Chine : que doit-on retenir des annonces de la nouvelle génération de dirigeants chinois ?
RECHERCHE ECONOMIQUE
Rédacteur :
Bei XU
Comme chaque année, le mois de mars est maqué par deux événements politiques importants du pays (Conférence consultative politique du peuple chinois et Assemblée nationale populaire (ANP)). En 2013, ces deux assemblées et notamment l’ANP a été suivie plus particulièrement car elle a validé la nouvelle génération des dirigeants chinois.
A travers différentes communications faites par cette dernière, elle semble marquer un point tournant dans la gouvernance de l’empire du milieu. Le mot « réforme » est l’un des plus souvent prononcés dans les discours, il est d’ailleurs considéré comme une source de croissance importante de l’économie chinoise.
Nous tentons dans ce flash d’apporter notre lecture des annonces importantes ayant des impacts économiques et financiers, à savoir notamment la réforme de la gouvernance du pays (réforme institutionnelle, mesures d’anti-corruption), la réforme financière, la réforme de répartition des revenus.
Certaines réformes devraient être la continuité de celles déjà entamées, c’est notamment le cas de la réforme financière et une partie de réforme de la sécurité sociale. D’autres ont seulement leurs lignes directrices qui sont définies. Nous suivrons de près les mesures concrètes qui sont à annoncer prochainement.
Mise au point tout à fait intéressante aussi sociologique qu’économique ; connaît bien Bei Xu
N.
Bonsoir Nessim,
Merci pour le document de Natixis. Ces réformes ne plaisent pas pour l’instant à la bourse chinoise qui depuis un mois baisse. Peut-on encore croire dans la Chine à court terme, ou faut-il attendre la fin de l’année ?
Comme tu le sais, les exportations chinoises ne vont pas très fort. Les dirigeants comptent donc sur l’augmentation de la consommation domestique et des échanges avec l’Asean.
Pour l’instant, c’est vrai que c’est un peu calme.
Surveillons le PMI…
**L’aversion pour le risque va probablement remonter dans la zone euro : quels marchés financiers vont le plus souffrir ?**RECHERCHE ECONOMIQUE
Rédacteur :
Patrick ARTUS
Nous pensons que l’aversion pour le risque des investisseurs va remonter en raison des évolutions prévisibles dans la zone euro :
révision forte à la baisse des prévisions de croissance pour 2014 ;
révision forte à la baisse des prévisions d’activité à moyen terme ;
dégradation de la situation des banques dans les pays du Sud de la zone euro.
Nous nous demandons, à partir d’une analyse de corrélation avec l’aversion au risque, quels marchés financiers vont profiter, quels marchés financiers vont le plus souffrir de cette remontée de l’aversion pour le risque. S’il y a remontée de l’aversion au risque, il faut :
surpondérer les dettes publiques allemande et française ;
sous-pondérer tous les autres actifs, et surtout :
la bourse française (CAC) ;
la dette publique italienne (BTP) ;
les dettes des banques et les obligations corporates, surtout en Allemagne et en France.
En Chine, comme au Japon, une utilisation inefficace de l’épargne qui finit par réduire fortement la croissance potentielleRECHERCHE ECONOMIQUE
Rédacteur :
Patrick ARTUS
On voit aujourd’hui en Chine un modèle de croissance inquiétant, assez similaire à celui du Japon : il y a excès d’épargne, et l’excès d’épargne est canalisé vers le financement d’investissements publics improductifs.
Au lieu de soutenir la consommation (si le taux d’épargne était plus faible) ou de financer du capital d’entreprise productif, le choix est fait de financer du capital public peu efficace avec le seul objectif de soutenir la croissance à court terme. Mais ce choix, qui utilise l’épargne pour financer du capital peu productif, détruit la croissance de long terme en conduisant à l’accumulation d’un capital improductif trop important. On peut donc prévoir, à moyen terme, un ralentissement de la croissance potentielle de la Chine, comme du Japon.
çà me fait penser à quelqu’un mais je ne sais plus à qui^^^^
N.
Bonjour Nessim,
Merci pour ta réponse. Lorsqu’on lit tes messages, on a envie d’écrire, courage, fuyons, vers les ASEAN. Et pourtant Morningstar propose toujours des fonds Europe.
Vers des taux d’intérêt à long terme encore plus faibles en Allemagne et en France : quels effets ?
RECHERCHE ECONOMIQUE
Rédacteur :
Patrick ARTUS
Nous pensons que les taux d’intérêt à long terme des pays du « coeur » de la zone euro (France, Allemagne en particulier) vont devenir encore plus faibles (ce qui n’est pas la perception des marchés financiers), avec la remontée de l’aversion pour le risque, due à la poursuite de la dégradation de la situation économique, politique, et de la situation des banques des pays du Sud de la zone euro, avec aussi l’anticipation du maintien d’une politique monétaire durablement expansionniste dans la zone euro. Les investisseurs devraient aussi réviser leur vision du rôle de la BCE en cas de crise, ce qui contribuera aussi à la remontée de l’aversion pour le risque.
Des taux d’intérêt à long terme extrêmement bas en Allemagne et en France :
peuvent finalement détourner complètement les investisseurs des placements obligataires, et les pousser encore davantage vers les actions, vers l’immobilier, même vers les liquidités ; ceci se voit déjà sauf pour les institutionnels allemands ;
peuvent aider à soutenir les achats de logements, la construction résidentielle, ce qui se voit en Allemagne ;
comme au Japon, peuvent rendre les gouvernements (au moins en France) assez indifférents vis-à-vis du niveau de l’endettement public.
lettre mensuel de H2O AM d’avril:
Le spectre de 1994
Les marchés obligataires resteront soutenus par des banques centrales durablement accommodantes. La corrélation entre actifs risqués et défensifs l’emporte aujourd’hui dans la détermination de la prime de risque. Tout va bien tant que la corrélation reste très négative… …et l’absence de volatilité finit par nourrir le risque futur. Lorsque la liquidité sera retirée, les obligations souffriront, mais de manière ordonnée… …en revanche, les portefeuilles diversifiés devront faire face à des performances négatives avec
une volatilité en forte hausse… La violence de l’ajustement dépendra de la quantité de positions accumulées sur ce thème
« A titre illustratif, une corrélation (entre actifs risqués et non-risqués) qui redeviendrait positive, comme elle le fut le plus souvent jusqu’à la crise de 2008, entrainerait une multiplication par au moins 3 de la volatilité des portefeuilles diversifiés! Et ce phénomène n’est pas rare : nous en avons eu plusieurs exemples récents avec le pétrole, l’or ou le franc suisse. »
Merci Nessim pour ce papier sur l’argent, pas si réjouissant mais bon…
L’argent subit le double effet kisskool négatif de la chute de l’or et de la chute des matières premières. Si l’un commence à relever la tête (les mat. premières avant ?), ça sera déjà un bon début.
Je reste avec mon ETF argent ainsi qu’avec les mines d’or en portefeuille, et évite de trop les regarder sous peine de déprime… Les choses seraient à refaire ça serait différent pour sûr (surtout en regardant les moyennes mobiles de l’époque, l’achat n’était pas judicieux). Tout ça va tranquillement mûrir en cave, car ce n’est plus le moment de vendre… A ressortir et à boire d’ici deux ans probablement.