CANDRIAM

Vers une première hausse des taux en décembre ?

13 Nov. 2015
Stratégie multi-actifs

Le dernier compte-rendu du comité de la Fed et les chiffres de l’emploi ont fait remonter la probabilité d’une hausse des taux en décembre. En éliminant la référence au ralentissement mondial, en se montrant plus optimiste sur l’investissement et les dépenses des ménages, et en mentionnant la « prochaine réunion » dans ses différentes déclarations concernant son éventuelle décision de relever les taux, la Fed apparaît maintenant plus confiante pour mettre fin à sa politique de taux nuls, en place depuis 2008. À travers les taux Fed Fund, les marchés financiers évaluent maintenant à 70 % la probabilité d’une hausse des taux en décembre.

Lorsque la banque centrale américaine procédera à cette première hausse des taux, les investisseurs prêteront attention à ses messages concernant la manière dont elle entend gérer ce cycle de hausse. Dans l’environnement économique et financier actuel, nous continuons de penser qu’il s’agira d’une hausse graduelle et prudente.

Les politiques toujours conciliantes de la BCE et de la Banque du Japon pourraient également renforcer la prudence de la Fed dans ses interventions. Une dichotomie profonde entre la politique de la Fed et celle des autres banques centrales semble en effet peu probable. Alors que la Banque populaire de Chine a déjà baissé ses taux, et que le président de la BCE a annoncé lors de la réunion du 22 octobre la forte probabilité d’un nouvel assouplissement de politique d’ici la fin de l’année, nous pensons que la liquidité restera abondante à l’échelon mondial, notamment dans la zone euro et au Japon, soutenant ainsi les actifs à risque.

STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION

Un cadre solide pour les actions de la zone euro

Maintien d’une forte surpondération des actions de la zone euro

Les actions de la zone euro continuent de bénéficier de plusieurs facteurs favorables. Comme évoqué plus haut, la région affiche une meilleure dynamique économique et se montre plus résiliente que les États-Unis. Les conditions de liquidité restent en outre plus favorables dans l’espace de la monnaie unique. En matière de bénéfices, si les résultats ont surpris négativement au troisième trimestre, les investisseurs s’attendent encore à une solide croissance sur l’année complète (supérieure à 10 %, contre une croissance nulle des bénéfices aux États-Unis, d’après Datastream) et les valorisations ne sont pas excessives. Par conséquent, si on les compare à la croissance attendue à long terme, les valorisations sont plus attrayantes dans la zone euro qu’aux États-Unis, et dans un contexte de taux d’intérêt extrêmement faibles, les valorisations relatives restent par ailleurs intéressantes. Nous conservons donc une forte surpondération des actions de la zone euro et une sous-pondération des actions américaines et britanniques. Nous conservons également notre surpondération des petites capitalisations européennes.

Position neutre sur les marchés émergents avec une surpondération tactique de la Chine

Bien que le ralentissement de l’activité manufacturière se soit tassé le mois dernier, les chiffres économiques à paraître seront décisifs pour confirmer que les économies émergentes ont touché un point bas. Compte-tenu des incertitudes économiques actuelles et de la croissance attendue des bénéfices à long terme, les valorisations ne nous semblent pas aussi bon marché qu’elles pourraient paraître et nous préférons rester neutres sur cette classe d’actifs.

Au sein des pays émergents, nous avons toutefois pris une exposition directe aux actions chinoises (MSCI China) mi-octobre. Nous pensons que la crainte d’un « atterrissage brutal » de l’économie chinoise est en train de s’atténuer, les investisseurs semblant maintenant avoir intégré un scénario de croissance inférieure à 7 %. Et comme évoqué plus haut, les mesures politiques annoncées lors de la session plénière du comité central rendent crédible la réalisation d’un objectif de croissance de 6,5 % sur les cinq prochaines années. Nous estimons enfin que les valorisations des entreprises chinoises demeurent attractives.
Toujours positif sur le Japon (avec prudence)

Après l’activisme de la BCE, de la Banque populaire de Chine et de la Fed, la Banque du Japon a décidé de ne pas modifier sa politique monétaire, ce qui a quelque peu surpris les marchés. Le soutien par la liquidité est toutefois toujours présent, la Banque du Japon continuant d’injecter 80 000 milliards de yen par an. Le maintien du yen à son (bas) niveau actuel pendant une période suffisamment longue pourrait aider à faire avancer les réformes structurelles du pays et des entreprises japonaises.

Nous devons également faire preuve de prudence tant que les incertitudes concernant les économies émergentes n’auront pas disparu, le Japon étant l’une des économies les plus exposées à ces pays.

STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Maintien d’une duration courte avec une préférence pour une diversification accrue

Les dernières déclarations des principales banques centrales ont été rassurantes pour notre stratégie obligataire. Alors que la Fed semble prête à relever ses taux pour la première fois en sept ans, nous conservons notre sous-pondération des obligations d’État en raison de leur faible marge d’absorption de toute hausse éventuelle. Nous avons également légèrement réduit notre duration.

Nous préférons donc toujours nous diversifier en dehors des obligations d’État, avec notamment la décision de nous exposer aux obligations américaines investment grade. Avec une couverture du risque de taux, le but est de capturer le spread, qui apparaît intéressant.

Nous restons non couverts sur cette exposition au dollar américain.

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES

Signaux insuffisants pour une position positive

Bien que l’indice des matières premières reste fortement impacté en 2015, les signaux ne sont pas suffisamment solides pour que nous prenions une position positive sur la classe d’actifs.

Pétrole : Les tendances macro-économiques ont soufflé un vent contraire sur les matières premières depuis le début de l’année. La faiblesse de la croissance nominale et la vigueur de l’USD sont deux facteurs qui expliquent la baisse des prix des matières premières, et si la croissance du PIB mondial s’est ralentie depuis 2005-07, les prévisions du consensus continuent d’être révisées à la baisse. La baisse de la production pétrolière des États-Unis constitue un facteur positif, qui pourrait contribuer à un rééquilibrage du marché mondial au cours des prochains trimestres, laissant potentiellement le déséquilibre du marché mondial derrière nous. Toutefois, même si les prix du pétrole réussissaient à trouver un plancher, les incertitudes perdurent, notamment en ce qui concerne la demande.

Rothschild & Co Asset Management Europe signe un accord avec Candriam…

Publié le 6 Juillet 2020

Rothschild & Co AM va transférer ses activités de multigestion alternative à CANDRIAM.

L’encours concerné s’élève à près de 350 millions d’euros.

CANDRIAM renforce ainsi les capacités de gestion de multigestion alternative développées auprès des investisseurs institutionnels depuis plus de 20 ans. La société disposera désormais d’une taille significative lui permettant de séduire de nouveaux investisseurs sur cette classe d’actifs.

« Nous sommes très fiers d’avoir été sélectionnés par Rothschild & Co Asset Management Europe pour la reprise de ses activités de multigestion alternative. Cette opération va permettre à CANDRIAM de renforcer sa proposition de valeur sur cette classe d’actifs et d’entamer une nouvelle phase de développement pour une activité particulièrement intéressante pour les investisseurs dans le contexte actuel », a déclaré Fabrice Cuchet, Deputy CIO de CANDRIAM.

« Nous sommes heureux de ce partenariat avec un acteur de référence de la multigestion alternative. Cet accord permettra à nos clients de continuer à bénéficier d’une expertise et d’un savoir-faire pour accompagner leurs investissements sur cette classe d’actifs dans la durée », conclut Pierre Baudard, Associé-Gérant, Directeur Général de Rothschild & Co Asset Management Europe.

A propos de CANDRIAM

CANDRIAM est un gestionnaire d’actifs multi-expert global, pionnier et leader reconnu de l’investissement responsable. CANDRIAM gère environ 130 milliards € d’actifs et s’appuie sur une équipe de plus de 600 professionnels. La société dispose de centres de gestion à Luxembourg, Bruxelles, Paris et Londres et ses responsables de clientèle couvrent plus de 20 pays sur 4 continents. CANDRIAM propose des solutions d’investissement innovantes et diversifiées dans plusieurs domaines clés : obligations, actions, stratégies à performance absolue et allocation d’actifs.

CANDRIAM fait partie du groupe New York Life. New York Life Investments se classe parmi les principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.

2 économistes nous livrent leur scénario pour les prochains mois…

Publié le 23 Juillet 2020

Anton Brender et Florence Pisani de Candriam AM ont fait le point sur la macroéconomie et les perspectives économiques et financières…

Selon les prévisions du FMI, le niveau d’activité 2020 à l’échelle mondiale sera en dessous de celui de 2019, avant de repasser au-dessus en 2021. Cependant, pour les économies avancées, les prévisions sont plus pessimistes : même en 2021, le niveau d’activité ne devrait pas rattraper celui de 2019.

Chine

La Chine devrait être une des seules économies à avoir une croissance positive en 2020 (+2%). La forte chute du PIB pendant la crise s’est accompagnée d’une forte chute de la consommation et de l’investissement des entreprises. À l’inverse, les taux d’épargne ont fortement augmenté. La production industrielle a ensuite très rapidement rebondi avec la sortie des mesures de confinement. La consommation reprend de manière plus progressive.

États-Unis

La crise y a commencé plus tard. Comme pour la Chine, on a constaté une forte chute de l’activité (T1) dû à une baisse de la consommation et de l’investissement. Là aussi, le taux d’épargne a explosé (+35% en avril). Selon Anton Brender, ceci est la résultante de l’augmentation des transferts reçus par les ménages américains, même si la masse salariale a fortement baissé.

Scénario de Candriam AM

Pour l’économiste, la reprise de l’activité aux USA sera lente pour atteindre -5% du niveau de référence d’ici la fin de l’année et un taux de chômage aux alentours de 10%. Ce scénario semble pessimiste au vu de la reprise de l’emploi (+2,5 millions en mai). Pour Anton Brender, il faut faire attention à ne pas être sur-optimiste. En effet, l’évolution du chômage est de nature particulière : c’est la première fois lors d’une crise que celui-ci est temporaire (80%). L’emploi va donc rapidement repartir, mais « les choses ne sont pas terminées ».
La reprise est due aux mesures de soutien mises en place, en particulier au Paycheck Protection Program ($600 milliards d’aide aux PME) qui donne une très forte incitation à l’emploi. Les secteurs les plus touchés par la crise sont en effet composés en majorité de petites entreprises.
Comparée à la crise de 2008, en moyenne, les entreprises américaines avaient des bilans solides avec beaucoup de cash et nettement moins de prêts bancaires. La part des titres de dette dans les bilans avait augmenté. Or, c’est aujourd’hui sur les marchés obligataires que la présence de la FED est la plus marquée.
Candriam estime au total une perte de 10 points de PIB. Les pertes de salaires ont été globalement compensées par les mesures de soutien. En revanche, les pertes de résultat d’exploitation ne l’ont pas été. Un autre problème concerne la reprise de l’investissement des entreprises américaines qui pourrait être trop lent.

Zone Euro

L’élément principal à retenir est que le choc est asymétrique.

La contraction de l’activité a été globalement forte (-15%), mais plus dans certains pays (Espagne, Italie, France) que dans d’autres (Allemagne). De même, le redémarrage se fait de manière différente entre les pays avec un retard de l’Italie/Espagne où le choc devrait être plus fort.

Scénario de Candriam AM

Pour Florence Pisani, la contraction devrait être de -8% avant de retrouver le niveau d’activité pré-crise en fin d’année 2021. Les mesures prises par les gouvernements ont permis de compenser les pertes de revenus des ménages à hauteur de 75%. En revanche, comme aux États-Unis, ce n’est pas le cas pour les résultats d’exploitation des entreprises. Le risque est donc là aussi d’avoir un niveau d’investissement durablement déprimé.
Du côté de la BCE, tout est mis en place pour calmer les tensions qui arriveraient sur les spread souverains (Programme APT augmenté, Programme PEPP). Les mesures prises par la banque centrale représentent (pour 2020 uniquement) des achats de 7,4 points de PIB. Cela devrait suffire pour couvrir les pays les moins touchés.
D’autres programmes (SURE, MES) devraient permettre de couvrir les émissions nettes dont l’Espagne/Italie auraient eu besoin. Enfin, le plan de la Commission Européenne est ambitieux, mais ne devrait pas voir le jour avant 2021.
En résumé, les mesures prises au sein de la Zone Euro par les gouvernements, la BCE et les institutions européennes sont largement positives. Cependant, des problèmes de soutenabilité de la dette sont possibles (Italie).

