Dette française : quels risques pour l’épargne?

Si la situation des finances publiques se dégradait encore fortement, quels scénarios vous paraissent possibles : inflation, hausse massive de la fiscalité, prélèvement exceptionnel, blocage temporaire de l’épargne, « mobilisation » de l’épargne des Français, …?

Une captation de l’épargne ou un gel des avoirs sont-ils réellement possibles en France, comme cela a déjà pu se produire dans d’autres pays (Chypre, Grèce, etc.) ? Par exemple à Chypre, les dépôts non garantis au-delà de 100 000 € ont été gelés puis partiellement convertis en actions.

Est-ce pour vous un scénario catastrophe peu probable, ou un risque à prendre en compte ? Quels seraient les premiers signes qui pourraient annoncer une crise majeure ?

Et surtout : comment protéger son épargne face à ces différents scénarios ?

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Je ne vois pas de scénario Grec ou Chypre se produire à court terme car, toutes les émissions OAT, toutes échéances confondues, trouvent preneur avec des souscriptions records. La demande y est. Donc le marché pas du tout inquiet. L’état ne l’est pas non plus. Après, il y a toujours des petits prélèvements par ci par là pour maintenir la confiance du marché (exemple augmentation de la flate taxe l’année dernière). N’oublions pas que beaucoup de monde est conscient du problème, et, à l’approche d’une échéance électorale la plus décisive des dernières décennies, hormis les extrêmes, tout le monde viendra avec son programme pour redresser le déficit public (entre taxation à gauche et réduction des dépenses à droite, aux citoyens de choisir).

Puisque ni les marchés ni l’état ne sont pas du tout inquiets et que quelques prélèvements par-ci par-là suffisent à rassurer les marchés obligataires, quel est alors « le problème » dont beaucoup de monde serait conscient ? Nous sommes actuellement à 4,03% pour les 10 ans et de 4,78% pour les 30 ans. La moyenne annuelle était de -0,17% en 2020 (anomalie!), de 0,03% en 2021, de 1,40% en 2022, de 3,03% en 2023, de 2,91% en 2024, de 3,15% en 2025 avec les baisses de la BCE et de 3,47% pour l’instant en 2026. Certes, c’est mieux que le moyen en 2026 de 4,70% pour le 10 ans USA et de 5,26% pour les 30 ans. Avec le renouvellement de la dette et la hausse qui s’est bien installée depuis plus de 3 ans, les intérêts prennent la forme d’une courbe exponentielle.

La moyenne était de combien à la fin des années 2000 début 2010 ?

Quand je dis tout le monde est conscient, que : il y a un problème de la dette (en vrai le monde actuel n’est pas moins conscient que celui des années 70-80, ça toujours était comme ça, c’est là où les institutionnels se font de la tune et se chargent en obligs, sinon les fonds euros n’existeront plus), qui découle principalement de la dépense non maîtrisé, en première ligne un problème du système des retraites…il n’y a qu’à voir l’Italie où le problème a fini par être pris au sérieux, l’économie prospère malgré une population encore plus vieillissante et la rigueur budgétaire est a nouveau rétablie.

Ca va devenir un sujet de plus en plus récurent… en dehors d’ une hausse des taux , je ne vois pas de crise aiguë . Juste un processus d’ étouffement progressif.
L’ Italie a connu cela. Ca va mieux , ils ne sont pas en déficit primaire mais la charge de la dette les plombent. Donc c’est fragile tout de même avec une population vieillissante.

Tout le monde se complaît dans le « Jusqu’ici tout va bien » et rappelle que les émissions d’OAT sont sursouscrites.

C’est vrai sauf qu’en cas de crise financière, il n’y a pas de signes annonciateurs.

Les OAT sont sursouscrites, non pas car les finances publiques sont gérées de telle façon que d’ici 5 ans nous serons moins endettés, mais car les français ont un matelas d’épargne dans lequel l’Etat pourra se servir :

  • progressivement : cf. la création au 1er janvier 26 de la "CSG Patrimoine " : personne n’a bronché et maintenant il suffit de faire croître ce taux chaque année
  • Brutalement par ponction ou mécanisme que vous mentionnez.

Dans les 2 cas, je ne vois pas de solution individuelle. Hors expatriation et à condition qu’on n’évoque plus l’impôt citoyen = l’impôt que vous payez à votre pays d’origine.

La CSG patrimoine a existé depuis au moins Hollande. Elle était déjà nettement supérieure à celle du travail.

Quant aux taux raisonnables , en effet parcequ’ il y a du patrimoine financier en France mais aussi parcequ’ on est en zone Euro …

Pour être précis, en 2009, donc 1 an après la crise financière mondiale (faillite de Lehman Brothers etc), le taux moyen de 10 ans était de 3,65%.

En 2010, donc en pleine crise des dettes souveraines (Grèce, Italie, Espagne…) et de l’Euro, le taux moyen français de 10 ans était de 3,01%. C’était la panique et la BCE a eu besoin de l’aide de la FMI.

En 2009, la France était dans le camp des pays sauveteurs à l’inverse de la situation actuelle.

Quant à la dette publique française, elle était de 68,1% du PIB en 2008, de 78,1% en 2009 et de 82,3% en 2010. Quelle envolée n’est-ce pas?

Pour le premier semestre 2026 nous sommes maintenant à 117,5% et si tout va bien, nous serons à 118,1% en fin d’année (prévisions).

Puisqu’on évoque les années 70 et 80, En 1975 le ratio était de 15%, et en 1980 il était de 20,1%.

Même si je ne suis pas économiste, en bon père de famille, je comprends que mes finances personnelles n’auraient jamais pu voir de telles chiffres. Je serais déclaré en faillite depuis longtemps et en interdit bancaire, sous tutelle…

Mais l’état français « is too big to fail »…

Quelqu’un le sauvera à notre place si nous ne réveillons pas. Et il nous adressera certainement la note de son intervention.

Tout cela ne répond pas à la question de Leiah:

Ma réponse est que ce sera probablement tout à la fois. La chronologie de leurs mises en place ou leurs proportions dépendront certainement des prochaines élections et de ce que nos partenaires européens nous dicteront.

Un état est immortel, il peut rouler sa dette. Grosse différence avec un particulier…

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:joy:

Il n’y a pas d’état immortel pas plus que de civilisations… L’histoire nous l’a bien enseigné.

Mais c’est un autre sujet. La naissance, la vie et la mort des états se situe dans le temps bien plus long que celui des humains.

Par contre, lorsque l’organisme bien affaiblie d’un état tombe dans le coma, même s’il est récupéré à un moment donné par les réanimateurs, toutes les cellules (nous) de l’organisme souffrent, et certaines avec des séquelles parfois irrécupérables.

La vie de l’état étant bien plus longue que la nôtre, certaines cellules n’auront pas toujours la chance de voir le jour où l’organisme sortira de la réanimation.

L’ immortalité d’ un état, c’est ce que disent les économistes , c’est une notion juridique en fait.

Il y a t’ il un juriste dans la salle ? :slight_smile: