DNCA

Un fonds dans le viseur » : Centifolia

Publié le 15 Novembre 2018

En 2018, DNCA Centifolia marque le pas, dans une annĂ©e oĂč les valeurs values connaissent une dĂ©cote historique par rapport aux valeurs de croissance (-10% environ).

En effet, c’est la premiĂšre fois depuis la crĂ©ation du fonds que l’équipe de gestion constate une telle dĂ©cote sur les ratios de valorisation du portefeuille (VE/EBITDA : 5,4 pour le fonds vs 8,9 pour le CAC 40 et 7,1 en moyenne de long terme de l’indice de rĂ©fĂ©rence), alors mĂȘme que les rĂ©sultats publiĂ©s sont plutĂŽt bons.

MalgrĂ© le contexte, le fonds a conservĂ© son exposition concentrĂ©e sur des valeurs dĂ©cotĂ©es (40 valeurs, dont les 10 premiĂšres reprĂ©sentent la moitiĂ© de l’actif net) et dont la visibilitĂ© Ă  moyen terme est bonne. Ce dernier a connu peu de changements cette annĂ©e. Il s’appuie toujours sur un socle dĂ©fensif basĂ© sur la santĂ©, les tĂ©lĂ©communications, l’agroalimentaire et les mĂ©dias.

Depuis septembre, cette poche a lĂ©gĂšrement Ă©tĂ© rĂ©duite au profit des valeurs cycliques, mĂȘme si l’équipe de gestion reste prudente. Elle estime qu’il est encore trop tĂŽt pour que la rotation sectorielle se matĂ©rialise.

Certains renforcements ont ainsi Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s comme sur BNP Paribas ou sur Total. Les gĂ©rants apprĂ©cient le niveau de valorisation attractif de la sociĂ©tĂ© pĂ©troliĂšre, en complĂ©ment d’une distribution du dividende stable depuis 35 ans.

Au final, la dĂ©cote actuelle offerte par les anomalies de marchĂ©, illustre une rĂ©serve de valeur d’environ 37%. « Prudence, Patience, PersĂ©vĂ©rance », la maxime de l’équipe de gestion qui explique le succĂšs de Centifolia depuis 2002, semble bel et bien ĂȘtre toujours d’actualitĂ©.

Rédigé le 12 novembre 2018 par Céline Leurent, Responsable Analyste FinanciÚre chez NORTIA.

Jean-Charles MĂ©riaux (DNCA) : « Il y a 2 types de personnes qui perdent de l’argent en bourse : ceux qui ne savent rien et ceux qui savent tout »

Publié le 24 Janvier 2019

A fin 2018, DNCA gĂšrait 23,5 milliards €. Une lĂ©gĂšre baisse par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente mais qui n’est due qu’à l’effet marchĂ©, la collecte nette s’élevant Ă  750 millions €. La sociĂ©tĂ© propose 31 fonds sur 5 types d’expertises. Les Ă©quipes comprennent 122 collaborateurs dont 36 gĂ©rants et analystes.

L’ISR , une expertise dĂ©sormais clĂ© chez DNCA

Contrairement Ă  nombre de sociĂ©tĂ©s de gestion, DNCA ne prĂ©tend pas que l’Investissement Socialement Responsable « fait partie de l’ADN » de la maison. « Cela faisait un certain temps que les investisseurs institutionnels nous challengeaient sur l’ESG » reconnaĂźt le Directeur GĂ©nĂ©ral Eric Franc, qui constate que ce sont surtout des grandes sociĂ©tĂ©s de gestion qui se sont positionnĂ©es sur le segment. « A l’exception de Sycomore qui est la seule boutique Ă  avoir Ă©tĂ© sur l’ESG assez tĂŽt. C’est pour cela que l’on a dĂ©cidĂ© d’y aller » explique-t-il.

Le virage a donc Ă©tĂ© pris par DNCA l’annĂ©e derniĂšre et l’offre ISR proposĂ©e est dĂ©jĂ  l’une des plus complĂštes du marchĂ©. L’arrivĂ©e de LĂ©a Dunand-Chatellet (ex Sycomore et ex Mirova) en tant que Directrice du pĂŽle Investissement Responsable a permis de restructurer la gamme existante tout en incorporant de nouvelles solutions d’investissements. Le pĂŽle ISR gĂšre plus de 500 millions € et deux nouveaux produits viennent complĂ©ter l’offre : Semperosa (fonds actions eurozone Ă©ligible au PEA) et Alterosa (un des premiers fonds patrimonial ISR). Ce-dernier (« l’autre Eurose ») est une solution flexible pour l’investisseur sensible Ă  l’approche responsable. « Avec DNCA Invest Beyond Alterosa, on a voulu quelque chose de trĂšs ancrĂ© en termes d’ISR avec une fourchette 0-50% actions, donc un peu plus exposĂ© qu’Eurose » prĂ©cise LĂ©a Dunand-Chatellet.

Gestion Alternative : un nouveau cycle dans la continuité

Chez DNCA, les fonds absolute return ont souffert en 2018 avec des performances comprises entre -10% et -20%. L’équipe s’est rĂ©cemment rĂ©organisĂ©e avec dĂ©part du Directeur du pĂŽle Performance Absolue. « Cyril Freu nous a annoncĂ© qu’il souhaitait prendre du recul sur notre mĂ©tier. Il n’a pas su gĂ©rer la pression suite aux mauvaises performances. Mais la stratĂ©gie performance absolue reste clĂ© pour nous et c’est pour cela que l’on n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  aller chercher un nouveau talent » dĂ©taille Eric Franc en rĂ©fĂ©rence Ă  l’arrivĂ©e de Pierre Valade.

Une Ă©quipe qui se rĂ©unit plutĂŽt qu’une Ă©quipe qui se dĂ©couvre car Mathieu Picard (GĂ©rant chez DNCA depuis 2009) connaĂźt Pierre Valade depuis plus de 15 ans. Le premier prend la responsabilitĂ© de Miuri, Velador et Venasquo alors que Pierre Valade s’occupera de Miura.

La gestion reste donc dans la continuitĂ© des processus. « On reconnaĂźt que 2018 est une annĂ©e exceptionnellement negative, mais ça ne sert Ă  rien de tout jeter et de tout remettre en cause. Il faut continuer Ă  faire ce que l’on sait faire » confirme Mathieu Picard. Il maintient ainsi l’approche basĂ©e sur la valorisation et la connaissance des sociĂ©tĂ©s avec un stock picking qui reste au cƓur de la stratĂ©gie.

Mais comment explique-t-il les stratĂ©gies qui ont mal fonctionnĂ© ? « On a fait un « post mortem Â», et il y a 2 choses qui ont mal fonctionnĂ© principalement » poursuit Mathieu Picard. D’une part, les anticipations de rĂ©sultats ont Ă©tĂ© plus nĂ©gatives que prĂ©vues (exemple Saint Gobain), d’autres part, certains secteurs ont Ă©tĂ© particuliĂšrement pĂ©nalisĂ©s mais DNCA pense que certaines entreprises continuent d’y avoir une bonne orientation (exemple TF1).

