, l’immigration a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle important, car nombreux sont ceux qui estimaient que le pays ne recevait pas sa juste part des accords et des engagements extĂ©rieurs en vigueur. Ainsi, les Etats-Unis espĂšrent renouer avec leur suprĂ©matie Ă©conomique passĂ©e, en se basant sur une vision nationaliste Ă  court-terme aux dĂ©pens du systĂšme actuel qui structure les relations internationales. Si le « Brexit » suscite de l’incertitude quant au devenir du Royaume-Uni, l’élection de Donald Trump soulĂšve de nombreuses questions sur l’ordre mondial pour tout investisseur international. En effet, le « Brexit » ne concerne que les actifs britanniques alors que la prĂ©sidence Trump joue un rĂŽle central pour la plupart des actifs mondiaux.

Le programme de la nouvelle administration amĂ©ricaine est en fait relativement clair : une relance budgĂ©taire via des baisses d’impĂŽt, moins de rĂ©glementation, des projets d’infrastructure ; une rĂ©forme permettant au systĂšme fiscal amĂ©ricain d’ĂȘtre plus compĂ©titif, et la renĂ©gociation au cas par cas des accords commerciaux. La Maison-Blanche et le CongrĂšs Ă  majoritĂ© rĂ©publicaine sont en phase sur la plupart de ces points ; aussi, l’on peut s’attendre Ă  ce qu’ils se concrĂ©tisent Ă  un moment ou Ă  un autre. Le programme de la nouvelle administration est positif pour la croissance et l’inflation amĂ©ricaines. Il implique une normalisation plus rapide de la politique monĂ©taire de la Fed, un dollar fort et une rotation des obligations vers les actions. Le marchĂ© a farouchement adhĂ©rĂ© Ă  ces thĂšmes au lendemain de la victoire de Trump. Toutefois, depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, les investisseurs semblent dubitatifs. L’incertitude quant au calendrier et Ă  l’ampleur de ces rĂ©orientations politiques a refroidi leur enthousiasme initial. Les positions sont en train d’ĂȘtre revues. Les acteurs Ă  court terme et les sceptiques sĂ©culaires s’en vont. La mĂ©canisation des marchĂ©s intervenue au cours des derniĂšres annĂ©es, sous l’effet de la rĂ©glementation et de la suprĂ©matie de la gestion des risques aux dĂ©pens des rendements, a rendu toute source d’incertitude Ă  court terme presque insupportable. L’annĂ©e 2016 en est la preuve. Les Ă©vĂ©nements ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s, ex-ante, comme extrĂȘmement graves, mais se sont rĂ©vĂ©lĂ©s nĂ©gligeables, ex-post, pour tout investisseur avec un horizon de placement supĂ©rieur Ă  quelques semaines. Rien n’a changĂ© en 2017. L’incertitude entourant le programme et la personnalitĂ© de Donald Trump a rĂ©ussi Ă  faire perdre de vue la situation d’ensemble aux investisseurs. L’heure est venue de reconsidĂ©rer la situation objectivement.

Dans le cadre d’une dynamique de contre-choc pĂ©trolier, les forces reflationnistes ont suivi le point bas du prix du pĂ©trole, atteint il y un an. Ces mĂȘmes forces positives ont commencĂ© Ă  surprendre Ă  partir de la fin du 1er trimestre 2016, alors mĂȘme que les inquiĂ©tudes Ă  l’égard de l’imminence d’une rĂ©cession aux États-Unis Ă©taient grandes. Elles se sont Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ©es ĂȘtre insensibles au vote en faveur du «Brexit». Cette reflation sous-estimĂ©e existait dĂ©jĂ  bien avant l’élection amĂ©ricaine. Les participants sur les marchĂ©s et les autoritĂ©s monĂ©taires ont fait preuve d’une extrĂȘme prudence jusqu’à cette Ă©lection, comme si le monde Ă©tait au bord de la dĂ©flation. La victoire surprise de Trump a provoquĂ© une réévaluation, attendue de longue date, de la reflation. Toutefois, le biais dĂ©flationniste n’a pas entiĂšrement disparu. Certains considĂšrent la reflation comme n’étant subordonnĂ©e qu’à l’expansion budgĂ©taire aux États-Unis. Ceux lĂ -mĂȘme sont aujourd’hui trĂšs dĂ©sireux de dĂ©boucler leurs positions. Cette situation devrait ĂȘtre Ă  l’origine de fantastiques opportunitĂ©s d’achat. L’économie amĂ©ricaine connaĂźt le plein emploi, elle est portĂ©e par une dynamique solide et elle devrait probablement se voir offrir un nouveau coup de fouet par des baisses d’impĂŽt et une expansion budgĂ©taire en 2018. Il ne fait aucun doute que la croissance et l’inflation peuvent survivre Ă  une telle combinaison.

Une reflation locale plutĂŽt que mondiale

Une certaine confusion semble rĂ©gner sur la nature de la dynamique reflationniste. L’accĂ©lĂ©ration de l’inflation globale au niveau mondial, sous l’effet de la stabilisation du prix du pĂ©trole autour des 40-60 dollars aprĂšs son point bas de fĂ©vrier 2016, est souvent qualifiĂ©e de « reflation mondiale ». Or, il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une sortie de la dĂ©sinflation transitoire, interprĂ©tĂ©e Ă  tort comme de la dĂ©flation durant la majeure partie de 2016. Ce malentendu est important pour l’avenir dans la mesure oĂč la « reflation mondiale » devrait prendre fin d’ici mars 2017, lorsque les effets de base liĂ©s au prix du pĂ©trole seront susceptibles de culminer. Une nouvelle accĂ©lĂ©ration de l’inflation mondiale n’interviendra que si les prix des matiĂšres premiĂšres renouent avec une tendance haussiĂšre durable. Or, et mĂȘme si un rebond du prix du pĂ©trole est attendu Ă  trĂšs court terme, la production se trouve relancĂ©e dĂšs lors que le prix du baril atteint les 50 dollars, comme en tĂ©moigne la forte augmentation du nombre de puits de pĂ©trole aux États-Unis depuis la mi-2016. Cela devrait empĂȘcher l’émergence de toute rĂ©elle tendance haussiĂšre, capable d’alimenter une inflation engendrĂ©e par les matiĂšres premiĂšres. Outre la plus forte Ă©lasticitĂ© des prix de l’offre du pĂ©trole, il convient Ă©galement de prendre en compte les aspects liĂ©s Ă  la demande dans les perspectives du prix du pĂ©trole. Le ralentissement devrait se poursuivre en 2017 en Chine, surtout via le secteur de la construction, privant de ce fait les matiĂšres premiĂšres d’un soutien de longue date. Contrairement au modĂšle classique des reprises mondiales oĂč les conditions initiales sont identiques dans tous les pays et toutes les rĂ©gions, et oĂč l’accĂ©lĂ©ration de la croissance dans les pays dĂ©veloppĂ©s ouvre la voie Ă  une augmentation des prix des matiĂšres premiĂšres en raison de la reprise durable dans les pays Ă©mergents, les cycles Ă©conomiques des pays dĂ©veloppĂ©s et Ă©mergents sont aujourd’hui dĂ©synchronisĂ©s. La Chine fait face Ă  une pĂ©riode prolongĂ©e de croissance infĂ©rieure Ă  8 %, tandis que les pays dĂ©veloppĂ©s entrent Ă  peine dans la derniĂšre phase de leur propre cycle Ă©conomique oĂč la croissance et l’inflation accĂ©lĂšrent. Une telle configuration ressemble Ă  celle de la fin des annĂ©es 90, lorsque les prix des matiĂšres premiĂšres ne s’étaient pas rĂ©ellement remis de la crise asiatique, alors que les pays dĂ©veloppĂ©s enregistraient quant Ă  eux une croissance vigoureuse.

