La transition démographique?

Si l’on parle couramment de transition écologique, le terme de transition démographique est, lui, beaucoup plus rare. Pourtant, le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance démographique pourraient peser ces prochaines années sur l’ensemble de notre système de protection sociale.
Écrit par Adeline Lorence
Publié le 17/05/2021 à 15h38
La population vieillit et la croissance démographique tend à ralentir, voire même à diminuer. Ce constat est aujourd’hui partagé par plusieurs pays. Ainsi le haut-commissaire au Plan, François Bayrou, dans une note qu’il doit publier et que le Journal du dimanche s’est procurée, fait part de son inquiétude de voir le nombre de naissances en France baisser régulièrement. Il lance même un appel pour mettre en place une politique de soutien à la natalité. Une alerte qui fait écho à l’annonce, au début du mois de mai, d’une croissance démographique qui ralentit en Chine, une première depuis 1950. Pour Dominique Boulbès, ces chiffres sont loin d’être une surprise. Le président du groupe Indépendance royale, spécialiste du maintien à domicile, et auteur de “Vieillissement et ses enjeux pour les nuls”, prévient : il ne faut pas négliger la transition démographique qui nous attend et réfléchir aux politiques à mettre en place sur le long terme. Car si rien n’est fait, notre système de protection sociale, que ce soit notre régime de retraite ou encore notre couverture maladie, pourrait fortement être mis en danger.

Capital : Vous parlez aujourd’hui d’un effondrement de la démographie. Qu’entendez-vous par là ?

Dominique Boulbès : Sur les quatre grandes transitions qui attendent le monde : la transition numérique, sociétale, énergétique, la transition démographique est la plus mal connue. On ne sait pas que la population des pays développés est en train de s’effondrer. Dans 90 ans, l’Italie reviendra à sa démographie de 1880. La planète vieillit et le nombre de jeunes s’effondre. Mais ce constat est mal connu car on pense qu’il y a de plus en plus de personnes âgées, et que c’est le seul phénomène marquant. Alors que ce qui va modeler notre futur, c’est bien davantage la post-transition démographique, qui se traduit par un effondrement des naissances. Il faut savoir que dans 30 ans en Europe, il y aura 100 millions d’habitants de moins pour les âges inférieurs à 60 ans. L’Europe revient tout doucement à sa population du 19e siècle. Dans dix ans, dans le monde, le nombre de personnes de plus de 60 ans sera plus important que celui des jeunes entre 0 et 15 ans.

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Capital : Comment se caractérise cette transition démographique ?

Dominique Boulbès : Il existe plusieurs phases dans cette transition. Au début, vous avez une population qui croît faiblement, avec beaucoup d’enfants par femme mais aussi une forte mortalité. A un moment, les conditions de vie s’améliorent avec une meilleure hygiène, un meilleur accès à la nourriture. Vous avez alors une explosion démographique avec un taux de mortalité qui se divise par trois ou par quatre mais toujours une forte natalité. C’est ce qui s’est passé dans les années 1920 à 1960 dans le monde développé et pour partie en Asie et Afrique dans l’après-guerre. Puis, tout doucement, les comportements natalistes évoluent et le nombre d’enfants par femme diminue. On entre dans une transition post-démographique. Alors que pour renouveler la population, il faut deux enfants par femme, aujourd’hui la moitié de la planète a déjà un taux de natalité inférieur à 2. Mais cette situation est pour le moment masquée par le vieillissement de la population. Dans 30-40 ans, la population mondiale va atteindre un pic autour de 8 à 9 milliards, selon les différentes projections. Et ensuite, la population de la planète s’effondrera complètement.

Capital : Quelles vont être les conséquences économiques de cet effondrement ?

Dominique Boulbès : Il y a un bon moyen de le comprendre : c’est de regarder ce qui se passe au Japon car ils ont 15 à 20 ans d’avance sur nous sur cette question. Pour leur système de retraite, on est à 1,8 actif pour un retraité, ce qui pose un problème de soutenabilité. Les dépenses de santé explosent et le pays ne peut plus se développer car il y a un manque de main-d’œuvre. Il y a un autre problème que l’on trouve dans plusieurs pays : la fissure intergénérationnelle. On a une génération qui reproche à celle d’avant d’avoir abîmé la planète et créé de la dette. Alors qu’avant, c’était l’ancienne génération qui reprochait à la nouvelle d’être trop égoïste. C’est donc en train de s’inverser. Par exemple, le mouvement “OK boomer” est une petite musique qui se fait de plus en plus entendre et qui a résonné au moment du Covid où certains ont dit que l’on sacrifiait les jeunes pour les vieux. Cette mise à distance entre les générations se fait entendre de plus en plus.

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Capital : Quelles sont les solutions à mettre en œuvre face à cette situation ?