Perspectives économiques et financières

Perspectives 2016

Quelles perspectives sur le Crédit High Yield ? Réponses avec ce spécialiste…

Publié le 20 Juillet 2018

Candriam organisait récemment une conférence sur le marché du crédit à Haut Rendement.

Philippe Noyard, responsable de la gestion High Yield & arbitrage crédit, est revenu sur le contexte de marché :

Les fondamentaux sont bons : les taux de défaut sont bas et les résultats d’entreprises sont bons.
Paradoxalement ces bons fondamentaux entrainent la hausse des taux aux Etats-Unis et donc la hausse du dollar. Les actifs US sont donc attractifs. Ainsi en relatif les autres actifs sont plus délaissés. En conséquence, l’obligataire européen et surtout émergent souffrent. L’investisseur américain ne va pas s’embêter à aller chercher ailleurs ce qu’il a chez soi : du rendement.
Il y a moins de liquidités globalement et on constate même des flux sortants sur le segment High Yield. Certaines émissions sont donc plus compliquées que par le passé même avec des améliorations de notation (exemple Netflix).

Quelles perspectives ?

Les taux longs US devraient se stabiliser autour de 3,30% selon les économistes de Candriam. Si dans le même temps, les taux longs se tendent un peu en Europe, il y aura moins de recherche d’actifs en dollar et on pourrait assister à une contraction des spread de crédit européens.
Des phénomènes d’aversion sont toujours possibles. Le gérant surveille plus particulièrement l’Italie et la période des résultats à venir. Certaines entreprises notamment celles exposées aux émergents pourraient surprendre négativement lors des publications du T2.

Comment sont positionnés les portefeuilles crédit gérés par l’équipe de Philippe Noyard dont Candriam Patrimoine Obli Inter ?

Privilégier les dettes européennes et surtout l’Europe du nord.
Privilégier le crédit.
Très peu présent sur la zone dollar (la couverture de change coute trop cher) mais cela pourrait évoluer car il y a des opportunités.
Il privilégie les entreprises disposant de « pricing power », capables de répercuter la hausse des matières premières. Pour cette raison, il reste à l’écart de la distribution et de la consommation finale. Dans le même ordre d’idées mais aussi du fait des perspectives de guerre commerciale, il reste à l’écart des équipementiers automobile.
La liquidité est l’élément essentiel. Le portefeuille doit donc être bien équilibré et ne pas hésiter à capter les excès de marché sur ces problèmes de liquidités.

CONCLUSION : soyons contrariants et prudents !

Ce fonds thématique à +19,42% YTD soutient le 1er centre de lutte contre le cancer en Europe…

Publié le 30 Octobre 2020

Rudi van den Eynde, Head of Thematic Global Equity chez Candriam

Pouvez-vous nous présenter rapidement Candriam Equities L Oncology Impact ?

Rudi van den Eynde : La philosophie de base de cette stratégie est d’investir dans un éventail global d’entreprises qui font la différence pour les patients atteints de cancer. Le fonds investit dans des entreprises de toutes tailles actives dans la lutte contre le cancer.

Pour cela, nous avons une approche fondamentale, « bottom-up », avec des convictions fortes fondées sur une recherche approfondie et une compréhension profonde des données cliniques et des développements de la technologie médicale. Nous gérons le risque du portefeuille via la diversification des entreprises, leur maturité (différents stades de développement des sociétés), le type de cancer et les mécanismes d’action des médicaments expérimentaux.

Quelle est la profondeur de votre univers d’investissement ?

