Ce matin en remuant mon café, une question quasi-métaphysique occupa mon esprit :
Dans la mesure où, on le répète assez, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, quel peut être donc le sens d’une analyse technique qui, par essence, repose sur les performances passées ?
Dans la mesure où l’analyse technique qui se base sur l’extrapolation du comportement passé des marchés, où l’humain ne peut avoir que des repères basés sur son expérience du passé, où la géopolitique n’a plus d’effet sur les marchés, où la décorrélation entre l’économie réelle et les finances est devenue la règle, où les arbres peuvent monter jusqu’au ciel, où les tours peuvent s’effondrer en quelques millisecondes, où les dirigeants sont devenus complètement imprévisibles, où les règles de l’ancien monde ne sont plus valables et la règle actuelle est devenue à géométrie variable, où la surendettement des états au point de la faillite ne fait plus peur à personne, où certains individus et entreprises sont devenus plus puissants que la majorité des états et dictent leurs dictats, où tous les repères sont devenus complètement obsolètes pour le commun des mortels, je me demande ce qui différencie les marchés d’une salle de casino où tous les jeux et machines sont truqués et où le seul gagnant est encore et toujours le patron, qui a tout de même encore besoin de clients chez qui il fait vivre l’espoir de gagner un jour et surtout l’envie de revenir jouer tous les jours…
Cette tendance à être détaché du monde réel n’ est pas nouvelle mais semble s’ accentuer depuis quelque temps. Après on parle du marché action, pas du marché obligataire.
À la question quasi-métaphysique, réponse quasi-métaphysique…
Pourtant, je pense avoir répondu à la question.
Plus les marchés se coupent des réalités du quotidien des humains, plus les robots opèrent selon des algorithmes qui se basent entre autres sur l’analyse technique. Et plus les robots, et certains humains, se basent sur l’analyse technique, plus cette dernière devient auto-réalisatrice.
Y’a de quoi à être désabusé et déboussolé en la matière je trouve…
L’analyse technique classique que je connais ne concerne évidemment pas les marchés obligatoires je crois.
D’ailleurs, ces derniers gardent encore les pieds sur terre je trouve. Les taux longs commencent à battre des records et les courts restent plutôt sages. Traduction, l’inflation est là pour un certain temps et les banques centrales ne feront pas grand-chose dans l’immédiat ce qui rassure les marchés actions et déprime l’obligataire.
Si ce n’est pas le pétrole qui est à l’origine de l’inflation, qui fait monter alors les prix? La course au semi-conducteurs?
Les robots opèrent selon des algorithmes qui se basent entre autre sur l’analyse technique parce que certains êtres humains croient en l’analyse technique. Les robots servent juste à opérer plus rapidement et de manière automatique. Mais cette technique va à l’encontre de l’adage (peut-être réservé aux sages) selon lequel les performances passées ne préjugent pas … etc …
À la base, l’analyse technique se reposait sur le comportement humain qui trouvait qu’à partir d’un certain niveau de prix, l’affaire devenait trop cher ou une opportunité d’achat en se basant sur certains critères propres à l’entreprise, ce qui permettait d’anticiper un mouvement de l’action dans un sens ou dans l’autre. Avec cependant une part d’inconnu liée aux événements imprévisibles extérieur à l’entreprise comme le Covid, les guerres etc et liée aussi au comportement humain qui peut ne pas être rationneL ou encore être en lien avec des information que le grand public n’a pas forcément connaissance.
Tout cela est à la fois de moins en moins vraie mais aussi de plus en plus auto-réalisatrice du fait des robots et de l’importance que la gestion passive a atteint à ce jour.
Il faut être pragmatique, pas chercher à avoir raison contre le marché . Donc soit accepte cela et on reste investi, , soit on renonce aux actions ou on est peu investi si on ne le sent pas . Je suis plutôt dans la première catégorie mais pas très investi à date ( moins de 16 % de mes investissements en actions ) notamment dû au fait que la retraite se rapproche maintenant …
Je ne crois pas que l’analyse technique réponde à la question : le marché va t il monter ou baisser.
J’ai l’impression qu’il donne juste une indication, quand on est motivé à acheter, du cours en dessous duquel il pourrait éventuellement être intéressant d’acheter, et quand on pense que le marché va baisser, du cours au dessus duquel vous pouvez peut-être passer à l’achat.
A une époque, j’avais remarqué que le CAC 40 était prisonnier d’une fourchette 5000- 5500.
J’achetais toujours près de 5000, je vendais toujours près de 5500. J’étais content de gagner de l’argent dans un marché indécis. Jusqu’au jour où l’indice a crevé le plafond et où je suis resté non investi. Ma tactique de petits gains m’a empêché de participer à la fête.
Au final, un DCA bête et méchant est sûrement le plus pertinent.
Oui enfin, on peut donner la définition que l’on veut à l’analyse technique, le but est quand même de donner un signal pour acheter ou vendre.
Et cela en contradiction avec l’adage concernant les performances passées.
Après, il faut quand même différencier un titre sec qui dépend surtout des performances de la société et de celles de la concurrence, alors que pour un ETF les aspects géopolitiques interviennent plus.
Pour ma part, m’étant orienté (désormais) que vers les ETF, mes analyses portent sur les différences de cours (dans le passé, évidemment) au vu des éléments géopolitiques marquants.
Certains ont plus marqué le coup que d’autres, en fonction du secteur (économique et géographique) de leur support et en fonction de la portée géopolitique de l’événement.