L’absence de risque Ă  la hausse des prix des matiĂšres premiĂšres ne tient mĂȘme pas compte du possible revirement de la politique commerciale de Donald Trump. Toute impulsion en faveur de la mondialisation est propice Ă  des pressions durables sur les prix des matiĂšres premiĂšres, dans la mesure oĂč la dĂ©localisation vers les pays plus gros consommateurs de matiĂšres premiĂšres devient la rĂšgle. Tout repli sur soi, consistant Ă  tourner le dos Ă  la mondialisation, a l’effet inverse. Pour autant qu’on puisse en juger, cela devrait exercer des pressions baissiĂšres sur les prix des matiĂšres premiĂšres. Si l’on ajoute Ă  cela le fait que les États-Unis sont un producteur Ă©nergĂ©tique de plus en plus important et l’engagement de Donald Trump Ă  supprimer les contraintes rĂ©glementaires imposĂ©es au secteur, on peut mĂȘme dĂšs lors s’inquiĂ©ter du risque baissier entourant le prix du pĂ©trole par rapport Ă  ses niveaux actuels. Tout cela ne laisse planer qu’un risque limitĂ© de reflation mondiale Ă  l’avenir.

L’inflation devrait provenir des pays oĂč le rapport entre l’offre et la demande est tendu, Ă  savoir les pays non-producteurs de matiĂšres premiĂšres et non-mondialisĂ©s. Le cƓur de l’analyse dĂ©coule des mesures de l’écart de production dans les diffĂ©rents pays. Tant les niveaux que les dynamiques divergent de façon saisissante entre les pays dĂ©veloppĂ©s et Ă©mergents. Les plus grands pays Ă©mergents ont hĂ©ritĂ© de capacitĂ© de production excĂ©dentaire de leur rĂ©cente et profonde rĂ©cession (Russie, BrĂ©sil et Argentine), de leur ralentissement attendu (Mexique) ou de leur tendance baissiĂšre prolongĂ©e (Chine). A l’inverse, les États-Unis prĂ©sentent des signes de tensions du marchĂ© du travail, de pressions salariales et d’un risque inflationniste haussier, et ce, dans le contexte d’une accĂ©lĂ©ration de la croissance en 2017. MĂȘme si la capacitĂ© de production est encore excĂ©dentaire dans certains pays d’Europe, l’écart de production devrait progressivement se rĂ©sorber, compte tenu du rythme de la croissance par rapport Ă  son potentiel. Il est Ă  noter que la rĂ©glementation plus stricte du marchĂ© du travail en Europe rend la dynamique du marchĂ© du travail (baisse du chĂŽmage) plus importante que le niveau de l’écart de production (le niveau du chĂŽmage par rapport au niveau d’équilibre) pour la formation de tensions inflationnistes locales. C’est ce que les Ă©conomistes appellent « l’effet d’hystĂ©rĂšse ». La vĂ©ritable reflation n’est ni mondiale, ni tirĂ©e par les matiĂšres premiĂšres. Elle est localisĂ©e dans les pays dĂ©veloppĂ©s et rĂ©sulte de tensions entre l’offre et la demande des produits et services les moins commercialisables de ces Ă©conomies. Les États-Unis ont un temps d’avance sur l’Europe et le Japon Ă  cet Ă©gard. C’est pourquoi le financement en dollar amĂ©ricain risque encore de devenir plus cher au cours de l’annĂ©e Ă  venir. Cela serait une fois encore un Ă©norme problĂšme pour les pays qui se voient imposer des conditions de financement en dollar tels que les pays Ă©mergents, mais beaucoup moins pour l’Europe et le Japon qui jouissent de financements indĂ©pendants dans leurs propres devises.

L’enthousiasme actuel pour la « reflation mondiale » a soutenu les devises des pays producteurs de matiĂšres premiĂšres et les actifs des marchĂ©s Ă©mergents, surtout dans un contexte marquĂ© par des investisseurs cherchant Ă  Ă©viter l’Europe avant l’élection prĂ©sidentielle française d’avril-mai. A partir de mars, l’effet de base liĂ© au pĂ©trole devrait se faire moindre et discrĂ©diter ainsi la nature « mondiale » de la reflation. Dans le mĂȘme temps, l’inflation sous-jacente aux États-Unis devrait se renforcer compte tenu de la vigueur de l’économie en 2017. Tout d’abord un phĂ©nomĂšne propre aux États-Unis, cette reflation « locale » devrait Ă©galement gagner l’Europe continentale et le Japon plus tard en 2017 ou en 2018. La mĂ©prise entre la reflation « mondiale » et « locale » devrait se dissiper Ă  mesure que le risque politique en Europe perd de son acuitĂ©, plus probablement aprĂšs l’élection prĂ©sidentielle française au dĂ©but du mois de mai. Les stratĂ©gies de valeur relative entre les rĂ©gions (l’Europe, les pays producteurs de matiĂšres premiĂšres et les pays Ă©mergents) devraient permettre aux portefeuilles internationaux d’offrir des ratios d’information attractifs en 2017.

