L épargne des Français

AnalyseLes épargnants français peu diversifiésUne étude de Morningstar estime que les investisseurs en France ont une culture financière limitée, s’intéressent peu aux instruments financiers et sont souvent peu diversifiés.
Morningstar25.10.2022Font-Size
paris

Les épargnants français peu intéressés par les placements et souvent peu diversifiés, selon l’étude « Global Investor Portfolio Survey » publiée par Morningstar.

Les investisseurs français se méfient généralement des marchés financiers, mal compris et perçus comme trop risqués.

Ainsi, les placements liquides et sans risque avec des dépôts et un produit local d’assurance à capital garanti appelé « Fonds en Euros » représentent l’essentiel des portefeuilles des investisseurs, logés dans des contrats d’assurance-vie.

Selon la Banque de France (ACPR), en 2021, l’épargne financière des Français s’est principalement placée dans les dépôts à vue, les dépôts à terme et les dépôts remboursables. Les fonds en euros représentaient 28% du total des placements des ménages (1 684 milliards d’euros).

Moins de 20 % des investisseurs individuels possèdent des actions, des obligations ou des fonds communs de placement.

Ceux qui détiennent des actions, des obligations et des fonds communs de placement ont accès à une large gamme d’options parmi les fonds ouverts (domiciliés en France ou dans les deux principaux hubs d’OPCVM, le Luxembourg et l’Irlande), les produits structurés et les fonds indiciels cotés.

Bien que les investisseurs français puissent en théorie investir directement dans des actions à travers l’Europe et au-delà, il existe une nette préférence pour les entreprises nationales.

Les fonds sont généralement investis par le biais d’assurances ou de canaux bancaires où les rétrocessions sont intégrées aux frais de gestion annuels d’un fonds, ce qui entraîne souvent des frais élevés.

Les ETF ont gagné en popularité au cours de la dernière décennie, mais continuent d’être utilisés de manière marginale.

Comme dans de nombreux marchés, une tendance clé est l’investissement durable : une part croissante d’investisseurs prend désormais en considération les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) lors de la prise de décisions d’investissement, selon des enquêtes, et les investisseurs ont accès à un pool en croissance rapide de produits d’investissement durable localement.

En dehors des actifs financiers, l’immobilier joue un rôle prépondérant dans les portefeuilles des investisseurs.

Il s’agit d’un moyen privilégié de constituer un patrimoine à long terme et de répondre à d’éventuels besoins de retraite.

Un conseil financier large avec une approche de portefeuille total fait défaut en France.

En dehors des investisseurs les plus fortunés, s’associer à un conseiller financier indépendant pour construire une allocation d’actifs stratégique holistique est une entreprise rare.

La plupart des investisseurs comptent sur leur conseiller bancaire pour recevoir des conseils financiers.

Ce qu’ils reçoivent est souvent axé sur le produit, limité à une évaluation faite à partir d’un questionnaire de risque : en règle générale, un investisseur considéré comme ayant un profil de risque faible ou moyen ne sera pas incité à investir dans des produits à risque plus élevés, quelle que soit la forme de son portefeuille global (y compris l’existence d’une richesse non financière) ou ses objectifs à long terme.

Les investisseurs font peu appel à l’aide de conseillers financiers.

La plupart délèguent ces décisions à leurs conseillers bancaires, qui s’appuient souvent sur les ressources internes des compagnies d’assurance ou de leurs filiales de gestion d’actifs et proposent le plus souvent leurs propres produits financiers.

L’émergence d’outils en ligne, tels que la planification patrimoniale, les robots-conseillers et les simulateurs d’épargne, a encouragé les investisseurs, en particulier les plus jeunes, à agir de manière autonome.

Outre les lacunes en matière d’éducation financière, le désintérêt des investisseurs français pour les placements financiers s’explique également par l’ampleur du système de protection sociale en France.

La retraite, la santé et l’éducation sont pour la plupart gérés et financés par l’État et n’exigent donc pas d’épargne importante spécifique des ménages français.

Le régime de retraite obligatoire s’apparente à un régime à prestations définies avec le principe que les salariés actuels financent la retraite des retraités.

Les inquiétudes croissantes quant à la durabilité à long terme du système de retraite modifient cependant lentement les attitudes, et de plus en plus d’investisseurs épargnent désormais spécifiquement pour la retraite.

Il existe un intérêt croissant pour les plans d’épargne-retraite volontaires individuels et d’entreprise, avec des cotisations encouragées par des avantages fiscaux, mais ce n’est pas encore une habitude généralisée.

© Morningstar, 2022 - L’information contenue dans ce document est à vocation pédagogique et fournie à titre d’information UNIQUEMENT. Il n’a pas vocation et ne devrait pas être considéré comme une invitation ou un encouragement à acheter ou vendre les titres cités. Tout commentaire relève de l’opinion de son auteur et ne devrait pas être considéré comme une recommandation personnalisée. L’information de ce document ne devrait pas être l’unique source conduisant à prendre une décision d’investissement. Veillez à contacter un conseiller financier ou un professionnel de la finance avant de prendre toute décision d’investissement.

Les femmes et l’argent

Le 13 juillet 1965, le Parlement français votait une loi qui accordait aux femmes, le droit d’ouvrir un compte en banque sans le consentement de leur mari. Ce fut considéré comme un très grand progrès social. Et pourtant, près de 60 ans plus tard, entre stéréotypes qui ont la vie dure, et inégalités bien ancrées, le sujet « des femmes et l’argent » reste compliqué…

Les femmes et l’argent : des stéréotypes à la pelle
L’homme gagne l’argent, la femme le dépense. L’homme gère le budget, la femme gaspille. L’homme construit le patrimoine, la femme dilapide. L’homme est responsable des achats engageants, la femme des détails du quotidien. L’homme fait des placements avisés, la femme se fait arnaquer… Les idées reçues sur le sujet sont tellement pléthoriques qu’elles en deviennent cocasses ! Et pourtant elles restent ancrées, quand bien même elles traduisent rarement les réalités de notre société…Ainsi, par exemple, un sondage réalisé par l’Ifop pour les éditions Bayard, publié en juillet dernier démontre qu’en fait, « la femme est souvent aux manettes sur la question de l’argent dans le couple : 70% des répondantes estiment ainsi que ce sont elles qui s’occupent le plus des aspects budgétaires et financiers au sein du foyer ».

Des réalités culturelles, et des inégalités sociales difficiles à gommer
La différence de rapport à l’argent (et de traitement), entre l’homme et la femme démarre souvent très tôt, au sein du foyer… Et le phénomène reste présent à différentes étapes de la vie sociale. Ainsi, comme l’explique Titiou Lecoq, dans son livre, « Le couple et l’argent, pourquoi les hommes sont plus riches que les femmes » (éditions iconoclastes), les inégalités commencent dès la prime jeunesse, avec l’argent de poche… "Oui, les filles reçoivent moins d’argent de poche que les garçons. Non pas que les parents préfèrent les garçons. Mais, les petits garçons demandent plus souvent des augmentations, se sentent légitimes pour le faire. Et on a tendance à faire plus de cadeaux aux filles. Elles sont en position de demander, elles cherchent à plaire pour avoir le cadeau. Du coup, elles n’apprennent pas à gérer un budget » explique-t-elle. C’est aussi, affirme-t-elle, une histoire de culture et de mentalités. « On apprend aux femmes comment dépenser, et aux hommes comment s’enrichir ». Ainsi, au cours des vingt dernières années, l’écart de patrimoine entre les hommes et les femmes est passé de 9 à 16 %…Et espérer combler ce gap grâce au fruit de son travail n’est pas aisé pour la femme, puisque le nerf de la guerre reste, bien sûr les écarts de rémunération persistants… En effet ; selon les données communiquées par l’observatoire des inégalités en mars 2022, dans le secteur privé, les femmes gagnent 28,5 % de moins que les hommes en moyenne. Elles travaillent plus souvent à temps partiel et dans des métiers moins bien payés que les hommes. À temps de travail et poste équivalents, l’écart de salaire est tout de même de 5,3 %.

Le présent article est rédigé par Labsense pour Boursorama. Cet article ne doit en aucun cas s’apparenter à un conseil en investissement ou une recommandation d’acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement ou un placement. Boursorama ne saurait être tenu responsable d’une décision d’investissement ou de désinvestissement sur la base de cet article.