Rudi van den Eynde : Nous pouvons investir dans toutes les sociétés actives dans la lutte contre cette maladie. Cela signifie que nous ne ciblons pas un secteur en particulier, mais toutes les industries potentiellement actives dans le domaine. Aujourd’hui les besoins sont énormes : au niveau du diagnostic avec des tests de dépistage de masse qui doivent être plus faciles et plus agréables à vivre ; sur le profilage des tumeurs pour permettre une meilleure compréhension du cancer de chaque patient, au niveau technologique avec des outils plus précis pour une meilleur radiation et bien sûr au niveau de l’offre de traitements médicaux, plus ciblés, plus efficaces et moins invasifs.

Notre couverture géographique est globale et nous pouvons investir à différents stades de développement des solutions quelles qu’elles soient. Les investissements sont sélectionnés sans biais géographique, mais à l’image de la configuration actuelle du secteur, la majorité des investissements sont des sociétés américaines.

Qu’est-ce qui différencie Candriam dans cette approche ?

Rudi van den Eynde : Outre le fait que cette stratégie est pratiquement sans pareille sur le marché, Candriam peut s’enorgueillir d’avoir plus de 20 ans d’expertise dans le domaine de l’analyse de données cliniques, avec une stratégie en actions biotechnologiques reconnue. Ce succès, nous le devons également aux hommes. Lors de notre sélections de valeurs, nous nous appuyons à la fois sur l’étude fondamentale des experts en biotechnologie qui alimentent nos réflexions, mais également sur le travail des équipes actions marchés émergents, actions technologie ou encore actions thématiques.

Enfin, il est important de noter que pour nous accompagner dans notre travail, nous bénéficions de l’aide d’un comité scientifique consultatif indépendant. Son rôle peut être de nous alimenter en idées d’investissement mais aussi nous éclairer sur une nouvelle technologie ou un protocole en cours de développement. Nous nous confrontons à des experts qui challengent notre vision.

Comment expliquez-vous la performance du fonds ? (+19,42% YTD)

Rudi van den Eynde : Le secteur de la santé a connu de bonnes performances depuis le début de l’année et se situe au-dessus des performances du MSCI World.
La stratégie n’a certes pas échappé à la correction liée au Covid-19 mais le repli s’est révélé moins prononcé que le marché. La pandémie du Coronavirus a clairement accru l’intérêt des investisseurs pour la santé, secteur clé d’une solution (médicaments/vaccins) à cette situation. Les bénéfices du secteur ont également été moins touchés par la pandémie d’où d’excellents résultats affichés aux premier et deuxième trimestres.

Le fonds a par ailleurs profité de la forte activité de fusions-acquisitions : la fin du premier confinement en Europe ayant rendu possible les due diligences sur place, nous avons constaté une hausse du nombre des fusions et acquisitions avec pas moins de 5 sociétés en portefeuille qui ont été achetées depuis le début d’année. La stratégie est positivement exposée à ce phénomène car son analyse de données cliniques des phases de tests permet de détecter les pépites avant les géants du secteur, et avant le marché en général.

Quelles sont les autres éléments auxquels vous êtes particulièrement attentifs ?

Rudi van den Eynde : Outre le reconfinement progressif en Europe, le marché suit également attentivement les élections présidentielles aux Etats-Unis. On note que le débat autour du système de santé est intervenu de temps à autre, même si, dans la configuration actuelle, des changements profonds du système de santé, tels que « Medicare for All », ne sont pas à l’ordre du jour. Au terme du troisième trimestre et d’une nouvelle saison de résultats, nous ne prévoyons aucun sujet majeur pour la stratégie. Certaines entreprises ont déjà annoncé par avance des résultats solides, et, selon nous, les interventions chirurgicales électives en cabinet/hôpital continueront à se faire, tout en restant en-dessous des niveaux normaux.

Tous les moteurs de performance restant intacts, nous continuons d’être optimistes sur les perspectives à long terme du secteur de la santé et notamment sur le segment de l’oncologie. Ceci dit, dans un contexte où la pandémie est toujours en train d’affecter l’économie et à l’approche des élections présidentielles à venir, une volatilité accrue est probable.

La raison selon vous pour laquelle, il convient d’investir dans ce fonds ?