Si les objectifs de volatilitĂ© des fonds ont Ă©tĂ© respectĂ©s, le stock picking a donc Ă©tĂ© dĂ©faillant. Mais la gestion reste confiante pour l’annĂ©e Ă  venir et entame 2019 avec plus de 50% du portefeuille en lignes value. « Les Ă©lastiques sont extrĂȘmement tendus et on espĂšre fortement rattraper le temps perdu » confessent les gĂ©rants.

Perspectives macroĂ©conomiques et stratĂ©gie d’investissement 2019. Les phrases-clĂ©s de Pascal Gilbert et Jean-Charles MĂ©riaux


Pascal Gilbert, gérant obligataire :

La croissance mondiale 2018 a été révisée à la baisse de seulement -0,3% par rapport aux prévisions du FMI en janvier 2018. Dans le détail, les Etats-Unis ont été révisés à la hausse de +0,2%.
Fin 2017, on Ă©tait sur l’alignement des planĂštes avec une synchronisation de la croissance puis une dĂ©synchronisation. Aujourd’hui on a une resynchronisation
 Ă  la baisse. Mais cela reste des croissances positives.
Il y a 20% d’économistes moutonniers qui anticipent la rĂ©cession pour 2019, c’est Ă  dire 2 trimestres consĂ©cutifs en croissance nĂ©gative. Avec ces prĂ©visions de croissance, ça veut dire que les trimestres qui suivent vont ĂȘtre extrĂȘmement positifs. Nous ne croyons pas du tout Ă  une rĂ©cession, mais un ralentissement est possible.
Quand on nous prĂ©dit une rĂ©cession amĂ©ricaine mais que l’on regarde le taux de chĂŽmage Ă  3,5% avec des salaires qui commencent Ă  remonter car ce taux devient incompressible, on a un pouvoir d’achat qui sera le pilier de la croissance 2019. Notre prĂ©vision est une croissance forte du pouvoir d’achat aux Etats-Unis et peut-ĂȘtre mĂȘme encore davantage en zone €.
Les Ă©conomistes adorent prĂ©dire le hard lending chinois. C’est peut-ĂȘtre notre cĂŽtĂ© occidental qui souhaite que la Chine ralentisse. Mais non ! Ils importaient 30% de leur PIB et c’est dĂ©sormais 14%. Donc si demain il y a un ralentissement en Chine, ils seraient moins touchĂ©s qu’auparavant et l’impact resterait mesurĂ© sur les autres Ă©conomies. ArrĂȘtons de regarder le +6,3% ou le +6,4% en Chine. On aime bien se faire peur mais il faut prendre un peu de recul.

Jean-Charles Mériaux, Directeur de la Gestion :

2018 a Ă©tĂ© une annĂ©e Ă©prouvante avec trĂšs peu d’endroits oĂč se cacher. Les deux seules classes d’actifs qui s’en sortent : l’Or en € et le bund allemand.
Le 4Ăšme trimestre a Ă©tĂ© un des pires de l’histoire boursiĂšre, presque au niveau de 1987 et 2008. Au mois de dĂ©cembre, il n’y a eu aucun respect de la tradition de la trĂȘve des confiseurs avec une baisse qui s’est accentuĂ©e.
Est-ce qu’on n’est pas en train d’assister Ă  des tendances de moyen terme sur les classes d’actifs actions et obligations qui font qu’elles ne sont plus ce qu’elles Ă©taient dans les derniĂšres dĂ©cennies ? Il y a eu 35 ans de baisse ininterrompue des taux. C’est la fin d’un monde, la fin d’une Ă©poque

On va assister ces prochaines années à une redistribution des créanciers obligataires en faveur des débiteurs.
DeuxiĂšme forme de redistribution : le recul de l’idĂ©ologie nĂ©olibĂ©rale dans les pays ocidentaux. Et une redistribution probable de la valeur ajoutĂ©e entre part de la rĂ©munĂ©ration et part des profits.
Faut-il acheter les marchĂ©s sur ces niveaux lĂ  ? Chez DNCA on est naturellement prudents. On ne l’a peut-ĂȘtre pas assez Ă©tĂ© en 2018, bercĂ©s par l’euphorie.
On va aussi assister Ă  une redistribution en style de gestion. Vous allez dire, « on vous connaĂźt chez DNCA, chaque annĂ©e c’est la mĂȘme chose, encore un petit couplet sur la value ». Mais on est Ă  un plus bas relatif, dans une situation oĂč la gestion de type value est trĂšs en retrait par rapport Ă  la croissance. Quel va ĂȘtre le catalyseur ? La value est Ă©troitement corrĂ©lĂ©e aux taux d’intĂ©rĂȘts et elle a besoin d’une remontĂ©e de ces taux. Donc le jour oĂč vous verrez le bund se resserrer, achetez massivement de la value ! De prĂ©fĂ©rence chez DNCA mais vous avez aussi de trĂšs bonnes gestions chez nos confrĂšres.
La victime dĂ©signĂ©e du bear market a Ă©tĂ© le secteur bancaire. Je pense qu’il y aura un retour Ă  la moyenne.
Henry Kaufman (Ndlr H24 : prĂ©sident de Henry Kaufman & Company, Inc. et connu sous le surnom de Dr. Doom) disait qu’il y a deux types de personnes qui perdent de l’argent en bourse : ceux qui ne savent rien et ceux qui savent tout. J’espĂšre que chez DNCA on est entre ces deux catĂ©gories.

Concernant l’allocation d’actifs, DNCA est surpondĂ©rĂ© sur les actions (long value vs qualitĂ©/croissance), le crĂ©dit HY (avec une prime de risque reconstituĂ©e) et positif sur l’Or (« qui reste un trĂšs bon refuge)

« Nous sommes neutres sur le cash qui reste utile dans une position attentiste » ajoute Jean-Charles Mériaux.

Pour le client prudent, Eurose ou DNCA Invest Alpha Bonds ?

La maison de gestion propose deux solutions distinctes dans sa gamme patrimoniale :

DNCA Alpha Bonds est le fonds le plus dĂ©fensif de l’offre. C’est un fonds performance absolue, international, dĂ©fensif et liquide. Son co-gĂ©rant François Collet indique que « cela fait du sens pour les investisseurs de prendre des stratĂ©gies non directionnelles sur le marchĂ© obligataire qui est censĂ© les protĂ©ger. »
Eurose est une porte d’entrĂ©e Ă  un marchĂ© « qui fait trĂšs peur au client particulier », celui des actions. Il dispose de moins « d’outils » qu’Alpha Bonds. « Mais c’est donc plus de temps et moins de chance de se couper les doigts » relate Philippe Champigneulle, co-gĂ©rant du fonds. « Eurose, c’est une maniĂšre d’avoir des actions sans s’en rendre compte. La classe d’actifs trĂšs sous dĂ©tenue, or on peut avoir une belle surprise cette annĂ©e » conclut-il.

