Les conséquences pour la France d'une sortie de l'euro

La mesure la plus coûteuse serait sans aucun doute la sortie de l’euro, qui ne se ferait pas sans dévaluation. C’est l’avis de tous les économistes. Notre endettement augmenterait du montant de la dévaluation et les taux d’intérêt s’envoleraient. Nous écartons a priori le scénario dans lequel un gouvernement se mettrait en défaut sur notre dette externe en voulant la rembourser dans la nouvelle monnaie créée car, dans cette hypothèse, nous n’aurions plus accès au marché international des capitaux. La solution du rachat de la dette publique par la Banque de France se traduirait par une inflation galopante qui
ruinerait les épargnants qui ont investi dans des contrats d’assurance-vie, impossible alors d’éviter les dévaluations en série appauvrissant la population. Mais même en excluant ce scénario catastrophe, l’effet d’une sortie de l’euro sur notre économie apparaît extrêmement négatif tant le bénéfice théorique en termes de compétitivité serait écrasé par l’inflation, la fuite des capitaux, le renchérissement de nos importations. La France renouerait alors avec les taux d’intérêt qui prévalaient avant la mise en place de l’euro ; ainsi, une augmentation de 300 points de base (3 %) conduirait à renchérir le coût de la dette de 60 milliards d’euros, soit 30 milliards à cinq ans au vu de la maturité de la dette.

Après la sortie de l’euro, la mise en place de droits de douane et la « contribution sociale aux importations » seraient des chocs aux conséquences désastreuses pour la production française. Miser sur la sortie de l’euro pour rétablir nos positions traduit une méconnaissance des causes de la désindustrialisation française, puisque notre premier déficit commercial provient de la zone euro - 37,8 milliards d’euros en 2014 -, loin devant l’Asie ! La protection de notre industrie par des droits de douanes ne manquerait pas d’entraîner des mesures de rétorsion sur nos exportations (aéronautique, industries de luxe, agroalimentaire). Vouloir développer des industries à l’abri de frontières douanières est illusoire. Les quelques modèles « autarciques » (Cuba, Corée du Nord, Argentine, Iran) se sont soldés par un appauvrissement spectaculaire de la population.