Rudi van den Eynde : Deux raisons principales incitent à investir dans le fonds.

Tout d’abord, la lutte contre le cancer est une problématique sociétale, qui impacte de très nombreux secteurs, dans le monde entier. L’accès aux soins de santé est en progrès constant, faisant de ce thème une mégatendance, à l’échelle de la planète. En investissant dans le fonds, vous soutenez un large éventail d’entreprises innovantes qui changent la donne dans la lutte contre le cancer.

Ensuite, cette maladie nous concerne tous ; en investissant dans ce fonds, vous participez activement à la recherche contre le cancer et financez des associations leaders dans la lutte contre le cancer. Candriam reverse jusqu’à 10% des frais de gestion perçus par le fonds aux principaux instituts dédiés à la recherche en oncologie. Ainsi, en France, via le fonds, vous participez au financement de l’hôpital Gustave Roussy, qui a été reconnu comme le 5ème meilleur hôpital spécialisé en cancérologie au monde et le 1er hors Etats-Unis d’après le classement World’s Best Hospitals 2021 du magazine américain Newsweek paru récemment !

Dettes de marchés émergents

Nous nous attendons pour 2016 à une nouvelle année difficile pour les actifs obligataires des pays émergents. Cependant, la classe d’actifs est susceptible d’engranger des performances solides dans la seconde moitié de l’année puisque les facteurs à risque pour la classe d’actifs -comme la poursuite de la baisse des prix du pétrole ou la dépréciation des devises émergentes – devraient s’atténuer.
Le contexte actuel est difficile, mais nous pensons que la baisse actuelle est exagérée

Depuis le début de l’année, l’amplitude de la correction des actifs risqués a été particulièrement inattendue : à l’échelle mondiale, actions et obligations risquées ont significativement corrigé tandis que les actifs dits « refuges » se sont nettement appréciés. Le cours du Brent a baissé de 6,6% en janvier, après une chute de 68% entre le pic de juin 2014 à 115 $ le baril et décembre 2015. Le S&P 500 et l’Euro Stoxx ont diminué de 5% et 6,8%, respectivement, basculant ainsi dans une configuration baissière sur craintes croissantes de récession aux Etats-Unis. Dans le même temps, le taux à 10 ans des bons du Trésor américain a chuté de 2,27% à 1,92%, alors que les marchés ont commencé à intégrer dans les cours qu’aucune hausse du taux directeur de la Fed n’interviendrait au cours de 2016.

Cette volatilité a été entraînée par la même combinaison de facteurs de risque qui a pesé sur la dette émergente et les actifs risqués depuis 2015 :

normalisation de la politique monétaire américaine et appréciation du dollar,
ralentissement en Chine et craintes d’erreurs de politiques monétaires sur la libéralisation du régime de change chinois,
la surabondance de l'offre dans des marchés miniers et énergétiques en baisse.

Nous observons depuis le début de l’année une début de stabilisation d’au moins deux de ces facteurs de risques. Les ventes massives d’actifs risqués en janvier/février et les données macroéconomiques mitigées aux Etats-Unis rendent peu probable une hausse des taux de la Fed en mars et accroissent la probabilité d’un cycle de hausse encore plus lent et graduel, ce qui a entraîné une baisse du dollar. De plus, les dirigeants de la Banque Centrale chinoise sont parvenus à stabiliser temporairement le RMB avec une diminution un peu moins importante que prévue de leurs réserves de change.

Nous pensons que le mouvement des corrections est désormais exagéré et prévoyons une stabilisation à court terme. Les données macroéconomiques actuelles ne confirment pas la thèse d’une récession américaine et mondiale, les niveaux techniques n’ont pas été cassés sur plusieurs grands marchés et les obligations des marchés émergents ont gagné en attractivité. Un retour durable de l’appétit pour le risque des marchés émergents reste toutefois peu probable en l’absence d’une reprise claire des fondamentaux macroéconomiques.
Des vents contraires toujours présents à court terme