Deux solutions complĂ©mentaires qui gĂšrent respectivement 2,5 milliards € et 9,5 milliards € soit plus de la moitiĂ© des encours de la sociĂ©tĂ© Ă  elles deux
 en attendant le prochain « Blockbuster Â» DNCA Invest Beyond Alterosa.

Il faut espĂ©rer que le stockpicking value et la gestion active ne disparaissent pas
 » Igor de Maack (DNCA)

Publié le 20 Février 2019

Igor de Maack, Gérant et Porte-parole de la Gestion de DNCA

Le triangle d’or est une expression globalement utilisĂ© pour dĂ©crire une situation de production anormale et subite de richesse sur un espace gĂ©ographique dĂ©limitĂ©. Elle fut donc usitĂ©e pour symboliser le trafic de stupĂ©fiants entre la Birmanie, le Laos et la ThaĂŻlande et plus rĂ©cemment dans les annĂ©es 1990 pour identifier la bulle spĂ©culative immobiliĂšre qui sĂ©vissait dans les quartiers centraux parisiens. Aujourd’hui, sur les marchĂ©s financiers, ce triangle d’or est symbolisĂ© par trois actifs situĂ©s ou libellĂ©s dans la mĂȘme zone monĂ©taire (les Etats-Unis) : le dollar, les obligations souveraines amĂ©ricaines et
l’or, tous trois considĂ©rĂ©s aujourd’hui comme des actifs refuges. A chaque stress, au moins deux de ces actifs performent et accueillent un afflux de liquiditĂ©s.

Les marchĂ©s actions ne sont pas pour autant dĂ©laissĂ©s en ce dĂ©but 2019 surtout en Europe. La luciditĂ© du dernier trimestre 2018 a permis aux investisseurs de rĂ©ajuster le prix des actifs risquĂ©s et dans un certain sens Ă©galement le prix de la liquiditĂ©. Toutefois, en 2019, les meilleures performances des indices actions restent focalisĂ©es sur des thĂšmes assez Ă©troits : aĂ©ronautique (Airbus), technologie (STM) et luxe (LVMH). Le CAC 40 Dividendes RĂ©investis et plus gĂ©nĂ©ralement les indices europĂ©ens continuent d’offrir par ailleurs une vraie concurrence Ă  la gestion active. Des secteurs entiers de valeurs dĂ©cotĂ©es continuent de sous-performer en Europe (tĂ©lĂ©com, banques).

Il faut donc espérer que le stockpicking value et la gestion active ne disparaissent pas dans un autre triangle
 celui des Bermudes qui engloutissait les vaisseaux et aéronefs.

Un fonds dans le viseur » : DNCA Invest Alpha Bonds

Publié le 8 Avril 2019

DNCA Invest Alpha Bonds a pour objectif, de dĂ©livrer une performance nette de frais supĂ©rieure Ă  l’indice EONIA + 2,5% sur 3 ans avec une volatilitĂ© annuelle infĂ©rieure Ă  5% quelles que soient les conditions de marchĂ©.

Pour cela, le fonds obligataire suit une stratĂ©gie directionnelle long/short visant Ă  optimiser la performance du portefeuille sur la base des anticipations de taux d’intĂ©rĂȘt et d’inflation. Elle s’appuie sur la stratĂ©gie de courbe des taux d’intĂ©rĂȘt, visant Ă  tirer parti des variations des Ă©carts entre les taux longs et les taux courts, et sur une stratĂ©gie d’arbitrage, pour tirer profit de valeurs relatives au sein de diverses classes d’actifs obligataires.

Trois étapes composent le processus de gestion.

Les actifs dĂ©tenus sont pondĂ©rĂ©s en fonction d’un budget de risque. Il repose sur la qualitĂ© et la liquiditĂ© des classes d’actif et des zones gĂ©ographiques. Au prĂ©alable une analyse macroĂ©conomique, puis de la valorisation est rĂ©alisĂ©e. Le fonds sera composĂ© Ă  75% minimum en obligations d’émetteurs de l’OCDE ou du G20. Il pourra Ă©galement ĂȘtre exposĂ© Ă  hauteur de 10% maximum en actions et utilisera des dĂ©rivĂ©s, comme des options, des swaps ou des credit default swap. Enfin, la duration du portefeuille pourra ĂȘtre comprise en -3 et 7, et le risque de change sera limitĂ© Ă  20% des actifs.

Gagner plus quand on gagne et perdre moins quand on perd, voilĂ  l’objectif de DNCA Invest Alpha Bonds, dont nous vous proposons de dĂ©couvrir les trois caractĂ©ristiques principales de ce nouveau-nĂ© dans le paysage obligataire, dont la promesse de dissymĂ©trie prĂ©sente un intĂ©rĂȘt certain pour la gestion patrimoniale.

Pour commencer, son premier attrait rĂ©side dans la liquiditĂ© du fonds. Selon Pascal Gilbert (Ndlr H24 : GĂ©rant du fonds DNCA Invest Alpha Bonds), l’environnement obligataire est devenu plus illiquide en dix ans, en raison d’un dĂ©placement du risque de crĂ©dit des banques de trading aux sociĂ©tĂ©s de gestion ces derniĂšres annĂ©es. Dans ce contexte, les investissements en obligations sont faits via des credit default swap, et la liquiditĂ© du fonds porte ainsi sur le spread de prix du credit default swap (CDS) plutĂŽt que sur la dĂ©tention d’obligations en direct. En complĂ©ment, les Ă©quipes s’appuient sur le Liquidity Score de Bloomberg pour sĂ©lectionner les actifs. Ce dernier Ă©value la liquiditĂ© en fonction de la profondeur du bassin, de la taille des souches, des volumes d’échanges etc. Le portefeuille en moyenne ne dĂ©tiendra que des CDS notĂ©s minimum 90 (vs 95 en moyenne actuellement).

Ensuite, l’équipe de gestion poursuit une logique de valorisation et non de rendement. VĂ©ritable ADN du fonds, la stratĂ©gie d’arbitrage explique par exemple pourquoi le portefeuille n’est aujourd’hui pas exposĂ© aux crĂ©dits d’entreprises, dont les spreads corrigĂ©s du risque taux de dĂ©faut, ressortent faibles par rapport aux spreads des CDS sur obligations.

TroisiĂšme atout du fonds, DNCA Invest Alpha Bonds prend en compte « le coĂ»t du temps » dans l’analyse de la valorisation. Le ratio « ratp » (Ndlr H24 : Risk Adujsted Term Premium) signale une recommandation d’achat lorsque le rapport entre la prime de risque contre l’incertitude (cad le prix forward 3 ans) et la volatilitĂ© historique est attractif, et rĂ©ciproquement. Pour cette raison, l’équipe de gestion est restĂ©e neutre suite aux annonces de la FED de dĂ©cembre dernier. Cette derniĂšre prĂ©voyait une obligation 5 ans amĂ©ricaine entre 0,75% et 1%, quand le TIPS (l’indice des obligations d’Etat amĂ©ricaines indexĂ©es sur l’inflation) Ă©tait dĂ©jĂ  de 1%.

