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CSG sur le capital : les placements ciblés par la hausse et ceux exonérés

Face au tollé engendré par la hausse de la CSG sur la totalité des revenus du capital, le gouvernement a revu sa copie. En ressort un texte, adopté jeudi soir, qui épargne certains secteurs et certaines enveloppes fiscales au détriment d’autres.

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La contribution sociale généralisée sur les revenus du capital serait maintenue au taux de 9,2 % sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières. (Photo Stephane Lemouton/SIPA)

Par Marie-Christine Sonkin

Publié le 5 déc. 2025 à 11:06Mis à jour le 5 déc. 2025 à 11:39

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La hausse de la CSG sur le capital va-t-elle finalement frapper nos placements ? Pour arracher un compromis, le gouvernement a déposé un amendement cherchant à la fois à « sécuriser des recettes » et « assurer que les classes moyennes ne soient pas impactées », avec un rendement attendu de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale. Il a finalement été adopté par 177 voix contre 84 et 92 abstentions.

Que contient la nouvelle mouture ? L’exposé des motifs précise que « le gouvernement ne souhaite pas pénaliser les épargnants et l’investissement locatif. Par conséquent, il propose de maintenir la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital à 9,2 % sur les revenus fonciers et plus-values immobilières, les revenus issus des contrats d’assurance de vie, les plans d’épargne logement et les contrats d’épargne logement ainsi que les plans d’épargne populaire ».

Pour les autres placements, la CSG passerait donc de son taux actuel de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % qui se composent de la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,5 % et le Prélèvement de solidarité de 7,5 % et de la CSG s’élèveraient donc pour certains revenus du capital à 18,6 %.

L’immobilier et l’assurance-vie épargnés

Vu la crise du logement et l’attrition de l’offre locative, il est logique que le gouvernement n’ait pas voulu donner le coup de grâce à un secteur victime de la fuite des investisseurs particuliers. La pierre échappe donc, cette fois, au couperet d’une nouvelle hausse de la CSG, qu’il s’agisse des revenus fonciers ou des plus-values immobilières.

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DECRYPTAGE - Immobilier : plus-values, taxe foncière, revenus locatifs… vers un big bang fiscal ?

Une bonne nouvelle aussi pour les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) dont les loyers, distribués aux associés sont essentiellement assujettis à l’impôt au titre des revenus fonciers.

De même l’assurance-vie (idem pour les contrats de capitalisation en l’état actuel du texte) offrira son enveloppe protectrice non seulement au fonds en euros à capital garanti mais aussi aux gains issus des unités de compte, ce qui crée clairement une distorsion de traitement par rapport à d’autres enveloppes comme le compte titre ordinaire (CTO) ou le Plan d’épargne en actions (PEA) qui seront eux taxés.

Reste enfin expressément exclus de la hausse, les produits du plan d’épargne populaire (PEP). Ce produit d’épargne n’est plus commercialisé depuis le 25 septembre 2003. Il concerne donc désormais assez peu d’épargnants.

La grande interrogation porte sur le PER, plan d’épargne retraite qui n’est pas cité. Pour Jean-Yves Mercier, vice-président du cercle des fiscalistes, « il doit être exonéré lorsqu’il prend la forme d’un contrat d’assurance, mais ce ne devrait pas être le cas s’il se présente sous la forme d’un PER bancaire »…

Les produits assujettis à la hausse

Attention, certains placements cités dans l’exposé des motifs comme étant exonérés de cette hausse peuvent être seulement partiellement concernés. Ainsi, selon Jean-Yves Mercier, « les intérêts de PEL échappant à la hausse sont ceux qui sont déjà exonérés d’impôts », en l’occurrence les intérêts pour les 12 premières années du plan des PEL ouverts jusqu’au 31 décembre 2017.

Sont en revanche directement concernés les plus-values, intérêts et dividendes détenus dans un compte titre ordinaire ou encore dans le PEA. Seraient aussi visées les plus-values sur les biens meubles ou encore celles réalisées sur les cryptos.

Découpage complexe

Ces distorsions de traitement vont encore introduire de la complexité dans le traitement fiscal des placements, l’inverse que ce que le président de la République avait institué au début de son premier quinquennat avec la création d’une «flat tax » de 30 %, un chiffre rond réunissant un impôt sur le revenu de 12,8 % et des prélèvements sociaux de 17,2 %.