La derniĂšre possibilitĂ© d’un coup de théùtre politique : le 7 mai

Le rejet du rĂ©fĂ©rendum en Italie a constituĂ© la premiĂšre nouvelle rassurante pour toute personne prĂ©occupĂ©e par le risque de voir des partis « anti-establishment » arriver au pouvoir et remettre en question l’appartenance de l’Italie Ă  l’UME et Ă  l’UE. De plus, la Cour constitutionnelle italienne s’est dĂ©finitivement prononcĂ©e contre le systĂšme de scrutin (Ă  deux tours) pour la Chambre des dĂ©putĂ©s, supprimant ainsi dĂ©finitivement un tel risque aux prochaines Ă©lections lĂ©gislatives (probablement au 1er trimestre 2018). En particulier, sur la base des sondages d’opinion actuels, un systĂšme Ă  un seul tour met la barre trop haute pour permettre aux partis « anti-establishment » de remporter une majoritĂ© Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s. De façon plus absolue toutefois, et quoi qu’il se passe Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s, le SĂ©nat est toujours Ă©lu grĂące Ă  un mode de scrutin dominĂ© par la proportionnelle, permettant ainsi aux partis traditionnels de rester aux commandes. GrĂące au vote en faveur du non lors du rĂ©fĂ©rendum, le SĂ©nat et la Chambre des dĂ©putĂ©s demeurent donc sur un mĂȘme pied d’égalitĂ© dans le cadre de la nomination du gouvernement et de l’adoption des lois. Ce faisant, dans l’éventualitĂ© peu probable de partis « anti- establishment » majoritaires Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s, ceux-ci seraient incapables de former un gouvernement ou de proposer des lois menaçant les engagements actuels Ă  l’égard de l’UME et de l’UE. Les investisseurs cherchant Ă  identifier les perturbations institutionnelles en Europe auraient donc aujourd’hui tort de se polariser sur l’Italie. Selon les sondages actuels, ils ne devraient pas non plus se tourner vers les Pays-Bas et l’Allemagne. Les partis d’extrĂȘme-droite, anti-immigration et « anti-establishment » pourraient tout au plus remporter, respectivement, 20 % et 11 % du Parlement. Tous les autres partis ayant exclu de former une coalition avec ces partis d’extrĂȘme-droite, des gouvernements pro- UE dans les deux pays sont quasiment garantis au jour d’aujourd’hui.

La principale inconnue pour les investisseurs demeure donc celle d’une victoire du parti d’extrĂȘme- droite, le Front National (FN), au second tour de l’élection prĂ©sidentielle française. La candidate du FN, Marine Le Pen, fait la course en tĂȘte dans les sondages au premier tour ; elle a donc de grandes chances de figurer au second tour. Ses rivaux probables sont toujours censĂ©s remporter le second tour, mais avec un Ă©cart qui ne permet pas d’exclure complĂštement une victoire du FN. Son fort taux de rejet devrait toutefois rendre extrĂȘmement difficile une victoire finale. Pour autant, l’abstention pourrait ĂȘtre suffisamment Ă©levĂ©e pour faire du second tour une bataille Ă©lectorale serrĂ©e. Les investisseurs pourraient ainsi bien devoir attendre jusqu’au 7 mai afin d’y voir plus clair sur le risque politique en Europe. Au mĂȘme titre que le rĂ©fĂ©rendum sur le « Brexit » et l’élection prĂ©sidentielle aux États-Unis, l’élection prĂ©sidentielle française est devenue le centre de l’attention des investisseurs en 2017. Si un PrĂ©sident pro-UE ressort des urnes Ă  l’issue de l’élection prĂ©sidentielle, le feu serait alors au vert pour les actifs risquĂ©s europĂ©ens actuellement victimes d’une importante prime de risque politique. Dans l’éventualitĂ© peu probable oĂč Marine Le Pen deviendrait PrĂ©sidente, rien ne se passerait toutefois avant les Ă©lections lĂ©gislatives. En effet, le systĂšme de scrutin et l’absence de proportionnelle pour l’élection des dĂ©putĂ©s français en juin Ă  la suite de l’élection prĂ©sidentielle laisserait Ă  coup sĂ»r le FN bien loin d’une majoritĂ©. Si l’on en croit les sondages, le FN ne pourrait espĂ©rer qu’un maximum de 10 % de dĂ©putĂ©s au Parlement lors des Ă©lections lĂ©gislatives de juin. Tout comme en Italie, c’est bel et bien une paralysie politique qui est le scĂ©nario- catastrophe pour la France, et non une sortie de l’UE ou de l’UME. En effet, il n’y aurait ni moyen dĂ©mocratique ni juridique pour remettre en question les engagements europĂ©ens avec un Parlement pro- Europe en place.

Le plus probable est que la France paierait alors le prix de l’incertitude politique via un durcissement des conditions financiĂšres, comme ce fut le cas en Italie entre mi-2011 et 2013, agissant comme un triste rappel Ă  la rĂ©alitĂ© pour la population et les politiciens. Une prĂ©sidence Le Pen entraĂźnerait le chaos en France, mais trĂšs probablement Ă  trĂšs court terme uniquement. En effet, les changements institutionnels prĂŽnĂ©s par le FN et craints par certains institutionnels ne se produiraient pas. Le risque d’un Ă©clatement de l’UE serait ainsi beaucoup plus tĂ©nu que celui redoutĂ© Ă  l’heure actuelle. Une fois au pouvoir, les partis populistes et « anti-establishment » ne peuvent que perdre leur soutien. De par les coĂ»ts Ă©conomiques et sociaux de leurs politiques impraticables, ils finissent par ĂȘtre contraints de se plier Ă  la rĂ©alitĂ© du monde en revenant Ă  des politiques conventionnelles et perdent ainsi les voix protestataires des Ă©lecteurs dĂ©sespĂ©rĂ©s. Comme en GrĂšce et en Espagne, une victoire de Le Pen serait un mal Ă  court terme pour la France et l’UE, pour un bien plus important Ă  long terme. Les 40 % d’électeurs protestataires auraient ainsi tentĂ© leur chance et il ne resterait plus alors qu’aux 60 % d’électeurs rĂ©formistes de l’emporter sur un horizon Ă  moyen terme Ă  l’issue d’une crise de brĂšve durĂ©e. Les investisseurs ne devraient pas prĂȘter autant d’attention aux prophĂštes de malheur Ă  l’égard de l’Europe et considĂ©rer l’histoire et les institutions comme des Ă©lĂ©ments clĂ©s dans leurs analyses.

Dans l’éventualitĂ© la plus probable d’un PrĂ©sident français partisan de l’Europe, non seulement le risque politique au sein de l’UE s’évaporerait, mais elle ouvrirait Ă©galement la voie Ă  une nouvelle dynamique pro- europĂ©enne de la part de gouvernements fraichement Ă©lus (Pays-Bas, France et Allemagne) pour les annĂ©es Ă  venir. Les États-membres seraient plus enclins Ă  s’unir sous les banniĂšres de l’EU et de l’UME afin de relever les dĂ©fis internationaux actuels, comme notamment la dĂ©fense, l’immigration en provenance des pays en dehors de l’UE, le terrorisme, le « Brexit » et les relations avec la Russie et avec la nouvelle administration amĂ©ricaine. Pour les investisseurs, le risque basculerait soudainement de la dĂ©sintĂ©gration de l’UE Ă  tous les autres prĂ©occupations en dehors de l’UE. En d’autres termes, l’UE se transformerait en un bloc plus intĂ©grĂ© et en une source de stabilitĂ© gĂ©opolitique et Ă©conomique, offrant ainsi une meilleure visibilitĂ© et, par lĂ  mĂȘme, des actifs plus sĂ»rs pour les investisseurs internationaux.