La performance 2018 de DNCA Invest Alpha Bonds s’explique autant par la gestion active des expositions que par la prudence des gĂ©rants dans une pĂ©riode de constitution du fonds. Si leurs scĂ©narii macro/valorisation ont fonctionnĂ©, la faiblesse du rĂ©sultat l’an passĂ© s’explique par une faible volatilitĂ© embarquĂ©e, rĂ©duisant ainsi le potentiel du fonds (performance de -0,57% vs -1,13% avec 1,56% de volatilitĂ© depuis son lancement en dĂ©cembre 2017). Les gĂ©rants sont dĂ©sormais sereins d’instaurer la gestion en budget de risque souhaitĂ©e et gĂ©nĂ©rer ainsi une plus grande dissymĂ©trie.

Rédigé par Céline Leurent, Responsable Analyste FinanciÚre chez NORTIA.

Un fonds dans le viseur » : Eurose

Publié le 6 Mai 2019

Chaque semaine, Nortia vous propose un commentaire dĂ©taillĂ© d’un OPCVM prĂ©sent sur ses contrats, d’aprĂšs une analyse quantitative et qualitative. L’occasion de dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir une gestion de qualitĂ© ou une nouvelle classe d’actifs pour de futurs investissements.

Trajectoire

AprĂšs une annĂ©e 2018 dĂ©cevante pour Eurose, comme pour la quasi-totalitĂ© des fonds flexibles prudents, il traverse l’annĂ©e 2019 en conservant un positionnement pro-actions et prudent sur les obligations. Jean Charles MĂ©riaux est serein face Ă  des perspectives de rebonds satisfaisantes. En effet, le portefeuille gĂ©nĂšre actuellement un rendement du dividende de 3,3 %, il profite d’une dĂ©cote actions favorable ainsi que d’une amĂ©lioration du rendement obligataire (1,4 % YTD vs 0,5 % dĂ©but 2018).

Ligne de mire

LimitĂ©e Ă  35 % maximum dans le fonds, l’exposition actions demeure actuellement proche des 30 %, et Ă©tant donnĂ©e les niveaux de valorisations attractifs, l’apprĂ©ciation des positions dĂ©tenues pourra alors naturellement faire Ă©voluer l’exposition sans que la gestion n’initie d’acte de renforcement. A titre indicatif, le price earning ratio du fonds est de 12,7 % contre 13,8 % pour l’Eurostoxx 50, tandis que le ratio valeur de l’entreprise/EBITDA ressort Ă  5,6 % vs 9,10 % pour l’indice.

Le rendement de la poche obligataire n’est pas en reste, et s’est Ă©galement amĂ©liorĂ© tout en restant investi sur des titres investment grade (43,6 %). Depuis la fin 2018, les gĂ©rants ont su saisir des opportunitĂ©s d’investissement dont la valorisation s’était dĂ©gradĂ©e. Les obligations Illiade, Ă©mises en 2017, font figure d’exemple : Ă©mises en avril 2017, ces obligations 3,5 ans proposaient un coupon de 0,625 %. DNCA n’était alors pas rentrĂ©, estimant ce rendement insuffisant. Depuis, la dĂ©gradation de la valorisation initiĂ©e en aoĂ»t dernier a permis aux gĂ©rants de bĂ©nĂ©ficier d’un coupon de 1,5 %. Concernant les obligations souveraines (14 %), le portefeuille est essentiellement tournĂ© vers des titres indexĂ©s sur l’inflation. Au global, la poche affiche une maturitĂ© Ă  2,8 pour un rendement espĂ©rĂ© de 1,52 % et une sensibilitĂ© Ă  1,6.

Impact

En prĂ©sentant une performance annualisĂ©e trois ans de 1,92 % et une volatilitĂ© de 4,68 % (vs 1,65 % pour sa catĂ©gorie et une volatilitĂ© de 3,77 %), Eurose tient toujours ses promesses. Il offre une solution attractive Ă  proposer Ă  vos clients, Ă  la recherche d’un premier pas de diversification de leur portefeuille, en sortie du fonds euros par exemple.

Rédigé par Céline Leurent, Responsable Analyste FinanciÚre chez NORTIA.

Un fonds à redécouvrir : des changements sur DNCA Evolutif


Publié le 17 Mai 2019

DNCA a procĂ©dĂ© Ă  de nouveaux changements afin d’optimiser la gestion d’un de ses fonds phares Ă  savoir DNCA Evolutif.

Le gĂ©rant leader, Pierre Pincemaille est remplacĂ© par Augustin Picquendar prĂ©sent depuis plus de 10 ans sur le fonds. L’objectif affichĂ© est d’apporter plus de flexibilitĂ©. Il est vrai que le fonds Ă©tait restĂ© dans une fourchette de 55-65% d’exposition actions depuis 2 ans. Les conseillers en gestion de patrimoine attendent plus de flexibilitĂ© de la part d’un tel vĂ©hicule. DNCA l’a compris et fait Ă©voluer le process. Selon l’expression consacrĂ©e : « du changement dans la continuitĂ© ».

Quels sont les changements ?

Augustin Picquendar veut utiliser rĂ©ellement les bornes actions 30-100%. Attention, l’idĂ©e n’est pas de faire du trading agressif mais plutĂŽt de retrouver de la flexibilitĂ© afin de crĂ©er de la valeur.
Le fonds aura un biais « value » moins important que par le passé. Le gérant cherche un juste équilibre entre des dossiers « value » et des dossiers « croissance ». Le fonds serait donc plutÎt « blend » en langage gérant.
L’approche sur les secteurs sera beaucoup plus « top down ».
Autre nouveautĂ©, le fonds va s’ouvrir gĂ©ographiquement et ce via des indices. Par exemple les indices S&P 500 ou MSCI Emerging Markets.
Sur la partie crĂ©dit, l’arrivĂ©e de Pascal Gilbert (DNCA Alpha Bonds) a fait bouger les lignes et l’approche Alpha Bonds gagne les autres gestions. DNCA Evolutif va en profiter sur la partie obligataire (0 Ă  70% du fonds).

En rĂ©sumĂ©, DNCA Evolutif se veut un « best of Â» de DNCA.

Quel est le positionnement actuel ?

59% d’exposition actions dont 3% de S&P500 et 2% de MSCI Emerging.
Pas de biais de style, le portefeuille est 50% value et 50% croissance.
Portefeuille actions concentré : le top 10 fait quasiment 40% du portefeuille.
Sur la partie obligataire, le fonds est toujours positionné sur du court terme avec 56% High Yield et 36% Investment Grade. Par ailleurs, le fonds est « short » de -8% de Bund et investit pour 5% dans DNCA Alpha Bonds.

DNCA prĂȘt en cas de retournement de style


Publié le 19 Novembre 2019

Damien Lanternier, gĂ©rant du fonds Centifolia chez DNCA, expose l’écart historique de valorisation entre le style growth et le style value. Cet Ă©cart pourrait selon lui bĂ©nĂ©ficier au fonds Centifolia dans les prochains mois en cas de retournement.

