Il y aurait beaucoup à dire sur ces sujets. Je me permets de partager quelques réflexions, en ayant bien conscience que chacun a son opinion. Je considÚre que notre systÚme manque de liberté et de cohérence.
Prenons les retraites. Pourquoi ne pas permettre une voie intermĂ©diaire oĂč lâon contribue seulement au minimum vieillesse (par exemple 3 % au lieu des 10 % actuels), tout en finançant soi-mĂȘme sa propre retraite ? Ceux qui savent gĂ©rer leur capital seraient maĂźtres de leur avenir, et ceux qui se trompent conserveraient un filet de sĂ©curitĂ©. Câest un modĂšle qui existe ailleurs, comme en Australie avec la superannuation.
Aujourdâhui, la situation est paradoxale : on nous encourage Ă capitaliser, mais sans offrir de vraie flexibilitĂ©. Pendant ce temps, les mĂ©nages les plus aisĂ©s accumulent dĂ©jĂ un capital suffisant pour gĂ©nĂ©rer eux-mĂȘmes une retraite largement supĂ©rieure aux pensions publiques. Et une grande partie du patrimoine reste concentrĂ©e chez les plus ĂągĂ©s, oĂč il nâest pas consommĂ© mais simplement accumulĂ© grĂące aux intĂ©rĂȘts composĂ©s. RĂ©sultat : moins de circulation Ă©conomique, alors que la TVA est la principale source de recettes publiques.
Ce qui est encore plus incohĂ©rent, câest de promouvoir la capitalisation tout en augmentant la taxation sur les revenus du capital, y compris ceux destinĂ©s Ă la retraite (PER, assurance-vieâŠ), tout en continuant dâaccroĂźtre la dĂ©pense publique malgrĂ© lâĂ©tat des finances publiques.
Je ne suis pas contre une taxation plus forte du capital lorsque les revenus sont trĂšs Ă©levĂ©s. Mais aujourdâhui, lorsquâon travaille, que lâon subit des prĂ©lĂšvements obligatoires trĂšs Ă©levĂ©s, que lâon paie 20 % de TVA, et quâon voit ensuite les gains Ă©ventuels de nos investissements taxĂ©s Ă 32 % (dont 18,6 % incompressibles), il y a de quoi dĂ©courager mĂȘme les investisseurs prudents.
Le vrai problĂšme de la flat tax est quâelle est trop « flat ». Il faudrait une fiscalitĂ© plus progressive, mais uniquement sur les revenus du capital. Par exemple : maintenir les prĂ©lĂšvements sociaux Ă 17,2 % pour tous, puis ajouter une progressivitĂ© supplĂ©mentaire Ă partir de 60 000 ⏠de revenus du capital par exemple. Ce seuil est cohĂ©rent : plusieurs Ă©tudes montrent quâau-delĂ dâenviron 70 000 dollars de revenus annuels, lâeffet sur le bien-ĂȘtre devient marginal.
Autre piste : augmenter la part âimpĂŽt sur le revenuâ de 12,8 % uniquement au-delĂ de certains seuils, ou limiter le montant global de capital, par exemple 500.000 euros, pouvant bĂ©nĂ©ficier dâexonĂ©rations (PEA, AV, PERâŠ), tous supports confondus. En partant de ce constat, on pourrait enfin construire une fiscalitĂ© plus juste, plus lisible et plus cohĂ©rente, avec un objectif simple : encourager ceux qui investissent, sans exonĂ©rer ceux qui vivent presque exclusivement du capital.