Gardez un Ɠil sur le 7 mai, mais ne nĂ©gligez pas l’énorme potentiel haussier offert par les actifs europĂ©ens dans l’éventualitĂ© de l’issue la plus probable. Enfin, les investisseurs rĂ©serveraient probablement un bon accueil Ă  une telle possibilitĂ© dans la mesure oĂč ils accumulent actuellement des positions, en partie par dĂ©faut, en vertu de thĂšmes qui ont toutes les chances d’ĂȘtre mis Ă  trĂšs rude Ă©preuve aprĂšs l’étĂ© par la relance budgĂ©taire aux États-Unis, l’accĂ©lĂ©ration du rythme de la normalisation de la politique de la Fed et l’extrĂȘme fragilitĂ© de la Chine sous l’effet des sorties de capitaux. En d’autres termes, 2017 devrait ĂȘtre une annĂ©e en deux temps et, par lĂ  mĂȘme, offrir d’intĂ©ressantes opportunitĂ©s d’arbitrage au sein des diffĂ©rents thĂšmes et des diffĂ©rentes rĂ©gions. Une fois encore, une grande partie de la crĂ©ation d’alpha devrait dĂ©couler de l’interprĂ©tation faite de la mĂ©canisation des marchĂ©s et de la façon dont elle divise l’annĂ©e en sous-pĂ©riodes. Arbitrer les contraintes des autres, ne pas rĂ©agir de maniĂšre excessive aux pĂ©ripĂ©ties Ă  court terme et garder un Ɠil objectif sur la situation globale devraient permettre aux investisseurs de bĂ©nĂ©ficier de bonnes performances en 2017.

Publié à Londres, le 24 février 2017.

A découvrir : le nouveau fonds Long/Short de la gamme H2O

Publié le 5 Février 2018

Dans un environnement oĂč de nombreux conseillers financiers commencent Ă  se poser des questions sur les niveaux de valorisation des marchĂ©s actions, l’intĂ©rĂȘt est grandissant pour les fonds Long/Short actions. Nous avons demandĂ© Ă  EOS Allocations de rencontrer le gĂ©rant Gonzague Legoff afin d’analyser l’un des derniers nĂ©s de la gamme H2O, le fonds Long/Short Fidelio.

Gonzague Legoff, gérant de H2O Fidelio

Premier aspect notable de ce fonds Long/Short, c’est que contrairement Ă  l’écrasante majoritĂ© des gĂ©rants, Gonzague Legoff ne commence pas par discuter de titres ou d’une approche bottom up mais plutĂŽt de thĂ©matiques ou du scĂ©nario macro-Ă©conomique. PlutĂŽt que d’investir sur les valeurs uniquement sous l’angle de leurs fondamentaux, il regarde les facteurs qui peuvent impacter leur cours et s’intĂ©resse aux changements structurels (Amazon, digital, sĂ©curitĂ© des donnĂ©es
).

Par rapport Ă  un fonds pur actions (i.e. long only), H2O Fidelio aura moins d’à-coups (drawdowns) mais il va aussi apporter beaucoup de diversification tant les stratĂ©gies sous-jacentes sont nombreuses : arbitrages de fusions acquisitions, secteur versus un autre secteur, dĂ©cote de holding, retour Ă  la moyenne. Le gĂ©rant insiste sur cet aspect. La diversification est trĂšs forte et l’exposition nette au marchĂ© actions est nulle (market neutral).

SchĂ©matiquement le fonds va ĂȘtre exposĂ© Ă  3 stratĂ©gies. Tout d’abord, une partie stratĂ©gique (60 Ă  80% de l’actif) regroupant des achats/ventes sur des secteurs et des paniers de titres, le prisme sera plutĂŽt macro ou top/down (cycle Ă©conomique, thĂ©matiques
). Pour 10 Ă  30% de l’actif une partie opportuniste consistant en des arbitrages de court terme (arbitrage fusions acquisitions, arbitrage bons de souscription
). Enfin on trouvera une partie d’arbitrage entre titres (dĂ©cote de holding, prime de management soit une stratĂ©gie « event driven Â») pour 10 Ă  20% de l’actif.

Une approche quantitative existe sur le fonds afin de filtrer un univers de gestion trĂšs large (actions internationales) et de trouver des opportunitĂ©s de stratĂ©gies. En revanche le fonds n’est en rien systĂ©matique, Ă  la fin le choix reste discrĂ©tionnaire. Le gĂ©rant choisit ou pas d’incorporer la stratĂ©gie. Il retiendra les stratĂ©gies ayant le meilleur potentiel (une quarantaine en portefeuille).

Dans la construction de portefeuille, le gĂ©rant s’efforcera de ne pas trop s’exposer Ă  tel ou tel facteur. Prenons un exemple. Le gĂ©rant est acheteur de banques contre le marchĂ© (i.e. long secteur bancaire, short marchĂ©) et dans le mĂȘme temps vendeur des stratĂ©gies « minimum volatility » contre le marchĂ©. Or ces deux stratĂ©gies long/short ont une chose en commun. Elles bĂ©nĂ©ficieront d’une hausse des taux et souffriront dans le cas inverse. L’équipe de gestion va donc chercher une autre stratĂ©gie prometteuse mais capable de contrebalancer ce facteur. C’est ce qu’elle a fait en se portant acheteur des promoteurs immobilier US contre le marchĂ©. Cette stratĂ©gie Ă©tait prometteuse en soit mais elle avait l’avantage de bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©ventuelle baisse des taux (la baisse des taux est favorable Ă  l’immobilier) et donc de venir contre balancer les deux premiĂšres stratĂ©gies.

Comme souvent dans les long/short, le fonds a du levier (en moyenne 200% d’exposition brute tout en maintenant l’exposition nette Ă  0%). Il est intĂ©ressant de voir qu’en ce moment le fonds n’a plus que 80% d’exposition brute en vue d’une augmentation de la volatilitĂ©. L’équipe de gestion prĂ©fĂšre rĂ©duire la voilure pour pouvoir la redĂ©ployer en cas d’un accident de marchĂ© qui est de plus en plus probable selon H2O.