« Nous sommes peut-ĂȘtre arrivĂ©s Ă  un point bas »

Actuellement, l’écart de valorisation entre le style value (valeurs dĂ©cotĂ©es) et le style growth (valeurs de croissance) est historique. AprĂšs avoir surperformĂ© entre 2000 et 2009, le style value a vu sa performance relative nettement diminuer face au style croissance.

L’écart de valorisation est aujourd’hui Ă©norme : le PER (price-earning ratio ou ratio cours sur bĂ©nĂ©fices) de l’EuroStoxx Value (titres europĂ©ens dĂ©cotĂ©s) est deux fois plus faible que le PER de l’EuroStoxx Growth (titres europĂ©ens de style croissance).

Ceci est dĂ» Ă  plusieurs facteurs :

La baisse des taux a eu un impact trÚs clair sur cet écart. En effet, les modÚles de valorisation des actifs prennent en compte les taux : lorsque les taux baissent les flux de trésorerie futurs des entreprises ont un poids plus important dans la valorisation du titre. Le style growth, qui par définition a une croissance future des bénéfices supérieure au marché, est donc avantagé.
L’écartement de valorisation entre le style value et le style growth a aussi Ă©tĂ© poussĂ© par le facteur momentum, ou par la tendance. Les investisseurs ont suivi cette tendance en achetant des titres de style croissance, tout en dĂ©laissant les titres de style value.
Certains secteurs de style value ont déçu comme les banques ou les Telecoms.

MalgrĂ© tout, Damien Lanternier pense que nous sommes peut-ĂȘtre arrivĂ©s Ă  un point bas et ce, pour plusieurs raisons :

« Il y a des excĂšs » et un retour Ă  la moyenne des valorisations devrait s’opĂ©rer.
Le rĂšglement du conflit sino-amĂ©ricain ou du Brexit pourrait ĂȘtre un puissant catalyseur de performance pour le style value. L’économie est aujourd’hui tirĂ©e vers le bas par ces incertitudes d’oĂč la surperformance du style growth (croissance) puisque « tout ce qui est rare est cher ». On comprend qu’en pĂ©riode de faible croissance le style croissance est favorisĂ© alors qu’en pĂ©riode de croissance c’est le style value qu’il faut normalement privilĂ©gier.
Certains secteurs autrefois dĂ©laissĂ©s devraient repartir Ă  la hausse. C’est le cas des tĂ©lĂ©coms, il y a selon l’équipe de DNCA un point d’inflexion Ă  la hausse en termes de pricing du marchĂ©.
Les banques qui ont souffert ces derniÚres années ne devraient pas voir leur situation se dégrader plus avant.
Selon Damien Lanternier, les flux reviendront sur le style value, une fois que le mouvement sera enclenché, il risquera de durer assez longtemps.

Damien Lanternier constate par ailleurs que des écarts existent entre les transactions publiques et les transactions privées (ou le Private Equity). Les petites capitalisations cotées étant beaucoup moins valorisées que celles non cotées.

Centifolia, fonds d’actions françaises, pourrait ĂȘtre la solution

Afin de profiter d’une Ă©ventuelle rotation de style, le fonds Centifolia maintient sa stratĂ©gie :

Le fonds est investi principalement sur des valeurs dĂ©cotĂ©es Ă  l’image de son PER forward qui est de 10,5 alors que celui du CAC40 est de 14,7.
Le fonds est trÚs concentré puisque les 10 principales valeurs du portefeuille représentent 60% du total de ses actifs. On retrouve par exemple à fin octobre Total (9,86%), Sanofi (8,88%) et Orange (6,96%).
Dùs qu’une valeur en portefeuille a une valorisation qui leur parait trop importante, ils la vendent.
Le fonds est balancĂ© entre les valeurs cycliques et non cycliques. Les valeurs cycliques (hors financiĂšres et Ă©nergie) reprĂ©sentent 35% du portefeuille et permettent de bĂ©nĂ©ficier d’une potentielle amĂ©lioration de l’économie via un accord sur le Brexit ou sur le conflit sino-amĂ©ricain.
Le secteur de l’industrie (17,4%) et des services aux consommateurs (16,5%) sont les premiers secteurs du fonds. La santĂ© a derniĂšrement Ă©tĂ© renforcĂ©e Ă  hauteur de 9,1% ; tout comme les tĂ©lĂ©communications (6,8%) et les sociĂ©tĂ©s financiĂšres (12,1%).

L’équipe de gestion reste persuadĂ©e que les actions sont la classe d’actifs Ă  privilĂ©gier puisque c’est la seule Ă  ne pas ĂȘtre valorisĂ©e Ă  sa juste valeur. De plus, comme on peut le comprendre, le style value pourrait retrouver des couleurs.

Le fonds Centifolia qui combine actions et style value pourrait donc avoir sa carte Ă  jouer.

Centifolia : +14,04% YTD

Quel est l’impact du coronavirus sur le fonds DNCA Invest Alpha Bonds ?

Publié le 20 Mars 2020

Pascal Gilbert & François Collet, co-gérants du fonds DNCA Invest Alpha Bonds

Le scĂ©nario envisagĂ© par l’équipe de gestion de DNCA Invest Alpha Bonds au 1er janvier 2020

D’aprĂšs Pascal Gilbert et François Collet, co-gĂ©rants de DNCA Invest Alpha Bonds, l’annĂ©e 2020 a dĂ©butĂ© dans un contexte favorable Ă  la croissance. Les banques centrales se sont toutes montrĂ©es accommodantes en 2019 avec d’importantes baisses de taux, et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis se sont apaisĂ©es. Jusqu’à mi-fĂ©vrier les statistiques de croissance et d’inflation ont validĂ© ce scenario.

Les deux positionnements du fonds : sensibilitĂ© nĂ©gative et haussiĂšre sur l’inflation, semblaient alors trĂšs pertinentes, mais la propagation du coronavirus a contrecarrĂ© les plans de la gestion. En effet, avec la baisse violente des prix du pĂ©trole, cumulĂ©e au stress de propagation planĂ©taire du virus chinois, les taux et les perspectives d’inflation ont reculĂ©. Le fonds a donc fortement souffert : 60% de cette baisse est due Ă  l’effondrement des points morts d’inflation et 25% par les sensibilitĂ©s nĂ©gatives (Allemagne, Royaume-Uni, Canada
).

Les consĂ©quences du virus sur les 4 piliers d’analyse fondamentale de la gamme

Croissance

L’impact macroĂ©conomique de ce genre d’épisodes (virus, attentats, etc.) a Ă©tĂ© souvent peu durable, mais cette fois-ci, malgrĂ© les rapides rĂ©actions des autoritĂ©s monĂ©taires et politiques, on reste dans l’inconnu. La croissance 2020 est sacrifiĂ©e, le redĂ©marrage serait bien sĂ»r au dĂ©part vigoureux mais in fine, on mettra du temps Ă  retrouver le niveau du PIB fin 2019, dans la mesure ou certains secteurs devront se restructurer.