Dominique Boulbès : La solution ne peut pas être que technique. Vous pouvez mettre la retraite à 63,5 ans au lieu de 62,9 ans, vous pouvez mettre des points à la place des euros. Tout cela n’est pas à la mesure du problème ! Au bout du bout, il faut que, dans notre société, il y ait une forme de “New deal” avec une vraie réflexion d’ensemble sur ce que représente une société qui vieillit et comment on s’organise pour faire face à ça. Le problème des réformes des retraites, c’est que le jour où vous allez la faire adopter elle sera déjà dépassée. Il faut repenser toute notre société qui est tournée vers la croissance, l’innovation, le toujours plus.

Capital : Par où commencer ce “New deal” ?

Dominique Boulbès : Il faut d’abord le mettre au niveau du politique et dire ce que l’on veut faire à 30 ans dans le pays et pas à un ou deux ans. Malheureusement, on ne se projette plus à aussi long terme. Il n’existe pas de “shopping list”, mais il faut s’interroger sur la façon dont on peut penser les infrastructures, le numérique, la retraite. On doit par exemple se demander si l 'on doit vraiment arrêter toute activité à la retraite, s’il ne peut pas y avoir des allers-retours entre la retraite et l’activité. Il faut penser tout cela à vingt ans. Les réformes que je vois sont dans le meilleur des cas à cinq ans.

Capital : Les entreprises ont-elles aussi un rôle à jouer pour anticiper cette transition démographique ?

Dominique Boulbès : Dans la silver économie (économie liée au vieillissement, ndlr), il existe trois cercles : celui dédié à la perte d’autonomie, celui des spécialistes qui font des biens et des services pour les personnes âgées et enfin les entreprises qui voient leur clientèle vieillir et qui doivent s’adapter. Ce troisième cercle est majoritaire. Prenons l’exemple de l’automobile. Aujourd’hui, l’âge moyen d’un acheteur de voiture neuve est de 56 ans. Il faut donc s’adapter et de plus en plus d’entreprises nomment des “monsieur ou madame silver économie” pour modifier leur offre. Il faut réfléchir en intégrant la question du vieillissement sans la mettre dans un tiroir.

c’est aussi mon avis .
il est visible que la natalité est corrélée avec le niveau de vie du pays . elle est décroissante dans les pays européens . elle explose en Afrique , en Inde et dans les pays d’amérique du sud .

sans doute est ce du à un plus haut niveau culturel qui permet dans les pays avancés de décorréler la sexualité de la reproduction .

facile …

un nouveau virus plus virulent qui s’échappe ou est libéré d’un laboratoire ( chinois ? )

Et en ce qui concerne plus particulièrement la france, on a gaspillé beaucoup d’argent dans les dépenses militaires des opérations extérieures avec le succès qu’on connait…
L’Allemagne n’a pas fait ça…
Mais nos dirigeants ont encore un esprit colonialiste.

A part ça l’Allemagne a un excédent budgétaire et chez nous tout est vide.

Bonjour,

La décroissance démographique (sujet tabou parce qu’il entraine une maitrise de la natalité), est une nécessité absolue pour sauver la planète tout en sachant déjà qu’une grande partie de la population n’a pas accès aux ressources vitales de manière quotidienne et normale.

Perso je pense que c’est un des leviers majeurs pour sauver cette planète bien malade. Mais bon électoralement ce n’est pas porteur de dire que les alloc vont être limitées au-delà de 3 enfants.

Les raisonnements d’ancien (voir bayrou et d’autres), c’est qu’il faut des enfants pour financer les retraites. C’est vrai s’il y avait déjà du travail pour tout le monde.

La solution pour lutter contre le réchauffement climatique ce n’est pas la trottinette électrique à la place de la voiture, c’est moins de monde pour moins de surconsommation. La planète n’est pas extensible.

Bonjour,

Personnellement je crois que la régulation des naissances au niveau mondial est une nécessité absolue de long terme car il n’y a pas de ressources suffisantes pour une population qui grossie indéfiniment. C’est le genre de sujet à aborder au G20.
Il ne s’agit pas de calquer la Chine avec ses 2 enfants maxi mais d’arrêter les incitations financières au-delà de 3/4 enfants partout où elles existent (sauf naissances multiples).

Quant aux idioties de Bayrou de faire des enfants pour financer les retraites, je ne vois pas en quoi 4 millions de chômeurs plus tous les précaires financent les retraites.
Et effectivement le modèle des retraites par répartition peut progressivement être remplacé par une fiscalisation des retraites, autrement dit, par exemple les alloc économisées sur les familles nombreuses peuvent aider à payer les retraites.
Ce sont les dirigeants politiques qui ne mettent en avant que 2 systèmes : répartition et capitalisation, mais il y a d’autres choix.

Et regardez la démographie indienne et africaine par exemple : 8 ou 10 enfants par famille alors que pour beaucoup c’est déjà la misère. Vous ne pensez pas qu’il y a là un problème (tabou je sais)?

