Obligations zone euro

Bonjour,

Est-il possible d’extrapoler cet argumentaire pour les obligations d’entreprises, et non d’états, en investissement progressif dans le cadre d’une AV ou pas?
Elles seraient tout de même perdantes également à moyen terme (2-3 ans) contre le fonds euro qui est d’ailleurs perdant lui-même face au Livret A?

Ma question concernait plutôt le timing d’entrée dans les obligations ainsi que le niveau de rendement par rapport aux obligations d’états. La composition d’un portefeuille en est une autre.
Mise à part cette question de comment « doit » être un portefeuille idéal, les obligations d’entreprises de courte terme, à condition d’y investir progressivement pendant la durée de la remontée des taux, ne risquent-elles pas de rapporter à terme un peu plus que les fonds euro et le Livret A au prix d’une prise de risque effectivement accrue (mais pas autant que les actions)?
Le moment d’entrée opportun (toujours progressivement sur 1-2 ans), d’abord dans les obligations de courte terme et ensuite dans une stratégie long/short, est-il identique pour les obligations d’états et celles des entreprises? Ce sont 2 marchés bien différents. Il n’y aura pas un moment où les obligations d’entreprises redeviendront plus intéressantes que celles des états.
Autant je ne vois pas non plus aucun intérêt dans les obligations d’états par rapport au fond euro, autant pour celles des entreprises les risques, les rendements et les timings sont différents je pense.

Quant à la question de la construction du portefeuille en AV, certains d’entre-nous ont confié la mission de stabilité aux supports immobilier et souhaitent peut-être rester encore un certain moment à l’écart des actions. Certains types d’obligations peuvent alors paraitre comme une sorte de prise de risque raisonnable par rapport au fond euro.

AVIS D’EXPERT
MARCHÉ : AVEC LA HAUSSE DES TAUX, LE MARCHÉ OBLIGATAIRE RETROUVE SES LETTRES DE NOBLESSE
Aujourd’hui à 07:00
Le marché obligataire redevient tendance
(BFM Bourse) - Après des années de disette, l’heure est à la revanche pour les gérants obligataires qui, avec la hausse des taux, attirent de nouveaux investisseurs.

Après une décennie de taux bas puis une violente correction en 2022, les gérants obligataires retrouvent le sourire et attirent de nouveaux des investissements dans leurs fonds. « En ce moment, tous les voyants sont au vert pour les investisseurs en cash et en obligation », résume Vincent Juvyns, membre de l’équipe stratégie de JP Morgan.

Pour les gérants obligataires, prêter pendant deux ans à l’État américain, un placement sûr, rapporte chaque année 5%, une performance similaire à l’indice Dow Jones de Wall Street depuis le 1er janvier.

Sur les marchés, l’investissement dans les dettes des États ou des entreprises ou dans les actions des entreprises sont deux stratégies différentes: la première apporte davantage de garanties, mais elle est censée être sur le long terme moins rémunératrice.

L’écart s’était même amplifié au cours des dix dernières années, où sous l’impulsion des politiques des banques centrales, les taux d’intérêt s’étaient rapprochés de zéro, voire étaient devenus négatifs pour certains États en Europe.

Les taux ultra bas pénalisaient aussi l’autre manière des gérants obligataires de gagner de l’argent: sur le marché secondaire des titres de dette, le prix de l’obligation évolue en sens inverse de son taux d’intérêt. Avec des taux très bas, le prix d’une obligation était donc très élevé et la possibilité de plus-value faible.

Les obligations retrouvent une place de choix
En 2022, la brutale remontée des taux s’est ainsi traduite par des pertes historiques de la valeur des obligations. Mais depuis que cette purge a été faite, les fonds obligataires ont retrouvé une place de choix: en septembre en Europe, les investissements dans ces placements ont dépassé les retraits pour le onzième mois d’affilée, a rapporté le fournisseur de données financières Morningstar.

« On ressent une vraie appétence, des entreprises aux particuliers, même si le marché leur est plus difficilement accessible », note Aurélien Buffault, directeur de la gestion obligataire de Delubac AM.

Il mentionne de nouveaux produits et fonds qui se développent, par exemple des fonds à échéances qui permettent de bloquer l’argent sur un emprunt jusqu’à son remboursement, ce qui offre de la visibilité, ou des paniers d’obligations (ETF), qui requièrent un investissement moins important. Mais les clients sont aussi déjà en alerte sur la possibilité que les banques centrales assouplissent leur politique dès les premiers mois de 2024, observe-t-il.

La dynamique est inverse sur les actions avec des retraits dans les fonds multi-actifs et les fonds actions, illustrant depuis plusieurs trimestres le retour en grâce de ces produits obligataires, a rapporté le gérant d’actifs européens Amundi lors de ses résultats du troisième trimestre.

Et le climat « d’aversion au risque » sur les marchés, favorable aux placements plus sûrs, « devrait se prolonger d’ici la fin de l’année », a estimé la directrice générale d’Amundi Valérie Baudson.

« Les taux de défaut vont monter début 2024 »
Sur les entreprises, les gérants peuvent choisir de prêter à des groupes bien portants avec des taux d’intérêt plus faibles ou regarder du côté du marché à haut rendement (dit « high yield »).

Le taux d’intérêt sur l’ensemble de ces entreprises plus à risque « est environ à 8%. Il y a deux ans c’était 2,5%. Cela devient intéressant », illustre Alexis Renault, directeur de la stratégie High Yield au sein de la banque d’investissement Oddo BHF. Pour les entreprises plus saines, le taux est passé de « 0 à 4% », observe-t-il.

Mais face à la dégradation économique, « les taux de défaut vont monter début 2024 » tant aux États-Unis qu’en Europe, prévient Alain Krief, responsable de la gestion obligataire d’Edmond de Rothschild.

Combiné au ralentissement de l’activité, la remontée des taux d’intérêt risque d’asphyxier certaines entreprises, notamment dans des secteurs comme « l’immobilier, le retail (la distribution NDLR), la construction », décrit Alain Krief. Il a constitué « une liste » de ces entreprises à risque. Ces situations pourraient entraîner une restructuration des dettes douloureuse pour les créanciers.

(Avec AFP)

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