Inflation

La gestion considĂšre le coronavirus Ă  la fois comme un choc d’offre et de demande. Cette crise chinoise devrait contenir la hausse des prix pendant environ 1 an. Cependant, aprĂšs cette pĂ©riode, les gĂ©rants estiment que la hausse des prix reviendra sur une tendance ascendante en raison des nombreux dĂ©fis futurs Ă  surmonter (de production, sanitaire, Ă©cologique, climatique, 
)

Politique monétaire

Cet outil Ă  disposition des banquiers centraux est maintenant moins efficace compte tenu des niveaux trĂšs bas des taux directeurs actuels et en raison des quantitĂ©s dĂ©jĂ  colossales de liquiditĂ©s prĂ©sentes sur le marchĂ©. Cette arme a touchĂ© ses limites mais elle peut faciliter la transmission de la politique budgĂ©taire. Financer la dette publique devrait ĂȘtre son futur rĂŽle, soit ce qui se pratiquait avant l’indĂ©pendance des banques centrales.

Politique budgétaire

Cette arme est celle qui va ĂȘtre privilĂ©giĂ©e pour adoucir le ralentissement Ă©conomique. Elle va l’ĂȘtre de maniĂšre abondante. Elle devrait ĂȘtre plus efficace que les mesures monĂ©taires prises depuis quelques annĂ©es, car elle est plus redistributive et mieux ciblĂ©e, soulignent les gĂ©rants. Par ailleurs, de nombreux pays ont dĂ©jĂ  prĂ©vu une relance : Chine, États-Unis, Hong Kong, Malaisie, CorĂ©e du Sud, Italie, Canada, Pologne
.

Avec la crise actuelle, la gestion a fait Ă©voluer certaines positions. Il n’y a plus de crĂ©dit. Avec les turbulences des marchĂ©s, et la hausse de la volatilitĂ©, certaines dettes d’états se sont rĂ©cemment plus ou moins fortement dĂ©gradĂ©es. C’est le cas de la France et de l’Italie qui ont Ă©tĂ© achetĂ©es ou renforcĂ©es. Avec 100% de dettes gouvernementales, il plus est plus facile pour cette Ă©quipe de gestion de modifier son allocation avec le changement de contexte macroĂ©conomique.

La position indexĂ©e inflation est plus que jamais plĂ©biscitĂ©e. Les points morts d’inflation sont extrĂȘmement bas (mĂȘme niveau que 2008) et l’inflation Ă  moyen terme devrait remonter aprĂšs cet Ă©pisode de coronavirus. L’exposition aux devises a Ă©tĂ© coupĂ©e afin d’allĂ©ger le risque global du portefeuille, sauf pour le Yuan chinois. Au-delĂ  des turbulences de court terme, les convictions de la gestion ont Ă©tĂ© mises en place ou maintenues et, si elles se rĂ©alisent, permettront au fonds d’avoir une rĂ©elle capacitĂ© de rebond.

DNCA Invest Alpha Bonds : -13,71% YTD

La prime de risque sur les actions atteint un niveau particuliÚrement attractif selon ces gérants de DNCA


Publié le 6 Avril 2020

DNCA Evolutif est un fonds d’allocation flexible (30%-100% actions), SRRI 4, qui vise Ă  prĂ©server le capital dans les phases baissiĂšres grĂące Ă  une gestion opportuniste et rĂ©active. Son indice de rĂ©fĂ©rence est le composite 60% Euro Stoxx 50 NR (60%) + 30% FTSE MTS Emu Government bond 1-3 ans + 10% EONIA capitalisĂ© (10%).

AprĂšs avoir dĂ©marrĂ© l’annĂ©e Ă  75% en actions, les gĂ©rants ont rĂ©duit la voilure Ă  38% au dĂ©but de la crise, ajoutant des protections par achat de Put notamment entre mi-fĂ©vrier et fin fĂ©vrier. La part actions a atteint le plancher de sa fourchette Ă  30% le lundi 23 mars.

Depuis, Augustin Picquendar et Thomas Planell, respectivement gĂ©rant et co-gĂ©rant de la gamme Evolutif, ont dĂ©bouclĂ© plusieurs couvertures de portefeuille et acquis quelques convictions fortes en portefeuille. L’exposition aux actions Ă©tait de 45% au 30 mars.

16 mars, le point bas de référence

Augustin Picquendar identifie trois séquences dans les krachs boursiers :

La chute : les indices dĂ©crochent, la volatilitĂ© s’envole pour atteindre un sommet qui marque la capitulation. Pour le gĂ©rant, le point bas du 16 mars est donc un niveau important. Il correspond Ă  un pic de volatilitĂ© extrĂȘme, comme celui du Dax qui atteignit 86 ce jour-lĂ . Il faut remonter Ă  2008 pour retrouver un pareil niveau.
La consolidation : une pĂ©riode de 2-3 mois est gĂ©nĂ©ralement observĂ©e aprĂšs un pic de volatilitĂ© avant que les marchĂ©s se stabilisent. Les indices pourraient varier de 5 Ă  10% chaque semaine, au grĂ© des donnĂ©es de la pandĂ©mie en particulier. Il est possible que les points bas soient retestĂ©s dans les prochaines semaines Ă  l’aune des donnĂ©es sanitaires qui seront publiĂ©es aux Etats-Unis. En Europe, une inflexion s’annonce en France et en Italie, mais le manque de coordination des Etats accroĂźt l’incertitude sur notre continent.
Le rebond : conditionné au recul de la pandémie, il bénéficiera des plans de soutien massifs des banques centrales et des mesures fiscales engagées par les Etats.

Regardons le verre à moitié plein avec quelques bonnes nouvelles

Le financement des banques est bien meilleur qu’en 2008. Les banques, qui furent au cƓur du problĂšme en 2008, seront peut-ĂȘtre une partie de la solution en 2020.
La répartition sectorielle des indices a beaucoup évolué depuis 2008 : les groupes pharmaceutiques et les sociétés technologiques pÚsent nettement plus en 2020, tous deux des secteurs de croissance plutÎt acycliques.
Valorisation : le P/E des indices europĂ©ens tourne autour de 12x, un niveau pas « super attractif » eu Ă©gard aux rĂ©visions baissiĂšres des bĂ©nĂ©fices qui n’ont pas vraiment dĂ©marrĂ©. Certains, comme Goldman Sachs, prĂ©voient mĂȘme une chute de 45% des projections bĂ©nĂ©ficiaires. Le marchĂ© ne partage pas l’avis de la banque d’affaire amĂ©ricaine : jusqu’à prĂ©sent, les avertissements sur les rĂ©sultats ont eu peu d’effet sur les cours, voire les ont fait lĂ©gĂšrement progresser. Les publications de LVMH, Credit Agricole et Saint Gobain en sont quelques exemples.

Gestion de DNCA Evolutif

Partie actions

Le portefeuille a correctement rĂ©sistĂ© Ă  la baisse grĂące sa composition : Ÿ des investissements dans des entreprises en croissance et aucune position dans les secteurs automobile, bancaire et pĂ©trolier.

