Assurance vie : quels rendements attendre pour les fonds en euros en 2024 ?
Par La RédactionPublié le 13/11/2024 à 13h39Assurance-Vie Avis d’Expert
Tribune de Quentin Petit-Prestoud, associé-gérant de Kino Gestion Privée.
Crédit photo © Kino Gestion Privée
L’année 2023 a donc été un excellent millésime sur les fonds en euros puisque nous sommes revenus sur des niveaux de rémunérations que nous n’avions pas connu depuis dix ans ! France Assureurs, la fédération française de l’assurance, donne un taux moyen de 2,6% sur cette année, ce qui n’était pas arrivé depuis 2014. La question qui revient en permanence est donc « Combien de temps cela va-t-il durer ? »
Il est possible que la dynamique s’essouffle…
Pour rappel, la performance du fonds en euros se décompose en deux ; le rendement réel de l’actif général et une éventuelle participation aux bénéfices. Chaque année, les assureurs constatent le rendement de leur portefeuille, puis décident - ou non - de l’ajuster avec un supplément de performance en piochant dans les réserves (provisions pour participations aux bénéfices). Cet ajustement répond à une politique commerciale de l’assureur afin de se protéger d’une décollecte au profit des livrets réglementés (et également de faire face à la concurrence).
Avec la remontée des taux, les rendements des obligations ont connu une forte hausse, ce qui a naturellement boosté la performance réelle des fonds en euros, mais pas assez pour faire face au rendement exceptionnel du livret A (3% en 2024).
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La performance de 2023 a donc, en grande partie, été boostée par cette participation aux bénéfices car le rendement réel des actifs généraux était inférieur au taux servi.
Cette stratégie de puiser dans les réserves n’est pas viable à long terme et l’on voit mal les assureurs continuer sur cette lancée.
Une baisse des taux amorcée : quel impact sur le rendement ?
Les fonds en euros sont largement investis dans des obligations d’État ou des titres de créance de qualité, qui sont sensibles aux variations des taux d’intérêt :
Lorsque les taux d’intérêt baissent, les rendements des nouvelles obligations baissent également.
En revanche, cette baisse des taux d’intérêt peut avoir un effet positif sur la valorisation des obligations déjà détenues dans les portefeuilles car lorsque les taux baissent, la valeur des obligations existantes augmente.
Une baisse des taux pourrait donc d’abord réduire le rendement des nouvelles obligations, mais en même temps, elle pourrait améliorer la valorisation des obligations existantes. Cela pourrait conduire à un effet mitigé sur les performances globales.
Toutefois, ce jeu à sommes nulles est à nuancer car ces plus-values ne se matérialisent que si les fonds en euros décident de vendre ces actifs, ce qui n’est pas toujours le cas dans une stratégie d’investissement à long terme.
Et l’inflation dans tout ça ?
Nous sommes aujourd’hui dans une phase de baisse des taux, car l’inflation semble maitrisée voire en baisse, si tel est le cas, cela réduirait l’impact négatif d’une légère baisse des rendements des fonds en euros. C’est donc un prisme intéressant pour apprécier la performance réelle d’un actif !
En résumé
Une baisse des taux en 2024 ne devrait pas entraîner de chute dramatique des rendements, tant que les gestionnaires s’adaptent et privilégient des stratégies équilibrées. Gardons bien en tête que l’objectif des assureurs sera de distribuer un rendement suffisant pour que les épargnants ne délaissent pas l’assurance vie au profit des livrets réglementés (Livret A, Livret de développement durable et solidaire). En l’occurrence, ils ont tous en ligne de mire la prochaine rémunération du livret A qui sera communiquée en tout début d’année 2025, on parle d’une baisse vers les 2,5%, ce qui laisse entrevoir le rendement moyen ciblé par le marché.
©2024 Boursier.com

Le parcours de Quentin Petit-Prestoud
Associé gérant, Kino Gestion Privée
Diplômé du master Gestion de Patrimoine de l’IAE Gustave Eiffel (Université Paris XII) en 2015, Quentin Petit-Prestoud fit ses armes chez SwissLife Banque Privée pendant deux ans avant de basculer du côté des indépendants en 2017. D’abord dans une startup en tant que conseil patrimonial puis dans un cabinet Parisien où il est intervenu auprès d’une clientèle de sportifs de haut niveau. Après cinq années d’expériences, il rejoint Charles Pelissier et Nicolas Demyttenaere au lancement d’Artémis courtage Gestion Privée en début d’année 2020, devenu Kino Gestion Privée.