La question se pose de savoir si l’on peut rajouter ce fonds en plus d’autres fonds de la gamme H2O. Il ne faut pas oublier que cette stratĂ©gie long/short est prĂ©sente dans les fonds bĂ©nĂ©ficiant des stratĂ©gies d’arbitrages actions comme H2O MultistratĂ©gies ou H2O Moderato. Elle totalise aujourd’hui prĂšs de 2,5 milliards d’Euros alors que le fonds ouvert n’est qu’à un peu plus de 150 millions. Si l’on veut investir sur ce fonds alors que l’on est dĂ©jĂ  investi sur la gamme H2O, on prĂ©fĂšrera donc le coupler avec des fonds de purs arbitrages obligations/devises comme H2O Adagio ou encore H2O Multibonds. On retrouvera certes les vues macro d’H2O que partage Gonzague Legoff mais la corrĂ©lation sera toute mĂȘme fortement attĂ©nuĂ©e. Notons qu’H2O Fidelio est le seul fonds de la gamme sans gestion devises.

H24 : Une info pour 2018, le fonds est actuellement short sur quelques sociĂ©tĂ©s de gestions cotĂ©es en bourse. Shorter le secteur semble ĂȘtre en ce moment une solution pour gagner de l’argent sur la baisse des marges + rĂšglementation + retrait de la liquiditĂ© mondiale :wink:

H2O AM : un point sur une gamme toujours performante mĂȘme dans la baisse

Publié le 15 Février 2018

DerniĂšrement, la sociĂ©tĂ© H2O a beaucoup communiquĂ© : Ă  la confĂ©rence Natixis IM puis au travers de notes de marchĂ©s sur son exposition devises et son positionnement global. Nous avons demandĂ© Ă  EOS Allocations qui s’est entretenu avec les gĂ©rants dans leurs bureaux Ă  Londres d’en faire la synthĂšse.

Bruno Crastes, Fondateur de H2O AM

S’il faut retenir une chose, c’est la mise en garde de Bruno Crastes sur l’apprĂ©hension du risque par le marchĂ© et sur les stratĂ©gies fondĂ©es sur le risque.

« Aujourd’hui avec 5% de volatilitĂ© vous avez 70% d’actions. Les investisseurs achĂštent comme des machines. L’investisseur est mis en confiance, il ne se pose plus de question en appliquant ce genre de technique. Les grenouilles se sentent bien parce que la tempĂ©rature monte. Les gens n’achĂštent pas car ils pensent que ça va monter mais parce qu’ils sont mĂ©canisĂ©s. »

Les stratégies de « risk parity » et autres gestions systématiques sont clairement montrées du doigt.

L’équipe de gestion maintient sa vue sur l’inflation. Elle est prĂ©sente et va s’accĂ©lĂ©rer. De lĂ  dĂ©coule une grande partie des stratĂ©gies prĂ©sentes dans les fonds H2O. L’inflation est l’ennemi de l’investisseur.

« Les investisseurs sont comme une grenouille dans une bouilloire. Comme l’inflation est molle et douce, ils ne se rendent pas compte qu’elle est le pire ennemi de la gestion diversifiĂ©e. Si la grenouille voit un risque dangereux, elle remonte. Mais si la tempĂ©rature remonte doucement, elle va mourir. Et la grenouille crĂšve dans la bouilloire. »

Vision globale de l’équipe de gestion :

L’inflation va se concrĂ©tiser
La Fed va remonter ses taux 5 à 8 fois cette année prenant en compte la baisse du bilan
Le dollar va remonter. Les marchĂ©s se focalisent sur le diffĂ©rentiel de croissance qui est favorable Ă  l’Europe depuis quelques mois mais le diffĂ©rentiel de taux largement en faveur des US va redevenir primordial
Les devises émergentes et matiÚres premiÚres sont sur évaluées
Le marché est mûr pour un accident

Conséquences opérationnelles :

La position USD a Ă©tĂ© renforcĂ©e durant la baisse (par exemple de 75 Ă  85% dans Moderato). Pour la gestion, le plus bas de l’USD a Ă©tĂ© touchĂ© en dĂ©but d’annĂ©e
La gestion réduit le risque et le niveau de cash est élevé
La sensibilité reste largement négative sur les US
Sur la partie actions les financiÚres sont privilégiées car elles bénéficient de la hausse de taux

NB : la position longue USD l’est contre devises matiĂšres premiĂšres, bloc Euro (CHF et EUR) et monnaies Ă©mergentes.

Bonjour

Point sur H2O Multibonds

Si à 50 ans on n’a pas 30 milliards
 :wink:
Publié le 21 Février 2019

A 53 ans, le « Boss Â» Bruno Crastes (fondateur de H2O AM) gĂšre dĂ©sormais plus de 30 milliards €


Il rentre ainsi dans la cour des trĂšs grands de notre mĂ©tier qui incarnent la conquĂȘte de l’asset management français Ă  l’étranger.

H2O AM : AprÚs les parts Retail, Mehdi Rachedi vous présente les parts Super Retail


Publié le 14 Janvier 2019

Bruno Crastes, fondateur de H2O AM, avait communiquĂ© sur la nouvelle tarification mise en place au sein de la gamme de fonds (cliquez ici pour relire l’article). Mehdi Rachedi, Directeur Partenariats chez Natixis IM, nous prĂ©cise ce qu’il faut en retenir.

Mehdi Rachedi, Directeur des Partenariats chez Natixis IM

H24 : Pourra-t-on toujours souscrire les fonds H2O ?

Mehdi Rachedi : Vous continuerez d’avoir accĂšs aux fonds H2O Adagio, Moderato, Allegro, MultiBonds en assurance-vie/offre bancaire rĂ©pondant exactement aux mĂȘmes caractĂ©ristiques de gestion que les parts Retail (R) via de nouvelles parts dites Super Retail (« SR ») sous rĂ©serve de leur rĂ©fĂ©rencement par les compagnies d’assurance et plateformes.

H24 : Quelle différence entre toutes ces parts ?

Mehdi Rachedi : Les caractĂ©ristiques de gestion d’un fonds sont les mĂȘmes quelle que soit la part (I pour Institutionnelle, R pour Retail et SR pour Super Retail).

La seule différence : les frais de gestion.

H24 : Et pour le stock et les versements programmés ?

Mehdi Rachedi : Le stock constituĂ© sur les parts R des fonds H2O n’est pas impactĂ© par ces amĂ©nagements. Seuls les nouveaux flux Ă  compter du 1er fĂ©vrier 2019 sont concernĂ©s (date potentiellement avancĂ©e selon disposition spĂ©cifique des assureurs).

Sur les versements programmĂ©s, nous invitons nos partenaires CGP Ă  se rapprocher de leur compagnie/plateforme. Certaines vont basculer automatiquement sur les nouvelles parts, d’autres ne pourront pas le faire.

H24 : Qu’est-ce qui change avec les nouvelles parts SR dites Super Retail ?

Mehdi Rachedi : Ces parts viendront se substituer aux parts R actuelles.