Thomas Planell relĂšve quelques opportunitĂ©s sur des belles valeurs Ă  forte croissance comme Teamviewer, fournisseur de logiciels pour se connecter Ă  distance sur un ordinateur ou Hellofresh, une « foodtech » proposant un abonnement flexible Ă  son service de livraison de repas. Il rappelle que l’équipe a achetĂ© Reckitt en dĂ©cembre dernier, un groupe positionnĂ© notamment dans la vente de mĂ©dicaments sans ordonnance (automĂ©dication) et l’hygiĂšne domestique. Le groupe a vu ses stocks fondre Ă  grande vitesse en Asie en Ă©cho Ă  la demande exponentielle.

Le portefeuille prend une part croissante Ă  l’international, comme ce fut le cas avec l’achat de contrats futurs sur les indices S&P 500 (5% du fonds) et MSCI Emerging Markets (5%). Ces positions, revendues depuis, pourraient ĂȘtre renouvelĂ©es y compris sur d’autres marchĂ©s internationaux.

Partie crédit

Les Ă©missions d’entreprise ont souffert : le rendement du portefeuille, encore Ă  0,6% en dĂ©but d’annĂ©e, est remontĂ© Ă  3% bien que la duration du portefeuille soit courte.

Les gĂ©rants ont entamĂ© des ventes partielles pour financer les achats d’actions dont le potentiel de gain leur paraĂźt bien plus important que celui des Ă©missions obligataires.

Le fonds a donc retrouvĂ© de la flexibilitĂ©, tout en ayant conservĂ© des couvertures de portefeuille par achat d’option de Vente.

Lors de la séance des questions-réponses, nous avons retenu :

La poche santé comprend notamment 3,5% dans Roche, 2,5% dans Sanofi, 2,5% dans Novo Nordisk et 2% dans bioMérieux.
L’exigence de Bercy de couper les dividendes de certaines entreprises dont l’Etat français est actionnaire ne devrait pas affecter les positions de DNCA Evolutif, dont Airbus, Thales et Safran. Augustin Picquendar observe que la suppression du dividende de Safran n’a pas affectĂ© le titre.
La prime de risque dépasse 10%, un niveau indéniablement attractif pour tout investisseur de long terme, selon les gérants.
DNCA Evolutif PEA devrait Ă©voluer en ligne avec DNCA Evolutif, avec toutefois 10% d’exposition supplĂ©mentaires en action et quelques paris plus marquĂ©s.

Les gĂ©rants d’Eurose font le bilan et Ă©voquent le futur

Publié le 3 Juin 2020

« Le marché est allé beaucoup trop loin dans la dévalorisation du value », selon les gérants de ce fonds star de DNCA.

Philippe Champigneulle (gérant obligataire) et Damien Lanternier (gérant actions) sont récemment intervenus sur un des fonds stars de la gestion de patrimoine : Eurose.

Philippe Champigneulle est confiant sur les marchĂ©s obligataires, ils sont en nette amĂ©lioration depuis les plus bas de la crise. Le segment Investment Grade avait perdu 8 points, il en a dĂ©jĂ  rĂ©cupĂ©rĂ© la moitiĂ©. Sur la partie plus risquĂ©e (High Yield), la perte est de -7% aujourd’hui contre -18% sur les 3 premiĂšres semaines de mars. De plus, la volatilitĂ© a sensiblement baissĂ© ce qui est trĂšs encourageant.

Le gĂ©rant souhaite prĂ©ciser un point important. L’annĂ©e passĂ©e, les rendements Ă©taient trĂšs faibles voire nuls, mais le risque associĂ© Ă©tait considĂ©rĂ© comme quasi inexistant. La crise du Covid-19 a permis de mettre en Ă©vidence la rĂ©alitĂ© de ce marchĂ© (en termes de risque, de volatilité ). Ainsi, si aujourd’hui le risque s’est intensifiĂ© sur les marchĂ©s obligataires, les rendements sont bien plus intĂ©ressants.

DĂšs lors, la gestion se montre trĂšs active sur le marchĂ© secondaire avec notamment certains titres hybrides qui prĂ©sentent des rendements de l’ordre de 5 Ă  8%. Le marchĂ© primaire est Ă©galement intĂ©ressant avec des titres du secteur du transport tels que Peugeot, Continental, Harley, ou encore Amadeus. Le rendement moyen des acquisitions est de 3%, sur des durĂ©es relativement courtes (entre 3 et 6 ans). La partie d’obligations d’entreprises reprĂ©sente dĂ©sormais 50% des encours du fonds (contre 40% en dĂ©but d’annĂ©e), le rendement de cette part crĂ©dit est de 3,3% pour une maturitĂ© moyenne de 2,3 annĂ©es.

La gestion a pu financer ces achats en allĂ©geant les titres indexĂ©s Ă  l’inflation (la poche est passĂ©e de 12% en fin d’annĂ©e derniĂšre, Ă  prĂšs de 5% aujourd’hui). En effet, le risque inflationniste n’est pas significatif Ă  court terme, prĂ©cise le gĂ©rant.

CĂŽtĂ© contribution Ă  la performance, la partie obligataire (dans son ensemble) est responsable aux trois-quarts de la contre-performance (-11,6% depuis le dĂ©but de l’annĂ©e), bien qu’elle ne compose « que » 63% du portefeuille. Cependant, le potentiel de la poche est dĂ©sormais considĂ©rable selon la gestion (rendement Ă  2,9% pour 1,7 de duration).

Concernant la poche actions (25% du fonds), Damien Lanternier rappelle les deux Ă©lĂ©ments guidant les mouvements effectuĂ©s. En premier lieu, l’analyse macroĂ©conomique. Un point plutĂŽt encourageant puisque l’activitĂ© reprend progressivement. Ensuite, c’est la valorisation des titres qui fera foi. Le gĂ©rant a dĂ©cidĂ© de sortir les valeurs ayant bien rĂ©sistĂ© dans la crise (Vinci, Carrefour) pour se renforcer sur le secteur bancaire. Ainsi, BNP Paribas compte pour un peu plus de 3% du fonds. Pourquoi s’ĂȘtre dirigĂ© vers les financiĂšres ? Le gĂ©rant explique ce choix engagĂ© : en plus d’avoir des bilans solides, les valorisations sont au plus bas. De plus, les banques ne sont absolument pas responsables de cette crise, elles pourraient mĂȘme en ĂȘtre la solution.

Autre secteur trĂšs prĂ©sent au sein du fonds, les tĂ©lĂ©communications avec Orange ou encore Bouygues. Concernant cette derniĂšre entreprise, Damien Lanternier juge paradoxale et irrationnelle la sous-performance de son cours et Ă©voque mĂȘme une anomalie de marchĂ©. En effet, l’entreprise prĂ©sente « la croissance la plus Ă©levĂ©e du marchĂ© pour une valorisation parmi les plus basses ». Ainsi, la gestion conserve un biais value avec de faibles niveaux de valorisations. Le P/E ratio (cours sur les bĂ©nĂ©fices) moyen du fonds est Ă  13, l’Ebitda est de 5,8 (contre 10 pour le marchĂ©). « Le marchĂ© est allĂ© beaucoup trop loin dans la dĂ©valorisation du value » selon Damien Lanternier.

En conclusion, le fonds dispose d’un fort moteur de performance obligataire avec un risque limitĂ© (rendement proche de 3% pour 1,7 de duration) ainsi qu’une poche actions plutĂŽt value, comportant des grandes capitalisations faiblement endettĂ©es pour rendement supĂ©rieur Ă  5%.

Doublé gagnant chez DNCA


Publié le 11 Juin 2020

Lambert Demange, Relations Investisseurs chez DNCA Finance, a animé avec le gérant Carl Auffret le point mensuel autour des fonds DNCA Invest Europe Growth et DNCA Invest Norden Europe.

Pour mémoire :

DNCA Invest Europe Growth investit dans des sociétés européennes de croissance et de qualité, avec une grande flexibilité au niveau des capitalisations boursiÚres, des pays ou bien encore des secteurs.
DNCA Invest Norden Europe investit dans une sĂ©lection de valeurs de croissance d’Europe du Nord. La Grande-Bretagne, l’Irlande, le Benelux, la NorvĂšge, la SuĂšde, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche constituent le territoire d’investissement. Ces pays, dont certains notĂ©s AAA, se caractĂ©risent par d’excellents fondamentaux macro-Ă©conomiques : croissance Ă©conomique plus Ă©levĂ©e, faible niveau d’endettement, quasi plein emploi, modĂšles socio-politiques trĂšs stables, des pratiques de gouvernance le plus souvent exemplaires, ainsi qu’un niveau Ă©levĂ© de compĂ©titivitĂ©.

Une surperformance marquée par rapport aux indices de référence :

DNCA Invest Europe Growth B Eur (LU0870553020) : -1,17% YTD contre -10,02% au 9 juin pour le stoxx Stoxx Europe 600 NR
DNCA Invest Norden Europe A Eur (LU1490785091) : +3,40% YTD contre -3,80% au 9 juin (Indice 40% MSCI Nordic + 35% DAX + 15% SMI + 10% MSCI UK TR UK Net Local Currency, libellé en Euro)

Dans les deux fonds, les résultats ont été obtenus avec une volatilité inférieure.

Quels enseignements peut-on tirer des publications trimestrielles ?

« Le premier trimestre est en trompe-l’Ɠil », rĂ©pond Carl Auffret. « Les entreprises ont enregistrĂ© des bons rĂ©sultats en janvier et fĂ©vrier. Il fallait attendre la mi-mars pour relever les premiers impacts importants, qui ont finalement peu comptĂ© dans les rĂ©sultats trimestriels ». La journĂ©e supplĂ©mentaire en fĂ©vrier (2020 annĂ©e bissextile) a mĂȘme profitĂ© Ă  certains secteurs.

En somme, les rĂ©sultats trimestriels ne reflĂštent pas la crise, sauf pour les entreprises exposĂ©es Ă  la Chine comme dans le secteur du luxe. « Nous espĂ©rons qu’il n’y aura pas de deuxiĂšme vague », ajoute Carl Auffret.

Les enseignements

Des secteurs ont été trÚs résilients, souvent comme attendu :

La pharmacie fut Ă  peine touchĂ©e, voire favorisĂ©e par les achats de sĂ©curitĂ© dĂ©cidĂ©s par les distributeurs et les consommateurs. Ce phĂ©nomĂšne se retournera partiellement dans l’annĂ©e.
La nutrition animale, comme chez DSM, et la nutrition humaine enregistrent une accĂ©lĂ©ration de l’activitĂ© au deuxiĂšme trimestre.
Les semi-conducteurs ont surpris en bien. Bien que cyclique, le secteur ne connaĂźtra pas de ralentissement au T1, et au T2 probablement aussi. La demande reste trĂšs forte dans les data centers et l’électronique. Les fondeurs ont besoin d’augmenter la capacitĂ© de production pour satisfaire la demande. Une vision donc mitigĂ©e mais globalement positive.
Des entreprises sortent gagnantes :

  • bioMĂ©rieux, bien que la sociĂ©tĂ© n’ait pas encore enregistrĂ© de chiffre d’affaires sur les tests qui seront mis Ă  disposition au T2.

  • Sartorius Stedim Biotech affiche 21 % en croissance organique et 39% de hausse du carnet de commandes. Les Ă©quipements et les produits Ă  consommation unique sont en forte demande.

  • Reckitt Benckiser annonce 13% de hausse du CA contre 5% attendus. Parmi les matiĂšres premiĂšres utilisĂ©es par Reckitt Benckiser figure le pĂ©trole devenu trĂšs bon marchĂ©.

  • AstraZeneca affiche 17% de croissance au T1, premiĂšre position dans le fonds.

  • La sociĂ©tĂ© suisse Lonza enregistre 5,4% de croissance organique en pharmacie. La chimie qui pĂšse 20% du CA est en forte hausse, soutenu par ses fabrications de gels dĂ©sinfectant.

Parmi les déceptions : Edenred, ThalÚs, Alten, et LVMH.

La valorisation figure dans les 8 critÚres de sélection : des nouvelles lignes en portefeuilles ?

Renforcement de bioMérieux et Lonza.
Achat de Edenred.

En revanche, la rapiditĂ© du rebond n’a pas permis de faire entrer de nouvelles valeurs en portefeuille.

Faut-il conserver 40% du portefeuille dans la santé ou commencer à arbitrer vers les valeurs cycliques ?

Conservation de la pondĂ©ration actuelle dans la santĂ©, compte tenu de leur visibilitĂ© et du risque d’un rebond de la pandĂ©mie.

Pour la partie cyclique, DNCA prĂ©fĂšre attendre pour accroĂźtre le taux d’exposition car il est encore trĂšs difficile d’apprĂ©cier l’ampleur et le timing de la reprise.

Quelles furent les bonnes surprises au T1 ?

Hormis celles dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es pour DNCA Europe Growth, la gestion en a relevĂ© plusieurs dans DNCA Invest Norden Europe. On a d’ailleurs constatĂ© une corrĂ©lation forte entre la maitrise de la pandĂ©mie et la santĂ© des finances publiques.

L’assurance-dommages dĂ©gage des rĂ©sultats excellents : le nombre de cambriolages s’est effondrĂ© grĂące Ă  la prĂ©sence bien plus importante Ă  domicile des assurĂ©s, et les accidents de la route ont aussi chutĂ© de façon spectaculaire.

Les jeux en ligne ont été trÚs actifs. Le suédois Stillfront (jeux en ligne) a mis la main sur Candywriter et Storm8, deux sociétés américaines trÚs performantes.

Avec cette surperformance pour DNCA Europe Growth, que peut-on dire Ă  des nouveaux investisseurs ?

Le timing est naturellement un exercice difficile.

En revanche, il y a en portefeuille des optionalités attractives.

Lonza a un projet avec un partenaire, majoritairement financĂ© par les autoritĂ©s amĂ©ricaines pour lutter contre le Covid-19. En phase 2, il est bien tĂŽt pour anticiper le succĂšs et son avĂšnement. Le potentiel est en revanche considĂ©rable pour Lonza qui, dans ce partenariat, mettrait Ă  disposition une capacitĂ© de production d’un milliard de vaccins.