Bonjour,

Régulation des naissances ne signifie pas taxation des enfants, mais comme je l’ai déjà écrit, SUPPRESSION des incitations au-delà de 3 enfants.
Je ne parle pas spécifiquement de la France car on ne pèse rien dans le monde.
Faire des enfants ne finance absolument pas les retraites quand 4 millions de personnes ne bossent pas…

Les nouvelles du jour (et ça c’est pas un délire personnel:

Extrait de presse
« À plus de cinq mois de la fin de l’année, ce 29 juillet, nous aurons épuisé le budget planétaire de ressources biologiques pour 2021. Si nous avions besoin d’un rappel de l’urgence climatique et écologique à laquelle nous sommes confrontés, le Jour du Dépassement de la Terre s’en charge », indique dans un communiqué publié mardi 27 juillet Susan Aitken, responsable politique à Glasgow, ville qui accueillera la COP26 sur le climat en novembre prochain.

Cet indice a pour but d’illustrer la consommation toujours plus rapide d’une population en expansion sur une planète limitée. Pour le dire de façon imagée, il faudrait cette année 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable.

Bonjour,

Un simple raisonnement de bon sens :

La planète ne va pas s’agrandir et aujourd’hui on voit bien que les ressources qu’elle nous fournit ne sont pas suffisantes pour assurer une vie normale et correcte pour l’ensemble des habitants actuels.
Vu qu’on ne peut pas agrandir la terre, il n’y a qu’un solution : réduire le nombre d’habitants et donc les naissances.
En jouant sur les allocations (pour les pays qui en distribuent) et la fiscalité (plus attractive jusqu’à 3/4 enfants et moins au-delà) on peut y arriver par l’incitation et l’éducation.

Pour l’Afrique il faut jouer sur l’éducation car il est difficilement explicable que la démographie explose sur ce continent alors que la majorité des habitants manque de tout.

le phénomène et de plus en plus inquiétant sur tous les continents excepté l Afrique
Décroissance démographique

La population mondiale en juin 2014 est d’environ 7,2 milliards d’individus1.
Une décroissance démographique ou un déclin démographique, est pour une zone ou un pays donné, une situation dans laquelle le nombre d’habitants diminue, que ce soit parce que le taux de mortalité est supérieur au taux de natalité, ou parce que les flux d’émigration nets sont supérieurs à l’accroissement naturel. Ces flux migratoires peuvent être générés par des guerres, des événements socio-politiques, des crises économiques ou des événements environnementaux (séismes, éruptions volcaniques, inondations)2. Une forme importante du déclin démographique est le crash démographique.

La décroissance démographique est également une conception politique et sociale qui prône une diminution de la taille de l’humanité, en particulier pour faire face aux enjeux actuels du réchauffement climatique et des ressources non renouvelables.

Sommaire
1 Théories favorables à une décroissance
1.1 Le malthusianisme
1.2 Le néomalthusianisme
2 Mesures politiques à travers le monde
2.1 Mesures coercitives
2.1.1 En Chine
2.1.2 En Inde
2.2 Mesures incitatives
2.2.1 En Chine
2.2.2 En Inde
2.2.3 En Iran
2.2.4 Aux États-Unis
2.2.5 Au Vietnam
3 Critiques
4 Liste d’États en déclin démographique
5 Personnalités en faveur de la décroissance
6 Annexes
6.1 Bibliographie
6.2 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Articles connexes
7.2 Liens externes
Théories favorables à une décroissance
Le malthusianisme
Article détaillé : Malthusianisme.
Le malthusianisme est une théorie politique prônant la restriction démographique, inspirée par les travaux de l’économiste britannique Thomas Malthus (1766–1834). Le terme a été utilisé pour la première fois par Pierre Joseph Proudhon en 1849. À l’origine, cette doctrine était hostile à l’accroissement de la population d’un territoire ou d’un État, et préconisait la restriction volontaire de la natalité. Selon Malthus, l’augmentation démographique est beaucoup plus rapide que la croissance de la production alimentaire, ce qui nécessite une limitation de la natalité pour éviter les famines dues à la surpopulation. Le mot malthusianisme désigne aussi par extension et dans un sens péjoratif de la part de ses adversaires idéologiques, toute attitude craintive devant la vie et le développement[réf. nécessaire].

Le néomalthusianisme
Article détaillé : Néomalthusianisme.
Le néomalthusianisme est une actualisation de la doctrine de Thomas Malthus et de sa prise de conscience des ressources limitées de la planète. L’explosion démographique humaine des XXe et XXIe siècle a remis sur le devant de la scène cette théorie.

Ses partisans prônent la stabilisation de la démographie mondiale en équilibrant au mieux le taux de natalité et le taux de mortalité, arguant du fait qu’une croissance illimitée de la population sur une planète limitée est tout simplement impossible. Cet équilibre démographique permettrait de ne pas trop consommer les ressources naturelles de la planète (sols cultivables, eau douce etc.), de préserver la biodiversité et le climat via une diminution de la pollution et de la pression de l’agriculture, l’élevage et la surpêche sur les écosystèmes, et par ce biais réduire les tensions géopolitiques liées à l’accès aux ressources, la pauvreté, et enfin de maintenir un certain niveau de vie pour tous. Elle doit permettre l’accession à une démographie stabilisée dont le seuil est déterminé.

Différents philosophes, scientifiques ou organisations ont pointé du doigt une catastrophe démographique potentielle désormais jugée imminente : l’écrivain britannique Aldous Huxley, le professeur d’université de Stanford Paul R.Ehrlich, l’anthropologue américain J.Kenneth Smail, l’association Démographie Responsable, ou encore le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) dans son rapport de 20113.

Mesures politiques à travers le monde

La population mondiale est en constante augmentation
Les mesures politiques de décroissance démographique ont été parfois de nature coercitive, mais dans la plupart des cas incitatives : planning familial, incitation à la stérilisation, etc.

Dans les pays du Sud, les mesures de limitation des naissances visent à freiner la croissance démographique rapide qui reste largement positive : l’ajustement à la baisse de la fécondité suit avec plusieurs décennies de retard en moyenne la baisse très forte de la mortalité, surtout après 1945. De 1950 à 2018, la population du Sud (Asie hors Japon et Sibérie, Afrique, Amérique latine) a environ quadruplé, passant d’à peu près 1,5 milliard à un peu plus de 6 milliards d’habitants.

Mesures coercitives
En Chine
Article détaillé : Politique de l’enfant unique.
Jusqu’au début des années 1970, la Chine connaissait une très forte croissance démographique. Afin de limiter la croissance de sa population, elle a adopté la politique de l’enfant unique limitant la taille des familles urbaines (à l’exception des minorités ethniques) à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour mille en 1990 à 12,4 pour mille en 2003. L’accroissement démographique est quant à lui de 0,6 % en 2003 contre 1,44 % en 1990.

Le 28 mars 2006, Zhang Weiqing – responsable de la « Commission d’État pour la population et le planning familial » – a indiqué, dans une interview accordée au site internet du gouvernement chinois, que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de 400 millions de bébés au cours des trois dernières décennies. Il a fait remarquer que la Chine avait mis environ trente ans pour réaliser l’objectif du contrôle de la population, alors que cela en avait pris cent dans les pays développés. « L’objectif d’assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n’aurait pas pu être réalisé si nous avions 400 millions de personnes supplémentaires » a souligné M. Zhang.

Le 15 novembre 2013, l’agence Chine nouvelle annonce que le plénum du Comité central a décidé d’assouplir progressivement sa politique de l’enfant unique : jusqu’ici, les couples pouvaient avoir deux enfants s’ils vivaient à la campagne et que leur premier nourrisson était une fille, ou lorsque les deux parents étaient enfants uniques ; désormais, même les couples qui ne comptent qu’un seul parent enfant unique pourront avoir deux enfants4. Le 29 octobre 2015, lors du 5e plénum du Comité central du Parti communiste chinois, l’abandon complet de cette politique est annoncé5, tous les couples sont autorisés à avoir deux enfants à partir du 1er janvier 20166.

En Inde
Durant l’état d’urgence, en 1975, le premier ministre Sanjay Gandhi, fils d’Indira Gandhi, lance une campagne de stérilisation contrainte des hommes pauvres ; en un an, 6,2 millions d’Indiens sont stérilisés7.

Mesures incitatives
Article détaillé : Contrôle des naissances.
Quelques exemples :

En Chine
En 1971, après la Révolution culturelle, est lancée la 3ème campagne de planification des naissances, dite wan xi shao (littéralement : « mariage tardif, naissances peu rapprochées et peu nombreuses »)8, dont le résultat a été spectaculaire : en dix ans, l’indice synthétique de fécondité a baissé de plus de moitié, passant de 5,7 enfants par femme en 1970 à 2,8 en 19799. La politique de l’enfant unique n’a fait que poursuivre cette évolution.

En Inde
En dehors de la courte période de l’état d’urgence (1975), les efforts de limitation volontaire des naissances ont été constants : cette politique a commencé dans les années 1970, encouragée par des prêts de la Banque mondiale, de l’Agence suédoise pour le développement international (Swedish International Development Authority) et du Fonds des Nations unies pour la population. En 2013-2014, près de quatre millions de stérilisations ont été pratiquées7.

En Iran
Contrairement aux idées reçues sur l’incompatibilité entre la limitation des naissances et la religion musulmane, l’Iran a connu une transition démographique assez rapide grâce à plusieurs périodes de politiques de planning familial : la planification familiale a été mise en œuvre à partir d’avril 1967 ; en 1977, la proportion de femmes mariées acceptant la planification familiale atteignait déjà 11 % ; l’avortement a été légalisé en 1976 ; la révolution islamique de 1979 ralentit le programme, mais en 1980 l’ayatollah Khomeini autorise l’emploi des moyens contraceptifs à condition que l’époux l’accepte ; la guerre Iran-Irak pousse le gouvernement à adopter une politique nataliste, mais dès sa fin en 1988, le gouvernement islamique s’engage à nouveau dans une politique de contrôle des naissances ; en 1991, 45 % des femmes de 15 à 45 ans utilisent un moyen moderne de contraception, et l’indice synthétique de fécondité est passé de 7,6 enfants par femme en 1970 à 3,5 en 199310.