Les fondamentaux des marchés émergents continuent de souffrir du ralentissement chinois, de la contraction du commerce mondial et de l’exposition de la classe d’actifs aux matières premières. La détérioration du bilan des entreprises et des États qui en résulte exige une réponse vigoureuse de la part des dirigeants des pays émergents, ce que nous n’avons observé que dans quelques cas. Un certain nombre de petits pays exportateurs de matières premières, aux économies généralement ouvertes, sont particulièrement affectés et ont fait appel au FMI en tant que prêteur en dernier ressort, et d’autres suivront vraisemblablement. Certains de ces pays ont réalisé des ajustements durables et positifs, tandis que d’autres n’ont pas mis en œuvre les réformes nécessaires. Nous ne prévoyons pas à l’heure actuelle de défaut de paiement sur la dette souveraine en 2016, à l’exception peut–être du Venezuela par le biais de sa société pétrolière nationale PDVSA, dont les cours actuels sont déjà inférieurs à la valeur de recouvrement supposée.
Des valorisations attractives

À 493 points de base (pb), le différentiel de taux (spread) entre la dette des pays émergents en devise forte et les Bons du Trésor américain est supérieur à son niveau le plus élevé d’après la crise financière mondiale (468 pb en octobre 2011), tandis que le rendement à maturité de cette même dette (6,64 %) se situe actuellement au-dessus des niveaux ayant historiquement attiré des capitaux (au-dessus de 6 %). Le profil de la dette libellée en monnaie locale est similaire. Les devises des marchés émergents ont subi d’importantes corrections (la composante devises du GBI-EM Global Diversified affiche une baisse cumulée de plus de 50 % depuis 2010). Très peu de devises de ces pays peuvent dès lors être jugées chères à l’heure actuelle. Le portage est également attrayant, les taux locaux se situant aux alentours de 7 % avec une inflation qui semble enfin contenue et une attitude qui reste conciliante chez la plupart des banques centrales.

emerging markets

Les facteurs techniques sont mitigés. L’offre nette de dette souveraine en devise forte (offre brute moins coupons et remboursements) est négative, ce qui constitue un facteur favorable. Les investisseurs ont un positionnement défensif et les niveaux de liquidités sont généralement élevés. Les flux sortants de capitaux du 2ème semestre 2015 n’ont toutefois pas encore cessé. Cela s’est même accéléré depuis le début de l’année. Les flux sortants de la dette externe représentent deux tiers des remboursements de la période (pour un total de 4,9 milliards de dollars de sorties de capitaux sur la dette des marchés émergents depuis le début de l’année), et sont désormais supérieurs à celles enregistrées sur la dette en monnaie locale. L’ampleur et le rythme de ces sorties de capitaux devraient toutefois diminuer avec des valorisations devenues plus attrayantes. Nous prévoyons des flux légèrement positifs ou nuls pour les obligations des marchés émergents en 2016, en ligne avec les rendements prévus de 3 à 4 % sur l’année tant pour la dette en devise forte que pour celle en monnaie locale.
emerging market
Conclusion

Si les perspectives des marchés émergents restent incertaines, les vents contraires devraient toutefois s’atténuer nous rendant plus optimistes pour le second semestre de 2016. Sur la dette en devise forte, la qualité crédit des pays devrait jouer un rôle croissant et favorable à notre approche d’investissement axée sur la valeur relative. Nos principales surpondérations concernent l’Argentine (reprise idiosyncratique liée à la transition politique) et les pays importateurs de matières premières d’Europe centrale, qui offrent un potentiel intéressant de hausse en raison d’une amélioration prochaine des notations crédit des Agences (Hongrie) ou de réformes structurelles (Croatie). Nous avons une exposition neutre aux pays exportateurs de pétrole en favorisant ceux qui offrent des rendements ajustés au risque attractifs sur un horizon de 12 mois. Sur la dette en devise locale, nous avons procédé au rachat tactique de taux locaux et de devises, estimant que la correction des marchés mondiaux et l’appréciation du dollar américain ont été excessives. Nous nous attendons à ce que les taux des marchés émergents surperforment à nouveau les devises émergentes en 2016. Les perspectives de taux sont particulièrement favorables, compte-tenu de la conjonction d’une croissance modérée, d’une inflation contenue et sur une pente descendante dans un certain nombre de grands pays émergents à taux élevés et de politiques monétaires conciliantes. Nous nous réservons la possibilité d’accroître notre exposition aux dettes locales lorsque nous observerons une amélioration plus décisive des risques sur ces marchés.