La crĂ©ation d’une part au sein d’un mĂȘme fonds n’entraĂźne aucune modification quant Ă  la stratĂ©gie de gestion du fonds.

H24 : A partir de quand ces changements seront-ils effectifs ?

Ces nouvelles parts « SR » sont en cours de référencement auprÚs des différentes plateformes, elles sont maintenant actives depuis vendredi mais pas encore opérationnelles chez tous les assureurs.

Les parts R actuellement rĂ©fĂ©rencĂ©es restent accessibles sans droit d’entrĂ©e jusqu’au 31 janvier.

Certaines compagnies/plateformes anticiperont la fin des souscriptions. Je vous invite donc Ă  vous rapprocher de vos partenaires inspecteurs d’assurance/plateformes afin de connaĂźtre les mesures arrĂȘtĂ©es par chacune d’entre elles.

H2O AM nous dévoile le secret de sa performance

Publié le 28 Janvier 2019

Le Natixis Investment Forum a Ă©tĂ© l’occasion d’écouter les nombreux experts de la multi-boutiques. Pour H2O AM, c’est Vincent Chailley (co-fondateur avec Bruno Crastes), qui a captivĂ© une audience venue nombreuse.

Mehdi Rachedi, Directeur des Partenariats chez Natixis IM, semblait ravi d’accueillir Vincent Chailley : « J’ai beaucoup de respect pour le prochain intervenant. C’est quelqu’un que l’on voit assez peu car il aime ĂȘtre proche de ses Ă©quipes et des marchĂ©s. Il sait qu’avec quelques idĂ©es, on peut crĂ©er beaucoup de valeur. Vous le connaissez sous le nom de “H2O Adagio”, “H2O Moderato”, “H2O Multistrategies”
 C’est un peu le Keyser Söze de H2O AM ! » (Ndlr H24 : on vous laisse revoir Usual Suspects)

Les phrases-clés de Vincent Chailley, Directeur des Gestions et Fondateur Associé de H2O AM :