Sur la période 2010-2015, l’indicateur conjoncturel de fécondité de l’Iran est tombé à 1,75 enfant par femme, largement au-dessous du taux de 2,1 considéré comme nécessaire pour le maintien à long terme de la population11.

Aux États-Unis
En 1970, la loi sur le service public de la santé (Public Health Service Act) institue, dans son titre X, le programme de planning familial du titre X, programme fédéral géré par l’Office of Population Affairs (OPA) dont les cliniques de planning familial dispensent les conseils et réalisent les gestes médicaux nécessaires pour les personnes à bas revenus et non assurées12.

Au Vietnam
Le 27 décembre 2008, le Comité permanent de l’Assemblée nationale vietnamienne a modifié l’ordonnance sur la population de 2003, de façon à rappeler plus clairement la population à la règle de deux enfants maximum par famille. Des exceptions sont tolérées pour les couples issus de minorités ethniques dont la population est inférieure à 10 000 individus, pour ceux dont les enfants souffrent d’infirmité congénitale ou accidentelle ou pour les couples issus de remariages souhaitant avoir des enfants de leur second lit. Aucun délai minimal n’est fixé entre les naissances et aucune sanction n’est prévue pour les couples qui ne se plieraient pas à la règle, contrairement à ce qui se faisait dans les années 1980 et 199013. Le taux de fertilité du Vietnam est tombé de 5,5 enfants par femme sur la période 1975-80 à 1,96 sur 2010-201511.

Critiques
Comme le malthusianisme et la décroissance, la décroissance démographique a été très critiquée. Ainsi, certains comme le démographe Yves Montenay reprochent à ceux qui prônent une baisse de la population de ne pas tenir compte du fait qu’il sera impossible, en Europe et dans les conditions actuelles de règlementation, d’assurer le financement des retraites, celui-ci dépendant du nombre d’actifs et de l’activité économique14. Cet argument n’est évidemment valable que pour les pays reposant sur un système de retraite par répartition (comme la France ou l’Allemagne), mais pas pour les pays fortement dotés d’une retraite par capitalisation (comme le Danemark, l’Irlande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas). Mais une étude prenant en compte l’ensemble des flux intergénérationnels (retraites, prestations familiales, éducation, etc) ainsi que les effets macroéconomiques d’un vieillissement de la population (réduction des coûts nécessaires pour subvenir aux besoins de chaque nouvelle génération) amène à la conclusion que le taux de fertilité qui maximiserait le niveau de vie serait de 1,5 naissance par femme dans les pays à revenu moyen supérieur et à 1,8 naissance par femme dans les pays riches industrialisés15.

Le président de la République tchèque et économiste Václav Klaus considère pour sa part qu’en voulant remettre en cause le droit des individus à avoir des enfants, les tenants de la décroissance entraînent sur « la Route de la servitude », vers le totalitarisme. Il pense que c’est la liberté qui doit prévaloir et non la coercition, quelles que soient les intentions 16[source insuffisante].

Notons aussi que la plupart des partisans de la décroissance soutenable (c’est-à-dire uniquement au niveau économique et de l’empreinte écologique), sont fortement opposés au malthusianisme et la décroissance au niveau démographique. Le journal La Décroissance du mois de juillet 2009 incluait un dossier intitulé « La décroissance contre Malthus ». La question a été étudiée plus rigoureusement dans l’ouvrage du généticien et partisan de la décroissance soutenable Albert Jacquard, L’explosion démographique (1994) qui conclut que la Terre n’est pas en surpeuplement, ni aujourd’hui ni avec les prévisions des démographes concernant le xxie siècle. Paul Ariès, théoricien français de la décroissance écrit souvent dans ses articles ou ouvrages qu’« Il n’y a pas trop d’humains sur terre mais trop d’automobilistes », et défend la thèse que l’"on peut vivre à 9 milliards d’hommes sur terre mais pas avec le mode de vie occidental"17. Les écoles de pensée de la décroissance économique incriminent préférentiellement le mode de vie occidental en minorant l’aspect quantitatif du fait que les habitants des pays du Sud aspirent à un mode de vie meilleur qui sera lui aussi plus consommateur de ressources, et concernera 6 milliards d’hommes. Par ailleurs la dimension de la crise écologique due à la pression démographique ne serait-ce que pour l’alimentation (sols mis en culture alors qu’ils sont fragiles, destruction des écosystèmes et perte de biodiversité afférante) et l’eau douce n’est pas prise en compte par les tenants de la décroissance purement économique de sorte que leur critique du malthusianisme présente des faiblesses.

Liste d’États en déclin démographique
Pays Année Population (M) Baisse naturelle (%)18
Drapeau de l’Allemagne Allemagne 2018 82,8 0,2
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 2018 9,5 0,2
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 2018 3,5 0,2
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 2018 7,0 0,7
Drapeau de la Croatie Croatie 2018 4,1 0,3
Drapeau de la Tchéquie République tchèque 2018 10,6 0,0
Drapeau de l’Espagne Espagne 2018 46,7 0,1
Drapeau de l’Estonie Estonie 2018 1,3 0,1
Drapeau de la Finlande Finlande 2018 5,5 0,1
Drapeau de la Grèce Grèce 2018 10,6 0,2
Drapeau de la Hongrie Hongrie 2018 9,8 0,4
Drapeau de l’Italie Italie 2018 60,6 0,3
Drapeau du Japon Japon 2018 126,5 0,3
Drapeau de la Lettonie Lettonie 2018 1,9 0,4
Drapeau de la Lituanie Lituanie 2018 2,8 0,4
Drapeau de la Moldavie Moldavie 2018 3,5 0,0
Drapeau du Portugal Portugal 2018 10,3 0,2
Drapeau de la Roumanie Roumanie 2018 19,5 0,4
Drapeau de la Russie Russie 2018 147,3 0,1
Drapeau de la Serbie Serbie 2018 7,0 0,5
Drapeau de l’Ukraine Ukraine 2018 42,3 0,5
NB : il s’agit d’une liste non exhaustive ; l’Autriche et la Pologne ont un excédent démographique nul.

L’Europe a un taux de croissance naturelle de -0,1 %. Les zones principalement concernées sont l’Europe centrale et orientale, y compris la Russie et l’Europe du Sud. Hors d’Europe: le Japon, la Corée du Sud, Taïwan et Singapour.
La population de plusieurs de ces pays augmente du fait de l’immigration : c’est le cas de l’Allemagne ou de l’Italie.
En 2013, la Russie connaît un accroissement naturel positif pour la première fois depuis 199219. Le déficit démographique naturel de la Russie, qui était de 958 500 en 2000, a décru progressivement jusqu’à 2 500 en 201220 ; la population russe a reculé de 5,9 millions en 16 ans, de 148,6 millions en 1993 à 142,7 en 2009, puis a entamé une très lente remontée : 143,3 millions en 201321.
En France, dont l’excédent naturel est de 0,3 %, le déclin démographique touche notamment les anciennes communes minières22.

Personnalités en faveur de la décroissance

Thomas Malthus
Liste non exhaustive de personnalités en faveur d’une décroissance démographique, ou tout au moins d’un contrôle de la démographie, par ordre chronologique :

Thomas Malthus, penseur fondateur
Paul Robin, qui a introduit en France les concepts du néomalthusianisme
Octave Mirbeau, qui a popularisé dans la presse les idées néomalthusiennes
Aldous Huxley, qui évoque la question dans un essai intitulé dans sa version française : « Retour au Meilleur des Mondes ».
Paul Leyhausen, qui a étudié les effets de la densité de population sur les communautés animales pour ensuite raisonner sur l’espèce humaine ; auteur de La communauté saine – Un problème de densité ? (1965)
Paul R. Ehrlich, auteur du livre à succès The Population Bomb (1968)
Claude Lévi-Strauss, anthropologue et ethnologue23,24
Jacques-Yves Cousteau, dit « le Commandant Cousteau » : « La Terre est cent fois trop peuplée. Une terre et une humanité en équilibre, ce serait une population de cent à cinq cents millions de personnes »25
René Dumont, agronome et premier candidat écologiste à une élection présidentielle française, en 1974 : « Je vais vous parler ce soir du plus grave des dangers qui menace notre avenir : celui de la surpopulation, tant dans le monde qu’en France »26.
Yves Cochet, député européen : « Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième27 »

Bonjour @gilles35,

Tu y crois sérieusement ?

Bayrou n’a pas fondamentalement tort, le système de retraite Français est un système par répartition, qui ne fonctionne qu’avec une démographie en croissance. Il faudrait commencer par aller vers un système par capitalisation, et je ne suis pas sur que la population adhère à ce concept qui profite aux vilains banquiers et assureurs.
Maintenant si le sujet est de sauver la planète, ou plutôt de sauver l’humanité car la planète survivra à la disparition de l’humanité, c’est certain, ce n’est pas en plafonnant la démographie que l’on obtiendra le moindre résultat, la température sera devenue invivable avant même que cela produise une inflexion sur la population humaine.
Par ailleurs le pouvoir est entre les mains des classes d’age avancées, qui ont tendance à investir dans tout ce qui leur permet de jouir de la vie un peu plus longtemps, ce qui conduit aussi à augmenter la population.
Pour ma part je pense que le plus probable est que l’écosystème s’auto régulera par la chute de la production agricole suite au dérèglement climatique et les réactions géopolitiques qui en suivront. Une autre option serait l’adoption du modèle politique chinois à l’échelle mondiale, modèle capable d’imposer la politique de l’enfant unique, mais ça ne me parait pas possible. L’ultime option serait de réduire rapidement la population humaine, surtout celle qui consomme beaucoup, mais là aussi je ne vois pas comment, c’est justement celle qui a le pouvoir économique, financier et militaire.
Une seule chose est sue, ça va chauffer…

Les épidémies existent depuis la nuit des temps, et il n’y avait pas de laboratoires.
Et puis si le virus est trop virulent il se propage moins.
Et la science et la technologie permettent d’en limiter les conséquences, et elles vont probablement continuer de progresser.