Connaissez-vous cette société totalisant 115 milliards d’euros, dont 30 sur l’ISR ?
Publié le 9 Avril 2018

Bien connue des institutionnels français, auprès desquels elle est implantée depuis plus de 20 ans, Candriam a récemment recruté Joséphine Loréal (après 12 ans passés au sein d’Edmond de Rothschild) pour piloter ses nouvelles ambitions sur la distribution. La société aux racines belgo-françaises est filiale d’une des (très) rares sociétés de services financiers notée AAA : le groupe mutualiste américain New York Life. Elle a connu une croissance de ses encours de 70% depuis 2014. Un secret bien gardé jusqu’ici. Et de nombreux prétextes, s’il en fallait, pour rencontrer Joséphine.

Joséphine Loréal, nouvelle Directrice Distribution France du groupe Candriam

H24 : Pouvez-vous nous présenter la société ?

Joséphine Loréal : La marque Candriam est la contraction de « Conviction AND Responsibility in Asset Management », ce qui dit déjà beaucoup : nous aidons nos partenaires à atteindre leurs objectifs financiers et à devenir des investisseurs plus responsables – une dimension dont ils ont tous compris qu’elle était essentielle, non seulement pour la gestion de leurs capitaux, mais également pour leur avenir.

Cette dimension a beaucoup compté dans mon choix de rejoindre Candriam.

H24 : L’ISR est donc un atout de l’offre ?

Joséphine Loréal : Oui, c’est même le cœur du réacteur !

Candriam a compris, il y a plus de 20 ans, que la dimension extra-financière des investissements générait de la valeur dans la durée pour l’investisseur. Aujourd’hui, près de 30% des actifs de Candriam (30 milliards d’euros) sont investis en fonds et mandats ISR.

Nous n’avons jamais cessé d’innover – dernièrement encore, nous avons lancé le tout premier fonds ISR High Yield, qui a reçu depuis le label d’Etat. Nous avons une richesse, une profondeur et une technicité assez uniques sur le marché, avec l’une des équipes les plus importantes d’Europe, intégrée au cœur de la gestion.

De fait, notre gamme ISR est transversale sur toutes les classes d’actifs sur lesquelles nous sommes présents.

H24 : Quelles sont les autres points forts de la gamme ?

Joséphine Loréal : Tout d’abord la diversification, puisque Candriam est présente sur de nombreuses classes d’actifs. La volatilité actuelle crée de nombreuses incertitudes et nous pensons que notre gestion de performance absolue – long/short crédit et actions, global macro… – offre une réponse adaptée pour décorréler les portefeuilles.

Nos gestions de performance absolue et High Yield sont gérées à Paris et « pèsent » près de 10 milliards d’euros, avec un fonctionnement de vraies boutiques, même si nous sommes dans un modèle intégré.

Enfin, il me semble que la proposition de valeur de Candriam sur les émergents est remarquable, tant sur les actions – ISR ou non – que sur l’obligataire.

H24 : Comment comptez-vous renforcer les liens avec la distribution ?

Joséphine Loréal : Nous allons bien entendu d’abord continuer le travail d’accessibilité de l’offre via le référencement des fonds. Nous allons ensuite déployer beaucoup d’énergie à aller à la rencontre des partenaires pour expliquer nos spécificités et nos savoir-faire.

Candriam va également mettre à leur disposition des outils à valeur ajoutée. Un exemple : nous avons développé depuis deux ans un outil de formation en ligne sur l’ISR, la « Candriam Academy », qui a connu un succès remarquable sur la clientèle des promotori en Italie. Cet outil sera bientôt disponible dans sa version française et nous le ferons savoir.

Candriam a réussi à développer des relations de long-terme avec ses partenaires partout où elle a cherché à le faire ; la franchise a tout pour séduire les CGP et nous allons nous y employer. Près des yeux, près du cœur !