Cette complexité serait-elle pour autant juridiquement conforme ? Pour Jean-Yves Mercier, « s’il existe déjà quatre taux de CSG sur les retraites, on peut imaginer des taux différenciés sur les placements. Le cloisonnement opéré répond à une logique. Il vise à encourager certaines formes de détention au détriment d’autres présentant un moindre intérêt pour l’économie française. »

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Marie-Christine Sonkin

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La nouvelle hausse de la CSG (qui ne fait qu’augmenter depuis 30 ans alors qu’elle était censée être temporaire) sur toutes les enveloppes d’épargne où le simple particulier peut investir en actions est un véritable scandale : PEA, CTO, PEE et PER vont ainsi voir leur fiscalité encore augmenter.
Et dans le même temps, les Assurances Vie ne seront pas concernées, alors qu’elles sont à 90% investies en fonds euro, placement stérile qui ne participe en rien au financement des entreprises et à l’économie au sens large.
C’est un paradoxe absolu : on demande aux particuliers d’être actionnaires pour participer au financement et au capital des entreprises, ce qui en plus permet de palier à la fin programmée de la retraite par répartition, et dans le même temps on les taxe encore plus quand ils le font.
Et les députés LR n’ont pas voté contre cette mascarade, on a vraiment la droite la pus bête du monde, qui marche main dans la main avec la gauche pour toujours plus pénaliser les particuliers qui épargnent et investissent, en les taxant de salauds de riches et de méchants capitalistes.
Ce pays est complètement fou, il court à sa perte, mais il l’aura bien cherché et mérité quand il n’y aura plus que des pauvres qui auront été tondus et re tondus.

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La passion du moment pour notre gouvernement c’est le gadget du thermostat obligatoire (pas obligatoirement connecté contrairement à ce qu’on veut faire croire) mais dont l’installation réelle ne pourra faire l’objet d’aucun contrôle pour un particulier car n’importe qui ne peut rentrer chez une personne sans son autorisation (sauf mandat de perquisition). Pour ceux qui accepteront ce truc, ça génèrera de la TVA intéressante pour l’état.
Les inspecteurs du fisc du temps de la redevance télé en faisaient les frais si la personne connaissait ses droits.
De nos jours en chauffage électrique tous les radiateurs vendus ont déjà une programmation horaire avec un thermostat très précis.

Encore certainement des décisions prises par des bureaucrates ou écologistes déconnectés de la réalité.
Laisser les gens vivre sans leurs imposer un tas de choses inutiles ou gadgets ne posants que des problèmes une fois qu’ils ont vieilli un peu.

Comme Gilles le précise nombre de radiateurs électriques sont déjà équipés de programmateurs hebdomadaires

On va également imposer des thermostats sur les radiateurs à eau que l’on va vouloir régler au 1/2 degré prêt voir encore plus précisément alors que la vanne mécanique qui sera commandée n’a qu’un réglage grossier qui de plus se bloque parfois par encrassement… Sans compter les piles à remplacer régulièrement dans des logements qui sont parfois loués et dont les locataires ne savent dans certains cas pas s’en servir correctement…

Et pour les logements avec plancher chauffant on va également imposer ce type de thermostat pour chaque pièce ??? Alors que ce mode de chauffage a une certaine inertie liée à sa conception…

On marche sur la tête pour faire plaisir certains écologistes ou autres. Les gens gèrent déjà le chauffage de leur logement en fonction de leur mode de vie et leurs moyens financiers pour se chauffer.
A mon humble avis, un thermostat central avec programmation hebdomadaire dans une pièce et robinets thermostatiques classiques sur les radiateurs est largement suffisant pour les systèmes de chauffage à eau, après pour les systèmes électriques les réglages peuvent être réglés
plus précisément mais ce n’est pas parce que vous aurez réglé une certaine température sur un ou des radiateurs que vous aurez la température demandée à chaque endroit de la pièce (vitrage, mur plus froid…)

Ce n’est que mon avis.

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Désolé
on sort du sujet de l’Assurance Vie

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Bonjour,
Oui mais ça reste un sujet relatif au budget de chacun et de l’état vu la TVA que ça pourrait faire rentrer si des « clients » s’y soumettent (installation faite ou pas incontrôlable dans la réalité).

Créer des obligations inutiles c’est en quelque sorte une manière discrète d’augmenter la fiscalité (TVA, cotisation patronales des installateurs…)

Bonjour,

Je vous souhaite à tous une Bonne et Heureuse Année 2026.

Je souhaiterais ouvrir une nouvelle AV sachant que je possède déjà Spirit 2,
j’hésite en Avenir 2 et Linxea Vie ?
Quel est l’avis des expert concernant ces 2 contrats (ces 2 assureurs),
lequel vous semble le plus intéressant en complément de Spirit 2 ?

Merci d’avance pour vos retours.

Bonjour,

Tout dépend de vos souhaits et objectifs pour cette nouvelle AV. Cherchez-vous des fonds en particulier ou visez-vous une certaine allocation ?

Les 2 sont globalement intéressants mais chaque contrat a des avantages spécifiques. Par exemple si vous comptez investir majoritairement en fonds euro, le bonus de rendement reconduit encore cette année par Generali (+1,5% en 2026+2027) sur les nouveaux versements fait que Linxea Vie sera a priori plus intéressant.

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