Bonjour,

Bien sur qu’il n’y a pas d’autre choix que la répartition et la capitalisation, ou plutôt si on peut aussi s’endetter pour payer les pensions, ce que l’on fait déjà mais c’est une bombe à retardement.
Ce que vous proposez reste un système de répartition avec un transfert des cotisations familles vers les retraites, mais cela produit une baisse de la natalité et donc une baisse des cotisations 20 ans plus tard, soit une faillite du financement des retraites à moins d’un recours massif à l’immigration.
Pour être juste il faut reconnaitre qu’il y a déjà un système de capitalisation en France, ça s’appelle Prefon, PERP, PER, assurance-vie, investissement immobilier locatif, il est optionnel et soutenu par des incitations fiscales.
Avoir beaucoup d’enfants est bien souvent l’assurance retraite de base de ceux qui ne peuvent capitaliser et qui n’ont pas de généreux système par répartition, comme cela était autrefois le cas en France.
Régulation des naissances au niveau mondial, vous entendez taxer les familles suivant le nombre d’enfants ?

C’est un petit peu court de croire que la natalité soit déterminée par les avantages financiers accordés par les gouvernements. Le nombre d’enfants par foyer est pour beaucoup déterminé par les contraintes sociétales de la vie urbaine où l’espace immobilier est couteux, où les femmes travaillent, et le véhicule est normalisé à cinq places, et où un système de retraite permet de garantir l’avenir.
Les africains qui n’ont pas de système de retraite ont des enfants pour garantir leur avenir, mais l’urbanisation conduit là aussi aux mêmes conséquences sur la natalité.

L’Allemagne et le Japon ont eut des velléités « coloniales » il y a quelques années, ça ne s’est pas bien terminé et il vaut mieux éviter de les remettre dans cette perspective et se contenter de leur obole pour financer les opérations de forces amies. Et c’est aussi parce que la France mène des opérations qu’elle a encore un secteur militaro industriel significatif.
Si vis pacem, para bellum…

J’apporte ma pierre à l’édifice avec la chronique de viens de publier Luc Ferry

Luc Ferry: «Vers une baisse de la population mondiale»
CHRONIQUE - Par peur, à moins que ce ne soit par intérêt, nous refusons de voir que, dans cent ans, le monde n’aura plus grand-chose de commun avec celui que nous connaissons.
Par Luc Ferry

«Déconstruire les prévisions catastrophistes, c’est prendre le risque de rassurer, donc de démobiliser», estime Luc Ferry.

Comme promis la semaine dernière, je reviens sur le passionnant livre de ces deux auteurs canadiens, John Ibbitson et Darrell Bricker (Planète vide, Les Arènes, 2020), qui démontrent, en s’appuyant sur les recherches les plus récentes en matière de démographie, le caractère inexorable de la décrue de la population mondiale. Selon leurs conclusions, elle ne devrait jamais dépasser les 8,5 milliards d’individus, à peine plus que son niveau actuel.
Comme cette prévision contredit tout ce que nous disent les écologistes depuis un demi-siècle, il est bon d’étudier de près leurs arguments avant de se faire une opinion. À les en croire, la stabilisation, puis la baisse de la population seraient liées à trois lames de fond planétaires: l’urbanisation, qui fait bondir le coût du logement et de l’éducation des enfants, l’affaissement du pouvoir des religions un peu partout dans le monde malgré l’entrée en résistance de l’islam (une réaction qui en est du reste la conséquence), mais plus encore l’émancipation des femmes: «Plus une société s’urbanise, plus les femmes ont le contrôle de leur corps, moins elles choisissent d’avoir beaucoup d’enfants. Dans la majorité des pays occidentaux, comme aux États-Unis et au Canada, 80 % de la population vivent aujourd’hui dans des villes où les femmes bénéficient d’une maîtrise presque totale de la procréation.»