Un peu avant NoĂ«l, on discutait avec Bruno [Crastes] des performances. Mais quand on prend un peu de recul, ce n’est pas une vue ou une autre qui a fait la performance. Ce qui a fait la diffĂ©rence est que l’on a regardĂ© un bon endroit quand l’immense majoritĂ© des marchĂ©s a regardĂ© au mauvais endroit. Je vais vous montrer la source principale, quasiment la source unique de nos performances.
Le marchĂ© regarde trop l’économie depuis 6 ou 7 ans. Or les mouvements de marchĂ© ne sont pas dictĂ©s par l’économie. Ce qu’ils ont fait pendant toutes ces annĂ©es, c’est s’accrocher au modĂšle macroĂ©conomique. La plupart des observateurs, les Ă©conomistes des banques, ont voulu tout expliquer par la macroĂ©conomie puisque ça faisait 40 ans que cela fonctionnait. Sauf que ce n’est pas lĂ  qu’il fallait regarder.
Si on regarde l’économie sur les 6 ou 7 derniĂšres annĂ©es, il ne s’est pas passĂ© grand-chose en rĂ©alitĂ©. C’est la pĂ©riode Ă©conomique la plus stable de l’Histoire. Et pour cause, les banques centrales nous ont dit ce qu’elles allaient faire (“Whatever It Takes”). Avec la Chine c’est encore plus facile, c’était transparent : ils nous ont dit en 2011 qu’ils allaient ralentir. La croissance n’était plus 12 mais 8 puis ensuite 6. C’est au point qu’on ne se demande pas s’ils ne retravaillent pas un peu les donnĂ©es :wink:
La bonne macro, c’était d’avoir la force de dire qu’il ne se passait pas grand-chose. La vraie question macroĂ©conomique pour 2019 est la mĂȘme : est-ce qu’on a de bonnes raisons de penser que l’on va sortir de ça. Alors, on comprend les Ă©conomistes des banques, c’est leur gagne-pain. On ne les voit pas arriver au bureau le matin en disant : “bah, comme hier”. Ils ne feraient pas 10 jours !
Tant qu’on est dans le mĂȘme rĂ©gime, il ne faut pas regarder lĂ . En fait, le changement a Ă©tĂ© rĂ©glementaire. On a fixĂ© la macro dans un cadre car il ne fallait pas qu’elle bouge. On voulait faire en sorte que “2008 plus jamais ça”. La rĂšglementation a donc Ă©voluĂ©.
Historiquement, la source de rĂ©duction du risque du marchĂ© Ă©tait la diversitĂ© des investisseurs. C’est ça qui faisait que quand il y avait un acheteur il y avait un vendeur. Maintenant, on a cassĂ© ça. Si le Japonais se lĂšve le matin et fait la mĂȘme chose que l’AmĂ©ricain, on casse ce qui fait que la diversification ne fonctionnait pas trop mal.
Le rĂ©gulateur a aussi modifiĂ© la rĂšglementation bancaire. Aujourd’hui, les banques travaillent en flux tendu, on a perdu l’intermĂ©diation bancaire. Et les banques perdant cette capacitĂ©, on a perdu en liquiditĂ©. On a un Ă©norme poids qui ne peut pas ĂȘtre absorbĂ© par le marchĂ©.
Dernier point, cela change le comportement des investisseurs. La banque centrale nous a poussĂ©s Ă  tous acheter du crĂ©dit. Ça a aussi poussĂ© les investisseurs Ă  faire de l’immobilier ou du non cotĂ©. Le dĂ©veloppement du private equity, c’est pas que c’est moins risquĂ©, ça se saurait. C’est juste que ça collait mieux au modĂšle imposĂ© par la rĂšglementation.
C’est lĂ  que le changement majeur s’est passĂ©. La rĂšglementation a poussĂ© les investisseurs Ă  sortir de maniĂšre mĂ©canique. Si les marchĂ©s Ă©taient dictĂ©s par la macro, on aurait eu des hausses et des baisses de marchĂ© aprĂšs les Ă©vĂšnements de 2016 (Brexit, Trump). C’est de la mĂ©canisation des investisseurs qui ont achetĂ© des protections Ă  n’importe quel prix. Et une fois l’évĂšnement passĂ©, les protections ne servaient plus et le marchĂ© est reparti.
Il nous semble qu’en 2018, on a atteint l’apogĂ©e de cela. C’est le paroxysme du phĂ©nomĂšne. Tout le monde part avec l’eau du bain et on a un problĂšme presque systĂ©mique. Pour la 1Ăšre fois, on a eu une forme de rĂ©alisation des autoritĂ©s disant qu’elles sont allĂ©es trop loin. On a touchĂ© ce point d’orgue de la mĂ©canisation. On va probablement entrer en 2019 dans une inversion.
La bombe Ă  retardement de la rĂšglementation est un peu le Dr Frankenstein qui a créé un monstre. Cela fait des annĂ©es que vouloir Ă  tout prix contrĂŽler la volatilitĂ© coĂ»te aux fonds. On arrive Ă  un moment oĂč les investisseurs sortent des fonds “flagship” et les gĂ©rants sont obligĂ©s de vendre. Or, ceux qui sont trĂšs gros pĂšsent sur leur propre performance. Lorsque les investisseurs vous soutiennent tout va bien, lorsqu’ils sortent c’est beaucoup plus difficile. C’est un peu comme dans Toy Story, quand Woody dit Ă  Buzz « You’re flying Â» et qu’il rĂ©pond non
 « I am falling in style Â». (Ndlr H24 - En VF : “Tu voles ! Non, je tombe avec panache !”)
Le dollar c’est la pilule anti-mĂ©canisation. A chaque fois que le marchĂ© se fait attraper, le dollar est la valeur refuge. Alors oui ça nous coute (5% en 2017 sur Multibonds, ça fait un peu d’argent) mais c’est avant tout de la protection. On continuera Ă  en avoir tant qu’on est dans ce rĂ©gime macro.
Une fois qu’on a dressĂ© le schĂ©ma, il n’y a pas beaucoup de question Ă  se poser. Est-ce qu’on reste dans le mĂȘme rĂ©gime macro ? La rĂ©ponse est oui : 1/ La Chine continue Ă  ralentir (Pourquoi ? Parce qu’ils l’ont dit). 2/ Le secteur manufacturier entre en rĂ©cession au premier trimestre. 3/ Le consommateur profite des taux bas, du chĂŽmage, et de la chute des prix du pĂ©trole. 4/ Le rĂ©gulateur et l’investisseur rĂ©alisent les effets pervers de la volatilitĂ© quotidienne comme unique moyen de gĂ©rer le risque.
L’investisseur final rĂ©agit au phĂ©nomĂšne de rĂšglementation. Cela nous dit que ça y est, la transition a commencĂ©. Et l’investisseur rĂ©alloue en allant vers des acheteurs moins connectĂ©s Ă  la volatilitĂ©. La dynamique va s’inverser et c’est important pour vous, quand vous allez faire vos choix. Si c’est vrai que l’on a touchĂ© le fond en dĂ©cembre, c’est maintenant qu’il faut avoir le courage de franchir le pas. On a un marchĂ© qui techniquement s’est assaini, c’est intĂ©ressant pour ceux qui peuvent se permettre d’avoir un peu de volatilitĂ© car le point d’entrĂ©e n’est pas mauvais. Ce sera plus difficile pour les actifs non cotĂ©s, mĂȘme si “visuellement” c’est trĂšs beau.
On contrĂŽle nos actifs, on les rĂ©alloue. On limite vraiment la collecte sur nos produits les plus agressifs. C’est trĂšs important : attention aux paquebots qui auront du mal Ă  contrĂŽler leur passif ! Pour eux, ce sera beaucoup plus difficile de naviguer dans ces marchĂ©s.
Ce qui va le plus souffrir : les connexions liĂ©es au vieux monde. Les plus connectĂ©es au QE. Ces solutions-lĂ , il faut en sortir, sauf si l’équipe qui la gĂšre dĂ©cide de changer. Tout ce qui est trop sensible au taux d’intĂ©rĂȘt, qui a trop profitĂ© des taux bas
 cela a trĂšs bien fonctionnĂ© mais c’est le moment de se poser la question d’aller sur autre chose.
Il y a trĂšs peu d’investisseurs naturels sur les actions europĂ©ennes. Il n’y a pas de fonds de pensions ou trĂšs peu. Donc difficile de voir le marchĂ© europĂ©en bien performer si le marchĂ© amĂ©ricain ralentit. Mais en relatif, on peut avoir de trĂšs belles surperformances. On en voit cependant en Asie, au Japon, aux Etats-Unis, qui seraient prĂȘts a revenir sur l’Europe. Ils attendent juste d’ĂȘtre un peu rassurĂ©s pour revenir d’ici quelques mois. Une fois les Ă©lections europĂ©ennes passĂ©es, le simple fait qu’il n’y ait plus grand chose dans les radars devraient rĂ©-aiguser l’appĂ©tit des investisseurs.
Le Brexit c’est un problĂšme pour les Anglais. C’est une balle dans le pied pour eux. C’est maintenant que les boĂźtes dĂ©cident de bouger et c’est maintenant que H2O ouvre un bureau Ă  Paris. L’annĂ©e 2019 pour l’Angleterre est trĂšs difficile de ce point de vue-lĂ . Ce qu’il faut retenir : c’est pas “hard” ou “soft”, c’est pas le dĂ©bat. C’est surtout que ça va ĂȘtre long ! Et pour les boĂźtes, c’est juste pas possible. On ne peut pas ĂȘtre dans l’incertitude donc tout le monde bouge : JP Morgan, Goldman Sachs
 C’est trĂšs positif pour l’Europe et Paris est devenue la destination favorite des « high skilled individuals Â».

Mehdi Rachedi le relance : « Tu parlais de problÚmes de capacité, quelles sont les pistes de croissance pour les produits H2O ? »

« Ce ne serait pas bon pour nous et nos investisseurs d’ĂȘtre trop gros. Ça a pĂ©nalisĂ© d’autres maisons. Mais on a lancĂ© de trĂšs beaux produits actions, long-short, qui complĂštent bien notre gamme. On a des produits de niche “Barry” qui peuvent faire des rendements solides juste en arbitrant tout le merdier du marchĂ©. Un marchĂ© tout cassĂ©, ça veut dire plein d’opportunitĂ©s d’arbitrage. Ce qui est pas mal est qu’on a rĂ©cupĂ©rĂ© les traders de banque. On en a 6 qui ont 20/25 ans d’expĂ©rience et qui font le mĂ©tier qu’ils faisaient dans les banques, avec les produits H2O » rĂ©pond Vincent Chailley.

Le cÎté obscur des banques centrales

Londres, le 8 décembre 2017

Bonsoir

Reporting Mars, bonne lecture

Bonsoir Ă  tous

Pour les Pro d’internet, il y a une superbe intervention du patron et gestionnaire des fonds H2O multibonds et MultistratĂ©gies sur BFM vers 16h45.

Si vous pouvez le mettre sur le forum
Merci et bonne soirée

Bonsoir Ă  tous

PrĂ©sentation sur BFM du fonds H2O Multibonds composition et notation vers 11h50. Question je pense d’un client Linxea.

Didier si je peux me permettre de te demander de mettre le lien. Merci d’avance

Bonne nuit

Bonsoir Franckielestore

H2O patrimoine s’appelle H2O multistratĂ©gies maintenant

Oui, sacrĂ© dĂ©rouillĂ©e quand mĂȘme sur les fonds H2O. Ça va en Ă©chauder plus d’un la volatilitĂ© chez ce gĂ©rant.