On objectera aussitôt que ce qui vaut pour les Occidentaux n’est pas vrai pour le reste de la planète. Pourtant, comme le montrent nos deux auteurs faits et arguments à l’appui, «la baisse de la fécondité n’est pas réservée aux seuls pays développés. L’urbanisation et l’autonomisation des femmes sont des phénomènes mondiaux. Nous savons que la Chine et l’Inde sont au seuil de remplacement ou même en dessous. C’est aussi le cas d’autres nations émergentes: le Brésil (1,8), le Mexique (2,3), la Malaisie (2,1), la Thaïlande (1,5)». Certes, les taux de natalité sont encore très élevés en Afrique et dans certaines parties du monde arabo-musulman, mais la tendance générale n’en est pas moins à la baisse. Jorgen Randers, un des scientifiques coauteurs du fameux rapport Meadows, qui, en 1972, alertait sur les dangers d’une surpopulation qu’il jugeait inéluctable, avoue avoir changé d’avis et rejoindre désormais le même point de vue que nos deux Canadiens: «La population mondiale n’atteindra jamais 9 milliards, assure-t-il aujourd’hui. Elle culminera à 8 milliards en 2040, puis commencera à baisser».

Di on a peur du changement climatique, pourquoi refuser la solution de l’énergie nucléaire ? Eh bien parce que cela réglerait le problème et qu’ils ne veulent justement pas régler le problème !

Michael Shellenberger, l’un des fondateurs du courant écomoderniste
Dans le même esprit, un rapport de la Deutsche Bank publié en 2013 prévoyait un pic de 8,7 milliards en 2055, puis une baisse à 8 milliards à la fin du siècle. L’ONU elle-même, sous l’influence de ces recherches, revoit ses prévisions à la baisse. La vérité, c’est que, par peur, à moins que ce ne soit par intérêt, nous refusons de voir que, dans cent ans, le monde n’aura plus grand-chose de commun avec celui que nous connaissons. Dans un entretien accordé au Point en juillet 2020, Michael Shellenberger, l’un des fondateurs du courant écomoderniste, pointe le fait que les partisans de la décroissance n’ont aucun intérêt à se réjouir publiquement d’aucune bonne nouvelle, qu’il s’agisse de la baisse de la population mondiale ou, a fortiori, du nucléaire: «Ils font très attention de ne jamais crier victoire, même quand leur cause avance. De là leur malaise vis-à-vis de l’énergie nucléaire et plus généralement de la baisse des émissions de CO2 dans les pays développés depuis plusieurs décennies. Je dois vous avouer que cette question m’obsède depuis longtemps: si on a peur du changement climatique, pourquoi refuser la solution de l’énergie nucléaire? Eh bien parce que cela réglerait le problème et qu’ils ne veulent justement pas régler le problème!»

Même chose, bien évidemment, avec la surpopulation. Déconstruire les prévisions catastrophistes, c’est prendre le risque de rassurer, donc de démobiliser. C’est se rendre complice du capitalisme assassin, voire de ces adultes que Greta Thunberg accuse de vouloir laisser aux jeunes un monde digne de films apocalyptiques, comme Soleil vert. Avoir des doutes sur l’imminence du désastre, c’est aux yeux des décroissants être dans le déni, c’est être un négationniste, autrement dit, de proche en proche, si on suit le fil des insinuations, ne pas valoir mieux qu’un nazi. On comprend pourquoi, sur ces sujets que les passions politico-idéologiques ont rendus pour ainsi dire «radioactifs», un dialogue rationnel et argumenté devient difficile, pour ne pas dire impossible…

« Si l’on parle couramment de transition écologique, le terme de transition démographique est, lui, beaucoup plus rare ». NON. C’est faux.

L’expression « transition démographique » (passage d’une natalité et mortalité hautes à une natalité et mortalité basses) est bien plus ancienne que celle de transition écologique. Elle a quasiment un siècle d’existence, et ce modèle de la transition démographique est bien connu depuis des décennies par les chercheurs et les enseignants en démographie, histoire, géographie, sociologie. C’est sur ce modèle théorique que se sont greffés plus récemment les transitions urbaine (passage d’une société rurale à une société urbaine, cf. la Corée du Sud entre 1960 et 1990), alimentaire (passage de l’autosuffisance alimentaire locale en auto-production non commerciale à une alimentation de plus en plus achetée, industrielle et importée), sanitaire (passage d’une mortalité dominante par épidémies à une mortalité par usure de l’organisme : cancers, maladies cardiovascualires, dégénérescence cérébrale), et aujourd’hui énergétique (passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables, qui est en fait un retour…) et écologique.
La notion de transition écologique est beaucoup plus vague que les autres, et difficile à chiffrer.

Sur le plan économique, l’idée d’un optimum démographique a été évoquée pour les pays en développement, pays émergents, avec une « fenêtre » idéale lorsqu’il n’y pas encore beaucoup de personnes âgées, et qu’il y a moins de jeunes enfants, d’où des coûts globalement plus faibles pour la collectivité et un maximum de main d’oeuvre en mesure de travailler et créer de la richesse, à condition que les politiques correctes de développement économique soient en place.

Pour ceux/celles qui sont intéressé(e)s, il y a beaucoup de recherches sur ces thématiques, il suffit de consulter Google Scholar.

Le « modèle chinois » de l’enfant unique ? La Chine vient de l’abandonner…