Bonjour,

une question bĂȘte, vous la trouvez oĂč la cotation des diffĂ©rents fonds H20 ?
Les différents sites que je consulte donne une cotation différée à 2 à 5 jours.

Vous avez mieux ?

Le fait que les fonds H2O soient spĂ©culatifs n’était pas un secret pour les souscripteurs mais leur plongeon a certainement surpris ceux qui, aveuglĂ©s par leurs performances sans commune mesure avec les autres fonds, l’avaient souscrit sans comprendre.
Cette désillusion est celle aussi de ceux qui se lancent pour spéculer par exemple dans les marchés des dérivés sans aucune connaissance ou encore dans Forex.
Faut-il les vendre ces fonds? Peut-on faire encore confiance Ă  l’équipe dirigeante? C’est Ă  chacun de dĂ©cider en fonction de son objectif, de son appĂ©tence pour les risques, de son patrimoine, de ses connaissances etc.

Ceux qui (particuliers et fonds) continuent Ă  acheter les actions GAFAM en espĂ©rant que les arbres monteront toujours plus haut, sont-ils plus conscients que ceux qui ont souscrit les fonds spĂ©culatifs d’H2O?

Pour rappel, TESLA est aujourd’hui à presque +700 % en 1 an et pas loin des +15000 % en 10 ans! Loin devant APPLE qui n’est que à +1000 % en 10 ans.
Et le conseil des analystes reste à renforcer ou à acheter


Aujourd’hui il y a encore beaucoup de fonds classiques qui sont à -20 ou 30 % à trois ans. En ce qui me concerne, certains fonds H2O que j’ai en portefeuille sont toujours en territoire positif par rapport à mon prix d’achat en 2018
 Comme j’investis pour le long terme, je garde.

Je pense que c’est Ă  chacun de faire son propre bilan et de revoir avec luciditĂ© ses propres objectifs et prioritĂ©s et surtout de garder ses pieds Ă  terre en se disant que mĂȘme les sĂ©quoias gĂ©ants centenaires ne montent pas jusqu’au ciel et ne sont pas immortels mais sĂšment tout de mĂȘme leurs graines qui repoussent par la suite


Cordialement

Je n’ai aucun intĂ©rĂȘt ni intention de prendre la dĂ©fense d’H2O et encore moins de Lars Windhorst.
Je voulais simplement attirer l’attention sur le fait que quand on est dans la spĂ©culation, il faut en ĂȘtre conscient et prĂȘt Ă  perdre beaucoup aussi. Donc de ne miser que ce dont on est prĂȘt Ă  perdre et sur ce qu’on comprend.
En plus, il faut ĂȘtre aussi conscient que la spĂ©culation financiĂšre et l’économie rĂ©elle sont deux mondes Ă  part. ComplĂ©tement dĂ©corrĂ©lĂ©s actuellement. La terre entiĂšre et les Ă©conomies qui signet et les indices qui font la fĂȘte


Concernant les actions techs comme Tesla, elles devraient thĂ©oriquement ĂȘtre bien plus ancrĂ©es dans l’économie rĂ©elle que les fonds H2Omais force est de constater que c’est de moins en moins le cas.
Je veux bien entendre l’argument des mutations structurelles de l’économie, mais il faut se rendre Ă  l’évidence qu’il n’y a pas que le temps qui s’est accĂ©lĂ©rĂ© mais que les amplitudes des mouvements sont aussi de plus en plus stratosphĂ©riques.

Pour ceux qui ont vĂ©cu la bulle internet de 2000 cela rappellera certainement des mauvais souvenirs. Le rapport cours/bĂ©nĂ©fice de Microsoft avait atteint 50 et celui de Cisco 200 !! 20 ans plus tard, ceux de ces stars de l’époque qui ont survĂ©cu ne valent que la moitiĂ© de leurs valeurs de l’époque. Alors que pour les 8 plus grands constructeurs automobiles le rapport cours/bĂ©nĂ©fice n’est que 18 aujourd’hui, pour Tesla nous sommes Ă  1400 !! L’action est 1400 fois plus cher que les bĂ©nĂ©fices
 Sans oublier que leur part de marchĂ© est moins de 1%.

Cordialement

H2O AM le plongeon d’une sociĂ©tĂ© de gestion star

Ces derniĂšres annĂ©es, H2O AM avait Ă©tĂ© une sociĂ©tĂ© de gestion vedette grĂące aux performances exceptionnelles rĂ©alisĂ©es par ses fonds. Cela lui avait permis d’afficher encours de 33 milliards d’euros en juin 2019. Mais ces rĂ©sultats ont Ă©tĂ© obtenus au prix de risques trĂšs Ă©levĂ©s, avec le recours Ă  des effets de levier trĂšs importants sur les marchĂ©s dĂ©rivĂ©s.

Suspension de cotation

Cela explique leur effondrement en mars 2020, lorsque les gĂ©rants ont Ă©tĂ© totalement pris Ă  contre-pied par la baisse Ă©clair des marchĂ©s. Au plus bas de l’annĂ©e, les replis atteignaient 45 % pour H2O Moderato, 52 % pour H2O Multibonds, 76 % pour H2O Multiequities et 78 % pour H2O Multistrategies, soit des chiffres rarement vus en gestion collective.

Toutes les stratĂ©gies mises en place en dĂ©but d’annĂ©e 2020, qui reposaient sur la conviction que les tendances macroĂ©conomiques en cours allaient se poursuivre, ont Ă©tĂ© prises Ă  contre-pied par la dislocation des marchĂ©s financiers, d’une violence quatre fois supĂ©rieure Ă  celle observĂ©e en 2008 ! Les modĂšles de risques mis en place par H2O AM ne pouvaient pas l’avoir anticipĂ©e.

Pis, en raison de la dĂ©tention en portefeuille d’actifs illiquides, difficilement valorisables, dont le poids s’est mĂ©caniquement accru Ă  la suite de la baisse des autres actifs, la sociĂ©tĂ© a dĂ» suspendre, Ă  la demande de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers, la cotation de plusieurs de ses fonds fin aoĂ»t pour plusieurs semaines, le temps de transfĂ©rer ses titres dans une structure Ă  part afin de les cĂ©der dans des conditions plus favorables.

Ces dĂ©sillusions, mĂȘme si les fonds se sont redressĂ©s ces derniers mois et, pour certains, ont limitĂ© leur perte en 2020, ont conduit Natixis, actionnaire de contrĂŽle (50,01 %) de H2O AM, Ă  mettre en vente sa filiale. Elle pourrait ĂȘtre reprise par ses dirigea
Retour en haut